La présence de Jean Charest aux célébrations du 150e anniversaire du parti, samedi, a attiré l’attention des médias. L’affaire aurait pu mal tourner. Mais l’accueil chaleureux des militants et l’organisation bien rodée du congrès en ont fait un succès.

Le nouveau Québec du Couillard nouveau

CHRONIQUE / Autrefois, c’est du territoire actuel du Nunavik qu’on parlait lorsqu’on mentionnait le Nouveau-Québec. D’ici les élections d’octobre 2018, c’est du programme politique du Parti libéral dont il sera question sous cette appellation. Convaincus que les gouvernements sont rarement réélus sur leurs bilans, les libéraux nous ont présenté leur vision du Québec de demain, le «nouveau Québec».

Un Québec qui fait rêver, où les familles ont plus de temps pour profiter de la vie, où les aînés sont mieux traités, où l’Éducation et la Santé répondent mieux à tous nos besoins. Et en prime, un nouveau Québec où la capitale et la métropole seraient reliées par un lien de transport rapide conçu chez nous et respectueux de notre environnement.

Trop beau pour être vrai? Probablement. Mais nous sommes en campagne électorale. Et cette fois, les libéraux n’auront plus la souveraineté dans leur mire pour gagner des votes. C’est François Legault et la menace caquiste dans les circonscriptions du 450 dans la couronne de l’agglomération montréalaise qui les inquiète. L’accent mis par Philippe Couillard sur les familles dans son discours de dimanche est une réponse directe aux propositions de la CAQ.

La présence de Jean Charest aux célébrations du 150e anniversaire du parti, samedi, a attiré l’attention des médias. L’affaire aurait pu mal tourner. Mais l’accueil chaleureux des militants et l’organisation bien rodée du congrès en ont fait un succès. À moins d’un an des élections, les libéraux avaient besoin de motiver leurs militants et de les rassurer. Si on se fie à l’atmosphère dans la salle, ils ont réussi. Le Philippe Couillard nouveau et plus agressif qu’on leur a présenté semble les avoir convaincus. Son discours de dimanche a plu.

On en a mis un peu trop en évoquant le désir de créer un nouveau lien rapide entre Québec et Montréal. Un lien qui ne serait pas un train, qui serait inventé par nos meilleurs cerveaux, mais que les apparatchiks du parti avaient bien de la difficulté à décrire. On sait que Via Rail propose depuis deux ans de lancer un TGF (train à haute fréquence) entre Québec, Montréal, Ottawa et Toronto. Mais il faudrait une nouvelle voie ferrée réservée aux voyageurs et interdite aux trains de marchandises. C’est le gouvernement fédéral qui doit statuer sur le sujet et ça pourrait prendre du temps… Quelle avenue nouvelle pourrait être élaborée et réalisée par le gouvernement du Québec? Philippe Couillard a laissé la réponse à l’imagination des Québécois.

En campagne électorale, tout devient possible. Autant s’y faire, l’avenir sera beaucoup plus rose au cours des prochains mois. On a beau ne pas aimer ça, mais c’est dans la nature de la bête. Pour se faire élire en démocratie, il faut amener les gens à espérer, et même à rêver. Pour y parvenir, il faut d’abord convaincre les militants pour les envoyer au combat. C’est ce qu’a fait Philippe Couillard en fin de semaine.