Me voilà en pleine action, lors d’une séance de photos un peu organisée, avec Patricia.

Ma gang de cabane

CHRONIQUE / Une seule journée de pêche blanche à l’Anse-à-Benjamin m’a convaincu : je veux une cabane l’an prochain !

Samedi dernier, avec des collègues, des amis et mes parents, nous avons loué deux cabanes et deux tentes, de 8 h à 23 h, pour vivre l’expérience de la pêche blanche une bonne fois pour toutes ! Le tout pour moins de 30 $ par personne. C’est plutôt extraordinaire, non ?

À titre de journalistes, nous avons souvent écrit ou lu des textes sur l’un des loisirs hivernaux par excellence au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

On rapporte toujours l’« esprit de village », l’espèce de « vent fraternel ». Celui que le petit garçon que j’ai déjà été a connu à l’occasion des nombreuses escapades familiales en camping. Vous savez, ce sentiment de joie et de pureté qui te force à saluer les gens que tu croises sur ton chemin, qui te fait jaser avec le voisin, sans raison particulière, qui t’incite à faire des promenades pour zyeuter les autres cabanes, qui t’oblige à jalouser les autres pêcheurs.

Ce que je retiens de mes 13 heures de pêche sur les glaces de la baie des Ha ! Ha ! , c’est le bien-être qui m’a habité. Le bonheur que j’ai ressenti de prendre de grandes bouffées d’air frais, de regarder au large ou vers La Baie, de jaser de tout et de rien, de grelotter un brin, d’espérer avoir une prise, de partager le succès de mes confrères.

Jonathan était bien heureux d’avoir pêché son premier sébastre à vie!

J’ai senti le bonheur d’avoir pris le temps de prendre le temps d’être avec ceux que j’aime, sans pression, librement, de façon authentique ! D’avoir arrêté le temps, ou du moins, de l’avoir ralenti. Le bonheur d’apprécier l’hiver à nouveau.

Quelle liberté que de se trouver dans un petit village rappelant celui des Schtroumpfs, sur la glace, avec un décor époustouflant et bien de chez nous ! Quelle chance avons-nous d’avoir cela à portée de main !

J’étais là avec la plupart de mes meilleurs amis dans la région, dont la majorité sont aussi des collègues à la Maison de la presse, et avec mes parents, descendus de Repentigny, lesquels se mêlent si bien avec mes camarades bleuets, à mon plus grand plaisir.

J’ai pu jaser avec la dernière recrue du journal, Myriam A., comme je n’avais jamais vraiment pris le temps de le faire. J’ai eu le plaisir de rencontrer son copain, Sébastien le sébaste, sur la rue du Sébaste. J’ai pu constater leur amour profond dans les regards complices qu’ils s’échangeaient.

Je me suis aussi retrouvé seul avec le conjoint de ma plus-que-précieuse Patricia – bing, bing, bing ! – et j’ai ainsi confirmé une chimie déjà ressentie lors des quelques soirées en sa présence.

Patricia a volé la morue de son Charles pour avoir l’air d’une grande pêcheuse. Pas question de la laisser s’en tirer ainsi!

C’est grâce à Charles que j’ai connu l’extase suprême, à la première prise du jour. C’était dans ma cabane, donc j’avais du mérite aussi ! Le Prince du Nord est celui qui a offert le plus d’action, ex aequo avec Jonathan. À eux deux, ils ont réussi toutes les prises de la journée, soit un sébaste et une morue chacun.

Eh oui, en 13 heures de pêche intensive, je n’ai rien attrapé, comme 12 des 14 autres participants !

C’est dur pour l’ego de petit gars, d’ailleurs, de n’avoir connu aucun succès, alors que les yeux des autres garçons brillaient de fierté.

J’ai espéré jusqu’à la toute fin, en vain. Par chance, Dominique, et sa délicieuse barboteuse alcoolisée à la fraise, et Marie-Caroline, avec ses jujubes, étaient là pour me rappeler que ce n’était pas ça, l’important. Que l’essentiel, c’était d’être tous ensemble.

Elles avaient raison, même si je garderai un peu d’amertume, et ce, jusqu’au jour où je sortirai un sébaste des eaux saguenéennes.

Photo Le Progrès, Julien Renaud

Un sébaste, oui. Car c’est l’emblème de la pêche blanche, un poisson à l’apparence très singulière !

Ensuite, je viserai le requin.

Il y avait aussi la rayonnante Annie-Claude et son mari, Frédéric, les Brunois, qui partent toujours un peu trop vite.

Il y avait Pascal, le déterminé, qui est resté trois heures debout, immobile, la canne à la main, dans une des tentes.

Il y avait Myriam G., armée de son sourire contagieux et de son habituelle bienveillance.

Il y avait ma grande amie Andréanne, à qui je n’ai presque pas eu le temps de parler, puisque nous régnions chacun dans notre cabane.

Et il y avait Maman et Papa, et leur pouvoir magique d’ajouter au sentiment que j’étais, pour l’instant d’une journée, le petit Julien émerveillé d’autrefois, leur « p’tit homme » de toujours, comme ils ont l’habitude de me surnommer.

Nous avons tellement aimé cette journée à la pêche blanche que nous regardons pour réserver une cabane à nouveau d’ici la fin de l’hiver. Et comme je disais en introduction de chronique, nous rêvons d’avoir notre cabane l’an prochain !

La Cabane de la presse, peu importe sa couleur, sa taille et son rendement de pêche, serait un lieu pour s’arrêter et s’apprécier, pour prendre le temps de se considérer chanceux d’être si bien entouré. Pour admirer ce décor unique. Pour se laisser gérer par le Fjord.

La pêche blanche est majestueuse, tout simplement.

Jonathan, propriétaire temporaire de la cabane 1525, a capturé une morue qui avait le bedon rempli d’oeufs. Elle a perdu ses eaux dans ses mains! Il a ensuite pêché un beau sébaste.

Elle m’a charmé, et je l’ai adoptée.

Essayez-la à votre tour.

Et qui sait, c’est peut-être vous que nous jalouserons sur les glaces l’an prochain !