En famille

Parlons de sexualité

Comme bien des parents, j’ai reçu cette semaine un courriel de la part de la commission scolaire m’informant du contenu du nouveau cours d’éducation à la sexualité, obligatoire dès cette année pour tous les élèves, du préscolaire à la 5e année du secondaire.

Le message m’a immédiatement ramenée vingt ans en arrière, dans la classe surchauffée du vieux collège où je faisais mon secondaire, en train d’essayer de trouver un sens au cours de FPS (formation personnelle et sociale) que le prof de religion (!) tentait, tant bien que mal, de nous enseigner. Il suffit de l’imaginer rouge comme une tomate, en train d’enfiler un condom à une banane un peu trop mûre devant des adolescents mi-amusés, mi-mal à l’aise pour avoir une bonne idée du souvenir que je garde de cette « éducation à la sexualité ».

Je n’ai donc pas été surprise de voir ce cours être aboli au début des années 2000. Je le suis toutefois de le voir réapparaître dans le cursus scolaire près de vingt ans plus tard. D’autant plus qu’on semble vouloir répéter la même erreur.

Comprenez-moi bien : l’erreur dont je parle n’est pas d’incorporer une éducation à la sexualité à l’école. C’est plutôt la façon dont on le fait. Opinion partagée par la sexologue Josée Ménard.

Pas prise au sérieux

Il est primordial d’accorder une place à l’éducation à la sexualité, me confirme-t-elle, d’entrée de jeu.

Oui, concède-t-elle, c’est aux parents que revient la principale tâche de cette éducation. Il est de leur devoir de se questionner et de définir ce qu’ils veulent transmettre à leurs enfants comme valeurs d’amour, de fidélité, de confiance, etc.

L’éducation à la sexualité dans un contexte scolaire sert davantage à enseigner du « contenu social », explique-t-elle. « Ce que nous, en tant que société, on a défini comme des comportements acceptables ou non. Notre position de société sur l’homosexualité, entre autres, l’avortement, la contraception, les agressions sexuelles, la violence conjugale... »

« Même si un parent est homophobe, par exemple, l’école est là pour enseigner au jeune que socialement parlant, c’est correct d’être gai. »

C’est là que Josée Ménard démontre une certaine réserve par rapport à la nouvelle proposition du ministère de l’Éducation. « Ça prend trois ans d’études universitaires pour avoir le titre de sexologue. Là, encore une fois, on demande à des enseignants déjà débordés par leurs tâches régulières d’ajouter des notions de sexualité à leur programme. Et on leur donne seulement quelques heures de formation sur le sujet pour le faire. Le dossier risque fort d’être malmené », craint-elle.

« Le grand risque, c’est que ces gens-là ne soient pas assez formés pour parler de la sexualité en général, et non de leur sexualité. De leurs propres valeurs à ce niveau », ajoute-t-elle.

Cette tendance à confier « à n’importe qui » l’éducation à la sexualité « démontre clairement qu’on ne prend pas le sujet au sérieux », est-elle d’avis. « Et pourtant, l’éducation à la sexualité, c’est sérieux. Ça sert à prévenir des comportements inacceptables. Ça va plus loin que les aspects biologiques. Ça touche l’humain, le social, l’affectif, le relationnel, le psychologique... »

Le Haut conseil à l’égalité des hommes et des femmes (instance consultative indépendante créée en 2013 en France), en 2016, allait même jusqu’à statuer que « seule une éducation à la sexualité de qualité permettrait d’espérer atteindre une égalité femme-homme. Et d’essayer d’endiguer les violences sexistes et sexuelles. »

Qu’attend-on pour faire entrer des sexologues dans les écoles pour donner cette éducation de qualité ? se demande Mme Ménard. « Est-ce qu’on donne de la crédibilité à un cours de finances dispensé par un professeur de français ? »

D’abord le rôle des parents 

Malgré tout, Josée Ménard est d’avis que le retour de l’éducation à la sexualité dans les écoles est « une méchante belle victoire ».

« Dans les dix, vingt dernières années, on a vu beaucoup de régression en matière de comportements sexuels inadéquats. Avant, la plupart des jeunes filles de quinze ans me disaient, par exemple, qu’elles ne pouvaient pas tomber enceintes parce que le sperme coulait de leur vagin. Qu’il ne restait pas à l’intérieur. Alors que maintenant, elles me demandent plutôt si elles sont obligées de se faire enculer. On remarque beaucoup plus de comportements sexuels pornographiques. »

Elle concède que la démocratisation de l’Internet et l’abondance de nouvelles technologies rendant le contenu explicite facilement accessible puissent avoir joué un rôle. « Mais quand ça va mal, qu’on a des doutes, des questions, des problèmes, vers qui se tourne-t-on en général ? Nos parents. S’ils ne sont pas là, les jeunes vont aller prendre leurs informations ailleurs. Mais s’ils sont présents, à l’écoute, impliqués, ça restera toujours, même à l’adolescence, des personnes d’importance sur qui on peut se fier. »

Le hic, reconnaît-elle, c’est que les jeunes font bien souvent face à des parents qui ne savent pas trop eux-mêmes où ils se positionnent, quelles sont leurs valeurs, ce qu’ils veulent transmettre à leur progéniture et comment. Des parents pour qui le sujet est tabou, angoissant, gênant... Si tel est le cas, la sexologue conseille de ne pas hésiter à consulter afin d’être mieux outillés pour répondre aux besoins de ses enfants.

« Ce n’est pas normal de penser que les jeunes vont découvrir par eux-mêmes. Que l’école, Internet, la société vont leur apprendre tout ça. L’éducation à la sexualité, c’est d’abord et avant tout une tâche parentale. Comme toutes les autres. »

Actualités

Ballet, patin, gymnastique...

CHRONIQUE/ Il paraît qu’en 20 ans, le temps libre des jeunes a diminué en moyenne de 12 h par semaine, ce qui est considérable à cette étape de la vie. Je me félicitais de n’avoir inscrit mes filles à aucun cours durant leurs cinq premières années de vie. L’enfance, c’est fait pour jouer, que je me disais. Elles en avaient déjà bien assez de découvrir le monde et d’en apprendre les rudiments — manger, marcher, grimper, faire dans la toilette, dormir beaucoup, parler, partager leurs jouets, etc.

Avec l’entrée en maternelle de ma plus vieille, la semaine dernière, je me suis toutefois dit que le temps était venu de l’inscrire au fameux cours de ballet qu’elle me réclame depuis qu’elle a vu le film Ballerina, il y a un an. 

« Je veux aussi faire du patin artistique et de la gymnastique », m’a-t-elle rappelé. Elle s’est mis ça en tête après avoir regardé les Jeux olympiques, l’hiver dernier, et l’autre activité, c’est pour faire comme son amie Dahlia.

Je l’avoue, devant tant d’enthousiasme, j’ai considéré le fait d’avoir à débourser quelques centaines de dollars pour tout ça. Puis, je me suis dit : « C’est pas un peu trop ? »

Comme le hasard fait parfois bien les choses, j’ai vu passer cette journée-là sur les réseaux sociaux (je m’excuse, j’en ai oublié la source et la provenance) un court texte qui, en gros, stipulait qu’avant l’âge de six ans, une seule activité parascolaire était recommandée. Maximum.

Plusieurs études rapportent les bienfaits de pratiquer une telle activité. Elles améliorent le rendement académique, diminuent le risque de décrochage scolaire et l’attrait de mauvais comportements, en plus de développer la confiance en soi et de favoriser la socialisation. Bref, elles fournissent un cadre sain pour que le jeune puisse s’épanouir.

Enfants surchargés

Mais trop, c’est comme pas assez. La surcharge vient annuler tous ces avantages. « Les élèves commencent à perdre les bienfaits associés aux activités parascolaires lorsque la participation atteint 20 heures par semaine », affirmait Anne-Sophie Denault, professeur agrégé de psychoéducation à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval dans un article publié dans La Presse.

J’ai sourcillé devant le « 20 heures ». Parce que ça me semblait vraiment beaucoup avant de crier au burn-out. Vingt heures, c’est l’équivalent de quatre heures par jour, du lundi au vendredi. En plus de l’école. Des devoirs. De tout le reste. Je me trouvais presque paresseuse d’avoir envisagé SEULEMENT trois activités. Et pourtant...

En fouillant davantage sur le sujet, je suis aussi tombée sur un rapport du MELS rédigé par Isabelle Gingras, chercheuse à l’Université McGill. Cette dernière suggérait de ne pas mesurer objectivement la surcharge d’activités d’un enfant — ou d’un adolescent —, mais bien de le faire de manière subjective.

Chez les adolescents, surtout. « Le sentiment de surcharge, hautement variable d’un adolescent à l’autre, ne dépend ni du temps consacré à une activité parascolaire ni du nombre d’activités auxquelles il participe », rapportait le quotidien. « Certains adolescents en demandent toujours plus, alors que d’autres préfèrent prendre leur temps et ne pas ressentir qu’ils sont toujours à la course », écrivait Mme Gingras dans son rapport.

Le but premier : s’amuser

J’irais même jusqu’à étendre son affirmation aux parents. Car veux, veux pas, on fait partie de l’équation. On court comme des poules pas de tête toute la semaine et, souvent, le week-end aussi. Peut-être que ça ne nous tente pas nécessairement de nous présenter à l’aréna à 6 h du matin le samedi matin et de passer le reste de la journée à faire la navette entre la piscine, le cours de piano et le club d’échecs. Surtout si notre jeune ne tripe pas tant que ça.

D’ailleurs, il est recommandé d’y aller selon les intérêts des enfants dans le choix de cours pour que l’harmonie règne. Le but premier d’une activité parascolaire, on tend souvent à l’oublier, est de s’amuser et de s’épanouir. Pas de provoquer du stress ou de l’anxiété. Pas d’entrer en compétition.

Et il n’y a pas de mal à prendre un break une fois de temps en temps, rappelle Anne-Sophie Denault. « Au début de l’adolescence, les jeunes sont en recherche d’identité. Une pause peut être une occasion de prendre du recul, un temps de réflexion. Un enfant sportif peut avoir envie d’explorer le théâtre. Ça fait partie du processus normal de l’adolescence d’explorer l’identité », disait-elle notamment à La Presse.

Tout ça pour dire qu’on s’est finalement limité au ballet. Parce que c’était son activité préférée.

Ce qui m’a finalement convaincue de lever la pédale ? Sa fatigue (et son caractère de m*** qui vient avec !) après seulement trois jours d’école. Une activité extra, ç’allait être amplement suffisant pour l’instant.

Actualités

Une « solution miracle à (presque) tout »

CHRONIQUE/ «Connais-tu ça, la pleine conscience ?» m’a lancé une amie il n’y a pas si longtemps au shower de bébé d’une autre de nos amies. «C’est magique!» avait-elle ajouté du même souffle.

C’est drôle qu’elle m’ait demandé ça, parce que j’ai découvert cette « solution miracle à (presque) tout » il y a plusieurs mois. Vous n’avez qu’à lire un peu sur le sujet pour vous laisser séduire vous aussi.

Actualités

L’essentiel de la rentrée

CHRONIQUE/Dans trois dodos, ma grande entamera sa maternelle. Je m’étais dit que l’occasion était belle d’y dénicher un sujet de chronique — ou plusieurs — sur la fameuse rentrée scolaire. Celle à propos de laquelle les parents d’enfants plus âgés parlent tant, stressent, courent d’un bord et de l’autre, peinent à gérer la routine qui reprend... Mais j’ai beau me creuser la tête, je n’en trouve tout simplement pas.

Je suis zéro inquiète pour ma petite. Zéro inquiète pour moi non plus. Elle est prête, je suis prête. Elle a hâte, j’ai hâte. Rien à dire sur le sujet. Alors, je me trouve ben plate.

Pourtant, ce moment de l’année peut être angoissant pour plusieurs. Enfants et parents. Se fera-t-il des amis ? Sera-t-il intimidé ? Parviendra-t-il à suivre en classe ? Sera-t-il trop tannant ou désobéissant ? Côtoiera-t-il de mauvaises influences ?

Entre les articles scolaires à acheter, les divers paiements à effectuer, les horaires d’autobus à vérifier, les lunchs à préparer, les devoirs à faire, les journées pédagogiques à gérer et les cours de ci ou de ça auxquels il faut les inscrire — et assister —, on a parfois tendance à oublier de s’informer de l’essentiel.

L’ascendant d’un prof

Aller à l’école, ce n’est pas juste le travail de l’enfant ou de l’adolescent. Ce n’est pas non plus qu’acquérir de simples — ou compliquées — notions académiques. C’est socialiser — beaucoup —, c’est se découvrir, c’est exister en dehors du noyau familial en tant qu’individu à part entière. C’est, pour ainsi dire, se former à faire partie de la société.

Et dans ce brouhaha quotidien, il y a un ou des adultes, autres que les parents, qui jouent un rôle d’importance : les profs.

Nous, les parents, on les côtoie peu, voire pratiquement pas. On sait qu’ils sont là. On en entend parfois parler à l’heure du souper, sans plus. Pourtant, ils sont bien souvent la deuxième figure d’autorité d’importance chez l’enfant et l’adolescent. On les leur confie, ni plus ni moins, en moyenne sept ou huit heures par jour. C’est donc dire l’ascendant qu’ils peuvent avoir sur nos jeunes.

Je n’ai, cette semaine, ni statistiques, ni études, ni entrevues avec des spécialistes pour appuyer mes dires. J’ai, par contre, un message du fond du coeur, livré par un certain Yannick Pinel sur les réseaux sociaux et qui fait un tabac depuis sa publication, jeudi, pour vous faire réfléchir sur le rôle plus qu’important des enseignants dans la vie de nos enfants.

Sans détour, l’homme réussit à merveille à remercier, encourager et rendre hommage à tous ceux et celles qui peuvent, parfois sans le savoir, faire la différence dans la vie d’un jeune. Alors, avec sa permission, je vous laisse ici l’intégralité de son propos puisque je n’aurais su mieux dire moi-même. Puissent les différents partis politiques l’entendre en cette période de campagne électorale.


***

« Allô prof... de secondaire !

Dans ta nouvelle classe, comme à chaque année, t’auras quelques kids puckés. Un, deux, trois peut-être. Plus, trop si t’enseignes en milieu défavorisé (MERCI !).

Ils sont dans l’fond, pas en avant.

Je sais que tu sais, mais à la maison, ces gamins reçoivent moins de supervision, d’attention, d’affection... D’AMOUR. On ne croit pas en eux, on ne les tire pas vers le haut, on ne leur enseigne pas comment rêver. Certains se font même dire et répéter qu’ils ne valent rien et ils reçoivent des taloches pour ne pas l’oublier.

À ce stade, t’es pas mal la seule personne qui peut remédier à ça. C’est ben ben d’la pression, je sais. Pis t’es pas assez payé, je sais ça aussi.

Parce que ces jeunes exigeront de ta part plus de temps, plus d’énergie, plus de ressources. Ils te feront bûcher, suer, rager, mais ils comptent sur toi. Le hic, c’est qu’ils ne le savent pas. Alors ne le prends surtout pas personnel s’ils te manquent de respect ou t’envoient promener, c’est un mécanisme de défense.

Paraphrasons Anaïs Barbeau-
Lavalette : ils ne t’aiment pas encore, mais attends-les, ils arrivent.

Toi, tu vois le mur vers lequel ils foncent. Et ce mur, s’ils le frappent de plein fouet, c’est fini pour eux. Le décrochage, la pauvreté, la violence, le crime, la drogue, la prison, la mort. Montre-leur qu’il y a des chemins pour contourner ce sombre mur. Ils ne les connaissent pas. Et parfois, si c’est trop tough, s’il est trop tard, capitonne le mur pour eux. Qu’ils se fassent moins mal. Qu’ils puissent rebondir un peu en s’y pétant la gueule.

Mais si tu arrives à tes fins, tu seras mon héros, mon héroïne. Pis tu seras le ou la leur. T’auras sauvé une vie, une âme. Les médecins, les policiers et les pompiers en sauvent aussi, mais c’pas pareil. C’est mécanique eux. Toi, c’est métaphysique, c’est romantique.

Quand j’entends quelqu’un, quelqu’une parler DU ou de LA prof qui a changé sa vie, qui lui a transmis sa passion, qui a cru en lui, en elle, qui lui a montré la voie, qui lui a donné goût à la littérature, aux sciences, ou simplement à la vie, y’a rien de plus beau. C’est du Riopelle, du Borduas à mes yeux, du Miron, du Desjardins à mes oreilles. Bref, d’la poésie. Émouvante. Inspirante.

Allô prof... de secondaire ! On te dit pas assez à quel point ton rôle est vital. J’pense que c’est le plus vital d’entre tous moi.

Bonne rentrée ! »

EN FAMILLE

Chut! Les enfants s’ennuient…

CHRONIQUE / « Les choses faciles comblent le besoin, mais pas le désir. »

Cette phrase de la pédiatre et pédo-psychanaliste française Françoise Dolto a résonné en moi il y a quelques jours.

En famille

Les enfants ne sont pas faits pour dormir seuls

CHRONIQUE / Vous en connaissez beaucoup, vous, des parents pour qui l’heure du coucher rime avec partie de plaisir? Chaque famille a mille histoires à raconter sur le sujet après avoir poussé un long soupir qui pourrait se traduire en français par «parle-moi z’en pas!»

Il n’y a que dans les pubs que les enfants s’endorment paisiblement pendant qu’on leur lit une histoire. Malgré cela, un simple rien altère leurs nuits : un rhume, un cauchemar, une peur des monstres, un séjour chez les grands-parents, un bruit bizarre, une dérogation à la sacro-sainte routine du dodo… À la blague, je dis souvent qu’un congé de maternité devrait durer cinq ans tellement les soirées et les nuits ne sont pas reposantes.

En famille

Bien vivre dans le chaos

La conciliation travail-famille… Chaque fois qu’on mentionne ces trois mots ensemble, je ne peux m’empêcher de pousser un soupir. Et/ou de sourire. Parce qu’on en fait un enjeu de société, alors qu’à mon avis, ce n’en est pas un.

On arrive tous, par la force des choses, à concilier travail et
famille. C’est souvent boiteux, souvent cahoteux et on tourne parfois les coins ronds, mais au bout du compte, on arrive tous à la ligne d’arrivée de chaque journée. Alors, l’enjeu n’est pas tant là, non.

Il se situe, selon moi, dans notre conception de la réalité.

La conciliation travail-famille est une source de stress importante pour 62 % des parents, selon un récent dossier de l’Observatoire des tout-petits. 

Mais une question me chicote. Qu’est-ce que ça signifie pour chaque parent interrogé, la conciliation travail-famille ? Comment définit-il le concept, et de quoi aurait-il besoin pour améliorer son quotidien ?

Selon le sondage, les parents d’aujourd’hui souhaitent avoir plus de temps à consacrer à leur famille et être en mesure d’effectuer toutes les tâches quotidiennes sans trop courir.

Plusieurs ont rapporté avoir déjà accès à des horaires de travail flexibles, de la flexibilité dans le choix de leurs vacances, posséder une banque d’heures ou de temps accumulé et même des congés payés pour responsabilités familiales. Mais encore ?

Culpabilité, quand tu nous tiens

J’ai donc posé la question à quelques personnes de mon entourage. Sans s’être parlé, quelques-unes d’entre elles m’ont rapporté essentiellement les mêmes propos qui ont trouvé écho dans ma réalité.

Vous savez ce qui est pire que d’affronter chaque jour ce gros défi qu’est la conciliation travail-famille ? C’est la culpabilité qui vient avec. « Je me sens souvent coupable, parfois face à mon patron, parfois face à mes enfants et ma femme », me disait notamment un collègue, papa de quatre enfants.

« Quand ça fait trois jours que je ne me suis pas pointé au bureau parce que j’en ai un de malade à la maison, j’ai envie de m’excuser à mon boss. Et quand je quitte toute la journée un samedi pour travailler, j’ai envie de m’excuser à ma gang et aussi à ma femme, qui se retrouve toute seule avec notre imposante tribu. »

Car il y a ça, aussi. Vrai que l’essor des nouvelles technologies nous facilite souvent la vie en permettant entre autres de travailler à distance, mais ça rend aussi plus difficile la coupure entre le travail et la vie de famille.

La flexibilité des horaires permet aussi de se rendre chez le médecin avec fiston à 14 h un mardi, mais ça a le désavantage que ces heures de travail manquées, il faut les rattraper, ce qui fait qu’on doit étirer la journée de travail jusqu’à tard en soirée, voire durant la fin de semaine. « Le problème, c’est que je n’arrive même pas à les reprendre dans mon horaire déjà trop chargé ! » fait pour sa part remarquer une amie maman de deux garçons d’âge préscolaire aux prises avec un trouble du spectre de l’autisme et un TDAH et pour qui les rendez-vous se multiplient.

Donc, on se sent coupable. Tout le temps. Coupable d’arriver tard au boulot, coupable de partir tôt. Coupable de s’absenter, coupable de devoir rattraper du travail en soirée plutôt que de jouer avec les enfants ou de passer du temps en couple.

Coupable d’être fatigué, coupable d’envoyer les enfants à la garderie même si on est en congé parce qu’on voudrait faire le ménage et des commissions en étant tranquille (même pas aller au spa ou au cinéma, là !), coupable de crier, coupable de demander de l’aide, coupable de caller une livraison parce qu’on n’a pas eu le temps de cuisiner un bon repas santé, coupable de ploguer les enfants devant la télévision juste pour avoir ne serait-ce que 30 minutes de sainte paix !

Coupable de ne pas voir nos amis assez souvent, coupable de ne pas appeler nos parents assez souvent. Coupable de s’effondrer devant la télévision à 21 h, quand les petits sont enfin couchés, plutôt que d’aller s’entraîner au gym. Coupable de voir d’autres parents avoir le temps d’aller skier ou faire du camping le week-end alors qu’on peine à en trouver pour se raser les jambes. Coupable, coupable, coupable.

Alors, c’est quoi, la conciliation travail-famille ? Un idéal à atteindre ? Une séduisante utopie ? Voire un concept marketing à exploiter (si ce n’est déjà fait) ?

Imparfait, c’est parfait

La meilleure réponse que j’ai trouvée à ce jour et que j’essaie d’assimiler, c’est : bien vivre dans le chaos !

C’est accepter que tout ne soit pas parfait. Que les limites de l’un ne soient pas les limites de l’autre. Que les choix et les façons de faire de l’un ne soient pas les nôtres. Que tout ne soit pas fait comme on voudrait qu’il le soit. 

C’est aussi réviser ses exigences à la baisse. C’est s’asseoir un jour, dresser sa charte des valeurs, définir ce qui est important pour nous, et se rendre compte que finalement, c’est pas si grave que ça si la balayeuse n’est pas passée quand la visite arrive. Que le meilleur choix un samedi après-midi est peut-être de faire une sieste plutôt que le ménage afin de recevoir les invités avec le sourire plutôt que dans une maison digne d’un magazine. 

Puis, c’est prendre des décisions en conséquence.

La conciliation travail-famille, donc, c’est d’abord dans notre tête que ça se passe. Quand ce qui est le plus important à ce moment précis est clair dans notre tête, tout semble plus facile. Parce que c’est moins culpabilisant. Parfois, la famille est plus importante que le travail. D’autres fois, c’est le contraire. C’est quand on arrive à ne pas se sentir coupable de prioriser ni l’un ni l’autre au moment opportun qu’on arrive, je crois, à un juste équilibre.

C’est le travail de toute une vie. Le reste peut attendre.

En famille

Comment être un bon parent

CHRONIQUE / Ma cinq ans est difficile depuis quelques semaines. Elle explose pour tout et pour rien. Et elle veut imposer son règne de princesse Disney dans la maison. Je ne sais plus trop quoi faire pour jongler avec son caractère imprévisible.

J’en ai jasé autour de moi. J’ai fait des recherches sur internet aussi. On m’a suggéré d’essayer diverses méthodes qui allaient régler mon problème « à coup sûr ». Rien n’a fonctionné. 

À bout de ressources, un soir, j’ai décidé de me tourner vers la principale concernée. « Pourquoi est-ce que tu cries toujours ? » ai-je demandé a ma fille a l’heure du dodo au terme d’une crise interminable.

« Parce que toi aussi, tu cries, maman. »

Et vlan ! En une toute petite phrase, elle venait de démolir le peu de confiance que j’avais en mes habiletés parentales. Je crie donc je suis… une mauvaise mère.

Vrai que je suis fatiguée dernièrement. Même les vacances sous les tropiques ne sont pas parvenues à recharger mes batteries. Des vacances en famille, anyway, c’est pas reposant. Mais ça n’excuse pas mon irritabilité auprès des enfants. 

Avec ses sept mots tout simples, ma fille est venue remettre entièrement en question mes compétences parentales. Des doutes se sont installés. Des interrogations ont surgi. Suis-je assez présente ? Ai-je raison de faire de la sorte ? Pourrais-je en faire plus ? Ou moins ? Est-ce que c’est le mieux pour mes enfants ? Suis-je en train de les « scrapper » solide ?

Google n’avait pas de réponses, cette fois.