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Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Le 9 décembre, en commission parlementaire, le Dr Horacio Arruda avait déclaré que «l’après-pandémie nous exposera à des enjeux importants de maladies chroniques, de dépendance et de santé mentale».
Le 9 décembre, en commission parlementaire, le Dr Horacio Arruda avait déclaré que «l’après-pandémie nous exposera à des enjeux importants de maladies chroniques, de dépendance et de santé mentale».

Le couvre-feu, une péripétie de plus

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CHRONIQUE / Le gouvernement Legault a promu le couvre-feu en parlant simplement d’un gros bon sens à adopter face à la situation épidémique. Ce couvre-feu est certainement susceptible de mettre fin à des rassemblements familiaux et autres en soirée.

Même s’il frappe l’imagination, il ne sera cependant qu’un élément de plus dans la panoplie des moyens mis en œuvre pour lutter contre le coronavirus. Dans l’après-pandémie, il apparaîtra presque comme anecdotique par rapport à d’autres mesures de confinement.

Ce qui marquera plus profondément ce long et pénible épisode épidémique, ce seront les conséquences du virus. Les nombreux décès qu’il aura causés, bien évidemment, mais aussi les vies blessées.

Pensons seulement à la démotivation ou au décrochage dans les cégeps et à l’université. Ou à l’augmentation des troubles dépressifs en général.

Le 9 décembre, en commission parlementaire, après avoir répété que «la COVID a des impacts immenses et immédiats sur le système de soin, sur ceux qui souffrent de la maladie, du décès d’un de leurs proches, et sur ceux qui n’auront pas leur chirurgie, leur traitement ou un diagnostic précoce», Horacio Arruda avait déclaré que «l’après-pandémie nous exposera à des enjeux importants de maladies chroniques, de dépendance et de santé mentale».

Qu’un couvre-feu soit aux antipodes de nos mœurs n’en fera pas moins une péripétie d’ici quelque temps. Ce qui ne sera pas de l’ordre de l’anecdote, ce sont les faits soulignés par Horacio Arruda le mois dernier.

L’État ne peut pas tout, mais les politiques publiques devront en tenir compte longtemps.

Lors de la conférence de presse annonçant ce couvre-feu, François Legault a été cinglant à l’endroit de Justin Trudeau au sujet de la vaccination. Il a assuré que le Québec est en mesure de vacciner largement et qu’il attend des doses supplémentaires.

Il y avait une volonté de diversion dans cette algarade, car il y a eu du mou dans la vaccination, même si l’opération s’accélère et s’accélérera. Ce mou était en partie dû à la deuxième dose qui était conservée, ce qui n’est plus le cas.

M. Legault ne manque pas de mordre le fédéral chaque fois qu’il a de mauvaises nouvelles à présenter. Ce n’est pas coûteux. Il sait que la majeure partie de l’opinion publique au Québec sera derrière lui.

Le premier ministre Justin Trudeau prêterait cependant beaucoup moins le flanc à de telles piques s’il se mêlait davantage de ses affaires. Il manque souvent d’habileté lorsqu’il répond aux questions des journalistes. Il a souvent l’air de faire la leçon aux provinces. C’est ce qui s’est produit avec les vaccins, mais pas seulement.

Au-delà de son manque d’habileté, le problème fondamental de M. Trudeau est sa vision du partage des responsabilités. Sa volonté qu’Ottawa édicte des normes pour les CHSLD le démontre malheureusement trop bien.

M. Trudeau n’est pas à sa place au fédéral s’il s’intéresse tant aux compétences des provinces.

Nos démocraties fragiles

Alors que les terribles événements de Washington étaient en cours ou encore tout chauds, Justin Trudeau et François Legault ont rapidement affirmé, comme tant d’autres, que la démocratie américaine allait triompher. De fait, les institutions américaines sont solides.

Chauffée à blanc depuis longtemps par le narcissique Donald Trump, la foule d’endoctrinés n’a pu investir le Capitole qu’en raison de la défaillance de la sécurité. Tout cela est vrai.

Mais il n’en demeure pas moins que plus d’un tiers des Américains croient que l’élection a été volée et que Joe Biden sera un président illégitime. Tout cela ne présage rien de bon.

On aurait tort de croire que des phénomènes insurrectionnels du genre ne peuvent se produire qu’aux États-Unis. Les modalités de ce qui s’est déroulé à Washington sont proprement américaines, mais pas la logique derrière.

La paix sociale est partout plus fragile qu’on ne le croit. De plus en plus de gens se nourrissent d’«infox». Partout, un populisme malsain a progressé depuis plus d’une génération.

La démocratie et la paix ne sont pas acquises pour toujours. Chez nous, et même si ce fait demeure marginal, l’accroissement du nombre de menaces reçues par nos responsables politiques l’an dernier témoigne d’une mauvaise tangente.