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Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a soufflé le chaud et le froid cette semaine sur la question de la loi 101 au cégep.
Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a soufflé le chaud et le froid cette semaine sur la question de la loi 101 au cégep.

Loi 101 au cégep: le yoyo du PQ

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CHRONIQUE / Il était ironique d’entendre cette semaine Paul St-Pierre Plamondon laisser flotter un certain flou sur la position du Parti québécois quant à l’application de la loi 101 au réseau collégial, lui qui reproche au gouvernement Legault de tarder à dévoiler son plan de match sur la refonte de la Charte de la langue française. Ironique, car, au Parti québécois, toutes les ficelles ne sont pas encore officiellement attachées sur ce sujet.

La présidente du Comité national des jeunes du Parti québécois, Marie-Laurence Desgagné, a affirmé ressentir une urgence d’agir en ce qui a trait aux cégeps. Étudiante à l’Université McGill, elle établit une distinction entre le collégial et l’université.

Il sera question ce samedi et ce dimanche de cette volonté des jeunes péquistes d’étendre la loi 101 au collégial alors que des délégués du Parti québécois seront réunis en Conseil national (de façon virtuelle, bien sûr).

Paul St-Pierre Plamondon a soufflé le chaud et le froid cette semaine. Il a d'abord rappelé qu’il s’est prononcé contre cet élargissement lors de la dernière course à la direction du Parti québécois tout en se disant «ouvert» à un changement.

Vendredi, contre toute attente, tout juste à la veille de l’ouverture du Conseil national, il s’est finalement rallié à la position des jeunes péquistes.

Le PQ agite un yoyo sur cette question depuis longtemps. C’est une histoire sans fin, une histoire faite d’allers-retours. Et de tensions.

On s’en tiendra aux 10 dernières années pour l’illustrer : en février 2011, l’ex-premier ministre et ancien chef du Parti québécois, Lucien Bouchard, déclarait au Soleil que son parti faisait fausse route avec son désir d’imposer la loi 101 au collégial. Il annonçait qu’il ne se joindrait pas aux élus péquistes qui, après avoir combattu cette idée, étaient de plus en plus nombreux à penser qu’il fallait recourir à ce remède.

En avril 2011, lors d’un grand congrès péquiste, le député Pierre Curzi remportait une grosse bataille en faisant adopter sa proposition d’étendre au réseau collégial les dispositions de la loi 101 sur la langue d’enseignement. (Ce n’est pas à ce vote que s’était opposée la cheffe Pauline Marois, comme on l’a entendu çà et là cette semaine, mais à une décision des délégués de bannir l’anglais dans l’affichage commercial.)

En 2017, de nombreux péquistes voulaient maintenir dans le programme de leur formation le projet d’étendre la loi 101 au réseau collégial, ce que le chef d’alors, Jean-François Lisée, ne voyait pas d’un bon œil.

Après d’âpres débats, ce projet est repassé à la trappe. Il a été remplacé par l’idée — citons les mots du dernier programme électoral — de «permettre aux étudiants des cégeps francophones qui le désirent et qui démontrent une maîtrise du français suffisante de suivre au cégep un parcours en anglais enrichi qui pourra comporter une session dans un cégep anglophone; et de faire en sorte que les étudiants des cégeps anglophones suivent un parcours de français enrichi comportant une session entière dans un cégep francophone».

La suite en fin de semaine. On verra, lors du vote sur cette question au Conseil national, ce que les délégués décident. Mais il est maintenant vraisemblable que tout le parti refera officiellement sienne cette idée d’élargir la loi 101 au réseau collégial.

Scrutin proportionnel (suite et fin?)

Un tout autre sujet avant de conclure : on le sait, le gouvernement Legault est très sensible à l’opinion publique. Elle est sa boussole. Et qu’est-ce qui crée le ressenti de l’opinion publique sinon les médias? Les médias et ce que relaient — si l’on s’en tient à la sphère politique — les partis d’opposition. Autrement dit, les thèmes qu’ils choisissent d’aborder ou pas.

Ces partis peuvent difficilement feindre la surprise après avoir compris, jeudi, que le premier ministre ne s’engage plus à aller de l’avant avec son projet de loi sur un mode de scrutin proportionnel dans les délais requis.

Les partis d’opposition et les médias ont très peu parlé de cette question ces derniers mois. La pandémie a pris toute la place. Et pour cause! C’est parfaitement compréhensible.

Le gouvernement a donc beau jeu aujourd’hui d’affirmer que la pandémie change ses priorités, même si cette crise n’explique pas tout, puisque différents projets de loi sont constamment étudiés par des parlementaires. La pandémie a ici bon dos.

Mais on peut relever que le gouvernement n’a senti aucune pression depuis très longtemps à propos du scrutin proportionnel, censé être soumis à une consultation référendaire en même temps que les prochaines élections générales au Québec. Pas étonnant qu’il ne sente donc plus le besoin de garantir l’avancée du projet de loi. Le début de la fin pour celui-ci?