S.O.S. d’un Julien en faiblesse

CHRONIQUE / Mardi, j’ai perdu connaissance dans les toilettes du Carrefour Racine.

Parlez-moi d’une accroche solide !

Cette semaine, question de me ridiculiser un peu après m’être vanté de mener la campagne de survie du journal, j’ai décidé de vous raconter mes péripéties de chocs vagaux.

Un vaccin : je m’évanouis.

Une prise de sang : je m’évanouis.

Une petite chirurgie d’un jour : je m’évanouis trois fois.

Un vaccin pour ma copine : je m’évanouis comme spectateur.

Un retrait de plâtre : je m’évanouis même si on ne m’a pas touché.

Une explication sur une intervention future : je m’évanouis à écouter le docteur.

Je fais des chocs vagaux pour tout et n’importe quoi, et ça ne s’améliore pas, et ce, même si je suis un abonné platine des centres hospitaliers. Il n’y a rien à faire.

C’est comme ça depuis que je suis tout petit... et ça risque de perdurer longtemps, si je me fie à mes quatre chocs vagaux de la dernière semaine, trois pour une biopsie musculaire, l’autre après avoir fait remplacer mon pansement cinq jours plus tard.

Je sais ; c’est pathétique ! Je l’avoue et ne m’en cache pas. Mais je ne contrôle pas ça. Je suis d’ailleurs rendu désensibilisé. Même que je trouve ça drôle, en quelque sorte. Autant en rire !

Certains appellent cela le syndrome de la chemise blanche, en faisant référence à l’uniforme médical ; d’autres attribuent cette réaction corporelle à un stress intense. Pourtant, je ne m’en fais pas plus qu’il faut avec ça. C’est de la routine pour moi.

Avant de poursuivre avec deux anecdotes qui valent la peine d’être lues, je veux simplement y aller d’une petite définition. Le choc vagal est un malaise attribuable à une modification brutale de la tension artérielle. Souvent, il mène à une perte de conscience, mais on arrive parfois à l’anticiper et à rester conscient, quoique mêlé, étourdi et affaibli !

Patient en danger de mort

Pour les anecdotes, allons-y avec la plus savoureuse de toutes.

Je devais avoir 14 ans.

Ce jour-là, j’allais me faire retirer un plâtre après une fracture à l’avant-bras.

Le médecin sort sa petite scie et découpe le plâtre. Ça se passe bien ; il ne me transperce pas le corps avec les dents de sa tronçonneuse aux allures de coupe pizza.

Je retourne alors m’asseoir dans la salle d’attente. Après quelques secondes, j’avertis ma maman. « Je vais faire un choc vagal », dis-je, détaché et en connaissance de cause.

Me voilà qui glisse comme un bonhomme gonflable de Noël pour me laisser choir au sol. Ma mère, aussi habituée que moi, sans panique aucune, me donne une petite gifle sympathique et me brasse quelque peu.

Je reviens aussitôt à mes esprits. On rigole un peu. Puis, on est interrompus. « Code bleu en radiologie. Code bleu en radiologie. »

En deux temps, trois mouvements, les infirmières, matériel de réanimation en main, et les civières arrivent à la dizaine. Ma mère et moi... on rigole encore plus !

Une pauvre dame avait couru jusqu’au secrétariat pour dire que j’avais fait un arrêt cardiaque !

Protocole oblige, je me retrouve aux soins intensifs pour passer une batterie de tests en riant de bon cœur !

Ceci est une histoire vraie et non romancée !

Boule disco

Autre petite anecdote en terminant. Quand je m’évanouis, il m’arrive de rêvasser ou d’imaginer que le fil des événements se poursuit.

Une fois, je m’étais vu sortir de la clinique et embarquer dans la voiture... avant de me réveiller au sol dans le bureau de mon médecin de famille !

Mais la meilleure, c’est quand je me suis vu en train de danser du disco sur la chanson Pied de poule avec une infographie d’arrière-plan digne des années 70, du genre cycle de couleurs en spirale !

Ouh ! C’est un S.O.S. !