Le pourquoi du pourquoi

Entre l’âge de 2 et 10 ans, un enfant pose en moyenne 288 questions par jour. Et, souvent, ce sont vers les mamans que les petits ont le réflexe de se tourner pour adresser leurs nombreuses interrogations.

Dans un magasin, les mères doivent répondre à une dizaine de questions. À la lecture du soir, c’est neuf questions une après l’autre. Pendant le repas, ce chiffre monte à 11 !

Mais nous, sommes-nous à la hauteur quand vient le temps de répondre ? Visiblement, pas toujours. C’est, du moins, ce que m’a fait remarquer une autre maman lors d’un déjeuner dernièrement.

Mais d’abord, je dois vous mettre en contexte.

Un jour, alors qu’on manquait de moutarde jaune à la maison, j’ai profité d’une saucette dans un magasin-à-un-dollar pour en acheter un pot. Il devait venir de la Chine, mais comme le but était de m’éviter un détour à l’épicerie, j’avais décrété que ça allait faire l’affaire. Et, finalement, ça a fait l’affaire… jusqu’au jour où ma grande, en jetant un œil au pot en question, a découvert qu’il était périmé depuis DEUX ANS ! Ça faisait déjà un mois qu’on s’en servait !

Disons que maintenant, avant de m’attarder au tableau des valeurs nutritives d’un produit, je prends le temps de regarder la date de péremption.

Bref, tout ça pour nous ramener à notre déjeuner où je me suis fait prendre en flagrant délit.

Avant de se servir de la moutarde dans laquelle tremper ses saucisses, ma petite de huit ans et demi, comme on était au resto et qu’elle a huit ans et demi, m’a demandé si la moutarde était « passée date ».

Pour répondre à sa question, j’ai pris le pot, l’ai viré dans tous les sens pour trouver la date de péremption, l’ai lue dans ma tête — 2019-08-04 —, j’ai vite analysé que c’était OK, j’ai redéposé le pot et je lui ai dit « non ! »

Ma petite, tout sourire, vient donc pour s’en mettre un splouch dans son assiette quand ma voisine d’en face me dit, en me redonnant la moutarde, « Hey, maman, tu n’as pas fini ta réponse. Tu n’as répondu à la question qu’à moitié. Pourquoi la moutarde n’est pas périmée ? Comment t’as fait pour le savoir ? Explique-le à ta fille. Après, elle va pouvoir le faire toute seule. Ça développe son autonomie et elle va être super contente, la prochaine fois, de répondre toute seule à sa question. »

Ma chum travaille auprès des enfants et elle est la mère de trois. Le genre de femme dont les conseils valent de l’or.

Assise devant mon burrito déjeuner, j’ai vite pris conscience de toutes ces questions posées par mes filles et auxquelles j’ai peut-être parfois répondu de façon très succincte.

C’est donc là, dans un des Ben et Florentine de Terrebonne (attention, il y en a plus qu’un !), que j’ai expliqué à ma petite, d’abord comment lire une date : année/jour/mois, et comment savoir si, selon tous ces chiffres, le produit à l’intérieur du contenant est toujours bon ou pas.

« Les enfants sont naturellement curieux, m’a lancé ma nouvelle meilleure amie amatrice de gaufres géantes aux fruits. Faut pas se gêner pour leur en donner. Ils veulent savoir et sont capables d’en prendre. Moi, j’aime ça les pousser toujours un peu plus. »

Il n’était que 8 h et la journée me réservait des dizaines d’autres questions venant de ma petite blonde au visage rond. Des « pourquoi » et des « comment » auxquels j’allais maintenant sans doute répondre en mettant plus de chair autour de l’os.

Avec une approche plus « consciente », je dirais.

Ce matin-là, j’ai reçu un beau cadeau et je trouvais important de le partager avec le plus de gens possible. Les mères comme les pères, même si les enfants ont tendance à interroger leur maman.

Pourquoi ?

Parce que, selon l’étude britannique qui s’est penchée sur la question, 75 % des enfants affirment que s’ils s’adressent à leur père, celui-ci va leur répondre « Demande à ta mère ! ».