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Le mois de juillet, c’est aussi le temps des petits fruits qui font notre délice.
Le mois de juillet, c’est aussi le temps des petits fruits qui font notre délice.

L’été et les doux souvenirs d’enfance

Konrad Sioui
Konrad Sioui
Collaboration spéciale
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CHRONIQUE / Enfin le mois de juillet est arrivé et nous permet de respirer à fond l’air doux de l’été, attendu depuis trop longtemps. Je me mets à rêver sur cette petite plage de sable, au bord du lac aux couleurs bleues qui changent au gré du temps que le ciel nous apporte.

Les rayons du soleil nous enveloppent d’une chaleur quasiment guérissante. Une petite brise vient quelquefois nous rafraîchir comme pour nous désaltérer et nous dire que ce moment de détente et de bonheur ne doit jamais s’arrêter.                                                    

Mes rêves, en ces temps-là, me ramènent presque toujours au temps de mon enfance et aux images magiques qu’elles projettent sur le mur des meilleurs instants de ma jeunesse. Nous allions nous baigner à la rivière Huron, emportant avec nous un petit lunch qui accompagnera notre dîner de petites truites grillées sur le bord de l’eau. Chaque fois, c’est toujours le meilleur repas au monde. 

Nous apprenions différentes nages et nous rivalisions entre amis du village, à savoir celui qui peut, d’un souffle retenu, traverser la largeur du petit cours d’eau. Le seul sable chaud remplace la serviette puis, en fin de journée, nous revenons à Wendake, en enfourchant nos vélos cachés sous les robes des épinettes.                                                                                          

Le «champ des bleuets», est lieu de rencontre et où nous nous regroupions pour dévorer le fruit de notre quête de nourriture: pommes d’amour, grenouilles, truites de ruisseau attrapées au collet et écrevisses. Le tout agrémenté de quelques tranches de pain qu’on se sépare, tenant lieu de dessert.                                       

Le mois de juillet, c’est aussi le temps des petits fruits qui font notre délice et qu’on ne peut s’empêcher de manger à satiété. Je nous revois petits, répondant à la douce commande de grand-maman Caroline avec notre sœur aînée, Carole, qui nous conduit vers les talles les plus prolifiques de bleuets, de framboises, de ronces, de bourdaines et de gueules-noires. Notre mission est de remplir chacun notre petit contenant de fruits, dont la taille est proportionnelle à notre âge. Puis, nous transvidions le contenu de nos bols dans le chaudron principal transporté par notre grande sœur. Avouons aujourd’hui que les plus petits, dont je faisais partie, avaient surtout réussi à se bourrer de fruits bien plus que d’en ramasser pour grand-maman.                                      

Mais peu importe, nous ramenions fièrement le produit de notre récolte et l’heure de la cuisson  commençait car grand-mère, durant le temps de la cueillette, avait préparé la pâte qui allait nous donner le meilleur «grand-père» au monde. Et je le maintiens, rien n’était meilleur que son «manger»: pâtés à l’ours, sagamité au maïs lessivé, crêpes, soupes, galettes aux patates et combien d’autres délicieuses recettes.                                          

Pendant la période estivale, une fois l’école terminée, nous allions aussi offrir nos services à nos aînés afin de faire leurs commissions chez Provisions Lorette ou au magasin Alexandre Picard, en plus d’entrer le bois et le corder dans la «shed» et réaliser d’autres menus travaux. 

Tante Lumina nous récompensait avec une «paparmanne» transparente. Mon oncle Narcisse et tante Emérencienne nous offraient de succulents biscuits. Chez Dame Lorenda, nous recevions des bonbons aux patates. Mon oncle Georges et tante Alvine nous récompensaient avec des boules noires et des boules de coco. Tante Emilienne nous offrait aussi quelques friandises pour nos travaux.    

Pêche à la truite                

En juillet c’était aussi le temps de la pêche à la truite et il n’y avait pas de meilleur «moucheur» que notre père Georges. En canot ou à gué, nous apprenions l’art de lancer notre minuscule thon jaune et noir ou notre mouche sèche fabriquée de crin d’orignal dans des endroits où la truite pouvait bien se tenir. Il fallait d’un coup de fouet, faire retomber doucement notre appât sous les aulnes et le bois rouge près des rochers qui laissaient mirer le frissonnement de l’eau, preuve de présence des précieux poissons qui, espérions-nous, allaient servir de repas le soir- même. D’un coup sec, il fallait piquer notre prise et la ramener au bord sans que le fil ne se détende, de peur de l’échapper. Nous apprenions.                                                

L’été, c’était aussi le temps de continuer à remplir nos obligations personnelles et de servir la messe tôt les matins de semaine, jusqu’au samedi pour une paie de 2$ que je m’empressais de remettre à ma mère Eléonore. En accompagnant mon frère Vincent, j’avais réussi à apprendre mes prières en latin, passage obligé pour devenir un servant de messe: le confiteor, le suscipiat et autres litanies.                                                  

Enfin, avec cette petite page de vie, j’ai voulu rendre hommage aux moments qui ont rempli de joie notre jeunesse et qui sont conservés dans le grenier de nos précieux souvenirs. 

Partageons avec les nôtres ces perles de vie, dans un temps où nous en avons le plus besoin. Cela fait partie intégrale du processus de guérison, à l’intérieur du cercle de discussion et d’échange dont la vocation est de promouvoir la compréhension de l’autre, tout en apprenant également à mieux se connaître personnellement. 

Bon été à toutes et à tous et soyons prudents. La vie est belle !