La famille Horvath-Ruel : Jean-François, Izabel, William, Alicia, Anaïs et Arnaud

L’effet d’entraînement

CHRONIQUE / Izabel Horvath et Jean-François Ruel étaient de grands sportifs avant même de se rencontrer. Izabel faisait de la compétition de vélo de montagne, Jean-François et elle ont commencé à en faire ensemble. Tous les soirs. La fin de semaine aussi. L’hiver, c’était le ski de fond. «C’était notre façon de vivre», décrit simplement Izabel.

Alors quand ils ont eu leur premier enfant, William, qui a maintenant 12 ans, il n’était pas question pour eux d’arrêter de faire du sport. «J’étais enceinte de sept mois et je faisais encore du vélo», raconte-t-elle en rigolant. «Je pédalais de côté!» Et quand le petit avait à peine cinq semaines, elle a même fait une course de 10 km!

Ils sont restés dans le club de ski de fond. Se sont acheté un traîneau.

Dire que l’arrivée de leur aîné n’a rien changé serait mentir. Ils ont dû faire une croix sur certaines compétitions, diminuer le nombre d’entraînements. «Ça, ça a été un choc», se rappelle Izabel. Il faut aussi baisser les objectifs pour les parents plus compétitifs, qui verront peut-être leur performance en pâtir un peu pendant quelques années. «C’est d’être réaliste», dit-elle.

C’est évident que partir avec un ou plusieurs marmots demande plus d’organisation et de préparation. «Mais ça ne nous a jamais arrêtés», précise Izabel. Il faut plus d’équipement aussi! D’ailleurs, le couple précise que c’est une des clés du succès pour faire du sport avec des petits : avoir les bons outils.

Aujourd’hui, la famille compte trois autres enfants : Alicia (10 ans), Anaïs (8 ans) et Arnaud (5 ans).

Tous ont été initiés aux sports des parents. Izabel et Jean-François ont aidé à remettre sur pied un programme pour enfants dans le club de ski. Même chose en vélo de montagne, où ils sont devenus entraîneurs.

Maintenant, les enfants ont leur préférence. Chacun me dit le sport qu’il pratique, ce qu’il aime. Le football pour William, le triathlon X-Terra pour Alicia, la natation pour Anaïs et le soccer et les cours de natation pour Arnaud. Et tous sont d’accord : ça leur manquerait s’ils devaient arrêter.

Izabel et Jean-François, avec bébé William

À leur tour, ils influencent même leurs parents! En s’inscrivant au triathlon, Alicia a donné le goût à sa mère de faire pareil.

«Tant qu’à aller la reconduire dans les entraînements, je vais y aller moi aussi», s’est dit Izabel. «Les clubs où tu as le volet jeunesse et le volet adulte, où les deux peuvent s’entraîner en même temps, avec deux coachs différents, c’est fantastique», autant pour partager les intérêts que pour simplifier la gestion, note Izabel. Dans leur cas, c’est Capitale Triathlon et Les Marlins.

Parce qu’organiser l’horaire, c’est aussi du sport! «C’est passablement occupé!» constate Jean-François, en souriant. Chaque parent a du temps libre pour pratiquer son sport, pendant que l’autre s’occupe de la marmaille. Fini le sport en couple, ou presque! Cet été, ils ont quand même participé à une course toute la famille ensemble.

Le sport doit être une priorité, note le couple. «C’est bloqué dans l’horaire de la semaine. […] Et il n’y a rien, à moins d’une urgence, qui bouge ça. C’est des moments qui sont sacrés», explique Izabel.

Alicia et William

À part être en bonne santé (c’est déjà beaucoup!), qu’est-ce que les enfants y gagnent? C’est bon pour l’estime, note Izabel. Ils sont tellement fiers quand ils finissent une course, atteignent un objectif.

Jean-François aime aussi l’ambiance amicale et familiale lors des événements, «même si c’est une compétition». Les clubs permettent aux jeunes de s’encourager entre eux et de persévérer, même dans un sport individuel. Ils y rencontrent aussi des amis qui ont les mêmes intérêts.

«Ils sont confrontés, même petits, à des petits échecs», remarque aussi Izabel. «Ça ne va pas bien à toutes les courses. Ils apprennent à gérer ce genre de situation-là, et ça va leur servir toute leur vie.»

J’aurais pu partir de chez les Horvath-Ruel découragée. En me disant qu’en comparaison, je ne bouge vraiment pas assez et que, par la bande, mes filles non plus. Mais en fait, j’avais plutôt le goût d’aller nager. Ou courir. Il fallait que je sois un meilleur exemple pour mes cocottes, qu’elles me voient faire du sport plus fréquemment, qu’on en pratique ensemble encore plus souvent. Essayer d’intégrer l’exercice dans mon horaire (un peu-beaucoup) compliqué. Je me suis inscrite à un cours. C’est un début.

Avoir les bons outils donnent un bon coup de pouce quand vient le temps de faire du sport en famille.

Pas parce qu’il le faut. Pour le plaisir et parce que ça fait tellement de bien, même si on l’oublie parfois dans le tourbillon du quotidien. Pour participer, à mon tour, à l’effet d’entraînement.