Avec la rentrée de ma plus vieille en maternelle, la semaine dernière, je me suis dit que le temps était venu de l’inscrire aux fameux cours de ballet qu’elle me réclame depuis qu’elle a vu le film Ballerina, il y a un an.

Ballet, patin, gymnastique...

CHRONIQUE/ Il paraît qu’en 20 ans, le temps libre des jeunes a diminué en moyenne de 12 h par semaine, ce qui est considérable à cette étape de la vie. Je me félicitais de n’avoir inscrit mes filles à aucun cours durant leurs cinq premières années de vie. L’enfance, c’est fait pour jouer, que je me disais. Elles en avaient déjà bien assez de découvrir le monde et d’en apprendre les rudiments — manger, marcher, grimper, faire dans la toilette, dormir beaucoup, parler, partager leurs jouets, etc.

Avec l’entrée en maternelle de ma plus vieille, la semaine dernière, je me suis toutefois dit que le temps était venu de l’inscrire au fameux cours de ballet qu’elle me réclame depuis qu’elle a vu le film Ballerina, il y a un an. 

« Je veux aussi faire du patin artistique et de la gymnastique », m’a-t-elle rappelé. Elle s’est mis ça en tête après avoir regardé les Jeux olympiques, l’hiver dernier, et l’autre activité, c’est pour faire comme son amie Dahlia.

Je l’avoue, devant tant d’enthousiasme, j’ai considéré le fait d’avoir à débourser quelques centaines de dollars pour tout ça. Puis, je me suis dit : « C’est pas un peu trop ? »

Comme le hasard fait parfois bien les choses, j’ai vu passer cette journée-là sur les réseaux sociaux (je m’excuse, j’en ai oublié la source et la provenance) un court texte qui, en gros, stipulait qu’avant l’âge de six ans, une seule activité parascolaire était recommandée. Maximum.

Plusieurs études rapportent les bienfaits de pratiquer une telle activité. Elles améliorent le rendement académique, diminuent le risque de décrochage scolaire et l’attrait de mauvais comportements, en plus de développer la confiance en soi et de favoriser la socialisation. Bref, elles fournissent un cadre sain pour que le jeune puisse s’épanouir.

Enfants surchargés

Mais trop, c’est comme pas assez. La surcharge vient annuler tous ces avantages. « Les élèves commencent à perdre les bienfaits associés aux activités parascolaires lorsque la participation atteint 20 heures par semaine », affirmait Anne-Sophie Denault, professeur agrégé de psychoéducation à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval dans un article publié dans La Presse.

J’ai sourcillé devant le « 20 heures ». Parce que ça me semblait vraiment beaucoup avant de crier au burn-out. Vingt heures, c’est l’équivalent de quatre heures par jour, du lundi au vendredi. En plus de l’école. Des devoirs. De tout le reste. Je me trouvais presque paresseuse d’avoir envisagé SEULEMENT trois activités. Et pourtant...

En fouillant davantage sur le sujet, je suis aussi tombée sur un rapport du MELS rédigé par Isabelle Gingras, chercheuse à l’Université McGill. Cette dernière suggérait de ne pas mesurer objectivement la surcharge d’activités d’un enfant — ou d’un adolescent —, mais bien de le faire de manière subjective.

Chez les adolescents, surtout. « Le sentiment de surcharge, hautement variable d’un adolescent à l’autre, ne dépend ni du temps consacré à une activité parascolaire ni du nombre d’activités auxquelles il participe », rapportait le quotidien. « Certains adolescents en demandent toujours plus, alors que d’autres préfèrent prendre leur temps et ne pas ressentir qu’ils sont toujours à la course », écrivait Mme Gingras dans son rapport.

Le but premier : s’amuser

J’irais même jusqu’à étendre son affirmation aux parents. Car veux, veux pas, on fait partie de l’équation. On court comme des poules pas de tête toute la semaine et, souvent, le week-end aussi. Peut-être que ça ne nous tente pas nécessairement de nous présenter à l’aréna à 6 h du matin le samedi matin et de passer le reste de la journée à faire la navette entre la piscine, le cours de piano et le club d’échecs. Surtout si notre jeune ne tripe pas tant que ça.

D’ailleurs, il est recommandé d’y aller selon les intérêts des enfants dans le choix de cours pour que l’harmonie règne. Le but premier d’une activité parascolaire, on tend souvent à l’oublier, est de s’amuser et de s’épanouir. Pas de provoquer du stress ou de l’anxiété. Pas d’entrer en compétition.

Et il n’y a pas de mal à prendre un break une fois de temps en temps, rappelle Anne-Sophie Denault. « Au début de l’adolescence, les jeunes sont en recherche d’identité. Une pause peut être une occasion de prendre du recul, un temps de réflexion. Un enfant sportif peut avoir envie d’explorer le théâtre. Ça fait partie du processus normal de l’adolescence d’explorer l’identité », disait-elle notamment à La Presse.

Tout ça pour dire qu’on s’est finalement limité au ballet. Parce que c’était son activité préférée.

Ce qui m’a finalement convaincue de lever la pédale ? Sa fatigue (et son caractère de m*** qui vient avec !) après seulement trois jours d’école. Une activité extra, ç’allait être amplement suffisant pour l’instant.