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Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Camille Laurin en 1983
Camille Laurin en 1983

Le PQ, les «relations publiques» et Legault

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CHRONIQUE / Le gouvernement Legault ne s’arrogera pas l’héritage de Camille Laurin, le père de la loi 101, en rebaptisant la circonscription de Bourget en son honneur. Cela va sans dire. Ses ténors n’ont pas la naïveté de croire une telle chose.

Si on n’a pas une telle naïveté à la CAQ, on se fait tout de même un malin plaisir politique de s’associer au nom de l’illustre ministre du gouvernement de René Lévesque; de le détacher un peu du Parti québécois.

Le député caquiste de l’actuelle circonscription de Bourget, Richard Campeau, a lancé une pétition sur le changement de dénomination. C’est une formalité. À terme, cette circonscription de l’île de Montréal portera donc le nom de Camille Laurin.

Pour le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, l’affaire a vite été réglée. Il est bien sûr d’accord avec le projet, comme le sont les solidaires et les libéraux de 2021. Mais il ne peut s’empêcher d’y voir un «artifice» de la CAQ pour «bien paraître au niveau de la langue française»; d’y voir «une autre opération de relations publiques».

M. St-Pierre Plamondon utilise régulièrement cet angle d’attaque dans ses interventions.

La semaine dernière, se cherchant une place sur la scène médiatique du jour, il avait lâché le mot «propagande» à propos des messages du gouvernement Legault. Ce n’était pas le meilleur terme à utiliser en temps de pandémie.

Devant un gouvernement populaire, les chefs des partis d’opposition cherchent toujours à faire savoir qu’ils existent. Ce n’est pas toujours facile. 

Pas la première fois

Revenons à Camille Laurin. «Opération de relations publiques» ou «hommage», comme le prétend le gouvernement?

Cette initiative ne peut pas être une opération de relations publiques à proprement parler. Elle émane d’abord du terrain. Et, de toute façon, aucun citoyen n’estimera jamais que ce changement d’appellation a le même poids que des actions fortes et concrètes en matière de défense de la langue française. La CAQ le sait.

Mais qui rend hommage à quelqu’un veut tout de même dire quelque chose sur lui-même. Tant qu’à faire… 

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement caquiste rend hommage à Camille Laurin. L’été dernier, le ministre Simon Jolin-Barrette avait pris prétexte du 43e anniversaire de l’adoption de la loi 101, le 26 août 1977, pour dire aux Québécois, dans une longue lettre ouverte, que nous devons être fiers de la langue française.

À ce moment-là, il était beaucoup plus évident que maintenant que la CAQ voulait bénéficier politiquement du nom de Camille Laurin. Le ministre inscrivait en quelque sorte ses actions à venir dans celles du passé.

À tous

Camille Laurin est depuis longtemps l’un des pères du Québec moderne. Son héritage appartient à tous les Québécois. Qu’une circonscription électorale porte son nom s’inscrit dans la logique des choses.

Et personne, évidemment, ne se trompera en affirmant que cette initiative n’a rien à voir avec le renforcement du statut et l’usage du français au Québec promis par le gouvernement Legault. Ça va de soi.

Il existe d’ailleurs un risque pour le gouvernement à trop faire résonner le nom de Camille Laurin. Car ses actions à venir seront comparées aux siennes.