Le photographe Rocket Lavoie a capté un moment magique à l’arrivée, alors que je ne regardais pas la ligne d’arrivée. Non, je regardais mon amie Marie-Michelle Fortin, comme pour la remercier d’un sourire d’avoir inspiré un tel événement.

Le marathon de la solidarité

CHRONIQUE / Solidarité. Inclusion. Don de soi.

Le supplice qu’ont vécu les 58 coureurs du Marathon partagé de Saguenay doit ressembler à celui que je vis en essayant d’écrire cette chronique.

Eux, ils m’ont poussé, assis bien confortablement dans un fauteuil adapté Kartus, dans la côte de Saint-Jean-Eudes et dans les montées du rang du Fromage (Saint-Martin).

Moi, je dois leur rendre à l’écrit chaque goutte de sueur et toute la générosité dont ils ont fait preuve, me propulsant, dans la joie comme dans la douleur, sur 42,2 kilomètres, de La Baie à Jonquière. Un don de soi qui n’a pas de prix.

Samedi, j’étais l’une des huit personnes à mobilité réduite qui ont pu accomplir l’impensable : un marathon. Nous avions chacun huit coureurs avec nous, deux par relais d’une dizaine de kilomètres. Un des organisateurs a même qualifié les coureurs d’« accessoires » pour les cocoureurs.

Et à l’arrivée, c’est moi qui ai reçu une médaille ; pas eux. Et pourtant !

Voici quelques membres de mon équipe, soit Marie-Ève Brassard, Romane Le Gallou, Benoit Levesque, Yan Lapierre et Marie-Hélène Gilbert, en plus de la coorganisatrice Marie-Ève Larouche, à l’arrière.

Équipe Beaumont

Eux, dans mon cas, ce sont les membres de l’équipe François Beaumont - une inspiration et le regretté ami proche de plusieurs de mes connaissances ; quel hasard et quel signe du destin !

Eux, c’est Mario Morissette, Julien Levesque, Benoit Levesque, Marie-Hélène Gilbert, Romane Le Gallou, Yan Lapierre, Marie-Ève Brassard et Anne-Sophie Potvin.

L’ascension du rang du Fromage a été l’un des défis les plus imposants du Marathon partagé. Sur cette photo, on voit Mario Morissette puiser dans sa réserve d’énergie et Julien... qui semblait en plein contrôle, encore et toujours!

Cette médaille, c’est surtout la vôtre. Et je ne dis pas ça uniquement par culpabilité pour l’effort déployé ; je le dis par reconnaissance ! Merci d’avoir tout donné pour moi !

Mario a bien résumé la chose : « Grâce à toi, j’ai dépassé mes limites.

– Grâce ou à cause, ai-je rétorqué.

– Grâce, a-t-il insisté. »

Mario a même fini la gueule en sang tellement il a tout donné !

Julien Levesque, lui, a fait pratiquement la distance au complet et avant chaque montée, il apparaissait pour donner un coup de pouce aux deux coureurs du relais en cours. Parfois, ils devaient se mettre à trois pour me livrer au haut de la nouvelle montagne. C’était « la Machine ».

Benoit, lui, « le plus vieux du peloton », m’a fourni l’explication du caractère surhumain de son fils... Julien ! Le père, comme le garçon, a livré une performance impressionnante.

Marie-Hélène, elle, je pense qu’elle s’est surprise elle-même. Avec son grand sourire, elle a répété à maintes reprises : « Laisse-le-moi ! » Elle a même rembarqué dans le peloton pour la quatrième étape.

Les quatre coorganisateurs, Donald Dubois, Marie-Ève Larouche, Romane Le Gallou et Dave McMullen, ont donné quelques consignes avant le départ, donné au quai d’escale de La Baie. La mairesse de Saguenay, Josée Néron, était présente pour encourager les participants.

Romane, elle, était l’une des quatre organisateurs, avec Dave McMullen, Donald Dubois et Marie-Ève Larouche. Une équipe de feu qui a livré une première édition flirtant avec une note parfaite. Une performance à la hauteur de celle de ma coureuse presque trop rapide !

Yan, lui, a dû renoncer à son défi personnel de ne pas avoir besoin de Julien en back-up. Et tant mieux, puisqu’il a peut-être ainsi réservé l’énergie nécessaire pour un petit sprint dans les derniers mètres, nous permettant de rallier la ligne d’arrivée en premiers !

Cela dit, ce n’était pas une course ; c’était un « travail d’équipe », a dit Gilles Plourde, celui avec qui j’avais réalisé ma première course partagée, en avril, à Kénogami ! Ces sages paroles, il les a prononcées alors qu’il venait prêter main-forte à mon équipe ; lui étant attitré à un autre cocoureur.

Revenons à mon équipe.

Christine Thibeault a adoré son expérience, m’a-t-elle confié dans les derniers kilomètres de la course.

Marie-Ève, elle, a dit à Julien – pas moi, l’autre – que c’était « son idole », se confondant en excuses d’avoir besoin de son aide. Et pourtant, elle a fait sa part et a couru sans problème son 10 kilomètres, ce qui est impressionnant en soi. C’est plus au niveau des bras qu’elle a atteint sa limite, son bébé dans la poussette pesant 200 livres de plus que celui qu’elle a l’habitude de transporter !

Anne-Sophie, elle, a fait une petite sortie de route bien sympathique, laquelle m’a simplement fait sourire. Toi aussi, tu m’as touché par ta générosité et ta joie de vivre ! Une vraie fille d’équipe !

Tous ensemble, vous m’avez permis d’accomplir l’impensable. Vous m’avez fait vivre les émotions qui stimulent tant l’inspiration de cet événement, la multiple marathonienne et détentrice d’un record Guinness de course partagée, Marie-Michelle Fortin. Une ambassadrice pour le fauteuil Kartus, un équipement d’exception conçu à Sherbrooke.

J’étais très heureux de rencontrer Marie-Michelle Fortin, avant le départ à La Baie, n’ayant eu que des échanges sur les réseaux sociaux avec celle que je peux maintenant qualifier d’« inspiration ».

Grâce à...

Les paroles « À cause, à cause, à cause » de Céline Dion n’avaient pas leur place au Marathon partagé. C’était plutôt « Grâce à, grâce à, grâce à » !

Ainsi, grâce à vous, j’ai vécu par procuration la montagne russe d’émotions de la course longue distance, crispant le visage sans raison dans les côtes quand je vous entendais forcer comme jamais et lâchant une longue expiration une fois au sommet ! Et en écrivant ces lignes, j’ai l’impression de revivre chaque seconde de cette expérience inestimable.

Me voilà avec les organisateurs, le concepteur du Kartus et les partenaires de l’événement

Grâce à vous, j’ai passé la ligne d’arrivée, le bras en l’air, en souriant à Marie-Michelle, à mes côtés ! Le photographe Rocket Lavoie a capté ce moment magique à l’arrivée, alors que je ne regardais pas la ligne d’arrivée. Non, je regardais ma nouvelle amie, comme pour la remercier d’un sourire d’avoir inspiré un tel événement.

Grâce à vous, nous avons sensibilisé les Saguenéens croisés en chemin aux valeurs d’inclusion et de générosité.

Grâce à vous, nous nous sommes sentis inclus et pas si différents pendant quatre heures et demie.

Marie-Michelle était tout sourire à l’arrivée, alors qu’elle a pris une photo avec quelques membres de son équipe.

Grâce à vous, Patrice Imbeau, Christine Thibeault, Claudia Duchesne, Éli-Jeanne Tremblay, Pierre-Luc Gauthier, Marie-Michelle Fortin et moi avons réalisé l’irréalisable !

Grâce à la vingtaine de bénévoles, aux étudiants en éducation spécialisée et aux organisateurs, nous avons eu une expérience sans « aucune épine », comme l’a souligné Marie-Ève Larouche dans le trajet du retour.

Grâce à dame Nature, nous avons pu profiter pleinement des beaux paysages saguenéens, en plus de sentir un petit vent frais bienvenu.

Grâce à nous, vous avez compris les défis quotidiens de la mobilité réduite, surtout les organisateurs, quand ils ont constaté l’inaccessibilité des toilettes de la Zone portuaire de Chicoutimi, une mauvaise surprise qui a vite été corrigée, mais qui leur est restée en tête. « On ne réalise pas à quel point vous devez vous buter à des incohérences dans votre quotidien », m’a lancé la très sympathique Marie-Ève.

Grâce à nous, vous avez oublié les chronos pour donner « un sens nouveau » à votre course.

Mon amie Claudia Duchesne, première à l’avant, a mené une bonne partie de la course, mais je l’ai dépassée avant l’arrivée ! Évidemment, il n’y avait pas de gagnants et de perdants, mais nous nous sommes agacés durant la course ! D’ailleurs, bravo pour ta préparation, Claudia !

Tous ensemble

Tous ensemble, les quelque 50 coureurs et les huit cocoureurs se sont donné une bonne leçon : la force de la solidarité.

Le but commun était de relever le défi, peu importe comment. Ça s’est fait dans la bonne humeur, sous un soleil radieux, avec des paysages à couper le souffle.

Tous ensemble, nous avons dit « Merci ! » au concepteur des Kartus, Philip Oligny, présent pour assister à cette première.

Tous ensemble, nous avons démontré qu’une course inclusive était possible, puisque l’événement servait de projet pilote pour Les Courses partagées du Québec, un organisme qui aimerait voir des exploits semblables aux quatre coins de la province.

Tous ensemble, nous avons fait naître ce qui pourrait devenir une nouvelle tradition régionale, au Royaume des saines habitudes de vie et de la solidarité.

Gilles Plourde a propulsé Patrice Imbeau. Avec son fils, Marc-Antoine, nous avions complété une course du circuit régional de cinq kilomètres en avril, à Kénogami. Bien heureux de l’avoir revu... et d’avoir discuté de l’importance de notre journal régional!

À l’an prochain

Le Marathon partagé de Saguenay reviendra l’an prochain, ont promis les organisateurs, qui ont pu remettre, grâce aux partenaires de ce succès, un fauteuil de course adaptée au Centre de réadaptation en déficience physique de l’hôpital de Jonquière.

L’an prochain, j’y serai avec plaisir ! Et vous, les coureurs ?

« Oui ! »

Yan Lapierre a effectué un impressionnant sprint à la fin afin qu’on rallie le fil d’arrivée au premier rang. Ce n’était pas nécessaire pour l’honneur, mais plutôt pour la photo !

Actualités

«Je vais y aller à mes risques et périls»

CHRONIQUE / « Quand j’arrive à une intersection, j’écoute le trafic pendant quelques minutes pour savoir quand je peux traverser, explique Katia Deschênes, une personne malvoyante de Saguenay, alors que nous sommes à l’intersection la plus achalandée de Chicoutimi, au croisement du boulevard Talbot et du boulevard de l’Université, pour illustrer cette chronique.

– N’y allez pas, Katia, dis-je.

Bleuet adapté

Des appuis de plus en plus concrets

CHRONIQUE / Les bottines suivent les babines.

Depuis l’annonce des problèmes financiers de Groupe Capitales Médias (GCM), une immense vague de soutien a déferlé au Saguenay–Lac-Saint-Jean, comme dans les cinq autres régions couvertes par les quotidiens de notre groupe de presse.

Bleuet adapté

La tradition Lambert

CHRONIQUE / La famille Lambert se réunit chaque année à la fête du Travail, mais aussi à Noël, à Pâques, à la fête des Pères, en février et en novembre, entre autres. L’affluence varie d’une trentaine à une centaine de personnes! Eh oui! Et on prend le temps de chanter «Bonne fête» à tous ceux qui ont vieilli depuis le dernier rassemblement! C’est beau, n’est-ce pas?

La tradition Lambert, c’est un legs de Daddy et de Grand-Maman Lambert, qui nous ont malheureusement quittés dans les dernières années.

Chroniques

L’information, un bien collectif

CHRONIQUE / Le gouvernement provincial a raison : il est impensable de laisser mourir une grande part de l’information régionale. Maintenant, il revient à la population de se mobiliser pour défendre l’importance du journalisme, entre autres en appuyant les démarches pour assurer une survie à plus long terme.

Lundi, un prêt de cinq millions $ a été accordé par le gouvernement caquiste aux journaux de Groupe Capitales Médias (GCM). Une excellente nouvelle pour le bien collectif.

Bleuet adapté

La leçon des punks, prise 2

CHRONIQUE / Victoriaville a une leçon à vous donner. Le festival Rock La Cauze est un exemple en matière d’accessibilité et d’inclusion. Leçon estivale des punks numéro 2.

En juin, j’ai signé une chronique sur l’absence de jugement qui me surprend et me fait un bien fou, année après année, au Rockfest, devenu Montebello Rock. « Le temps de deux ou trois jours, chaque année, au mois de juin, je me sens libre d’être indifférent du regard des autres. [...] Souvent perçus comme des monstres, les punks et les métalleux ont cette faculté qui n’est pas vraiment mienne de s’en foutre des autres ; et je m’y plais », écrivais-je.

Bleuet adapté

Dominic veut une chance équitable

CHRONIQUE / Et si on appliquait le principe du handicap dans la vie comme au golf?

Selon Golf Canada, le handicap permet «à des joueurs de niveaux d’habiletés différents de participer à des compétitions les uns contre les autres sur une base équitable».

Bleuet adapté

Ressemblez- vous au Bleuet moyen ?

CHRONIQUE / Il y a cinq ans, à une journée près, l’ex-collègue Katerine Belley-Murray signait un reportage sur le portrait du Bleuet moyen. J’avais trouvé l’idée originale, si bien qu’elle m’est restée en tête. Cette semaine, je suis retourné voir la date de publication, en recherche d’un sujet pour ma chronique hebdomadaire. Cinq ans presque jour pour jour ! Le suivi est justifié; je vais courir m’acheter un billet du 6/49... après avoir fini mes recherches et mon texte !

Alors, le portrait statistique de cet « individu moyen » est-il semblable, cinq ans plus tard ?

Bleuet adapté

Un enfant entre meilleurs amis

CHRONIQUE / Seriez-vous prêt à avoir un enfant avec votre meilleur ami ou votre meilleure amie ?

J’ai eu une discussion franchement intéressante avec une amie très proche au cours des dernières semaines. Depuis, cette question me revient en tête assez fréquemment merci !

Bleuet adapté

Bientôt un marathonien

CHRONIQUE / Le 24 août, je compléterai mon premier marathon... en fauteuil Kartus!

Une nouvelle initiative particulièrement prometteuse, le Marathon partagé du Saguenay, voit le jour, inspirée par la Chicoutimienne Marie-Michèle Fortin, qui rayonne à l’international depuis qu’elle participe à bon nombre de marathons, propulsée par l’ultramarathonien Sébastien Routhier et cette chaise adaptée made in Sherbrooke.

Bleuet adapté

La leçon des punks

CHRONIQUE / Et si on se jugeait un peu moins ? Et si on oubliait un instant notre reflet dans le miroir, et surtout, notre reflet dans les yeux des autres ?

Je reviens de mon quatrième Rockfest ou, devrais-je dire, de mon premier Montebello Rock. Peut-être êtes-vous aussi surpris que la majorité des gens à qui je dis que je fais six heures de route pour aller voir les meilleurs groupes rock, punk et métal. Oui, moi, le petit journaliste hypersensible et qui écoute aussi La Voix.

Bleuet adapté

Lionel, je t’aime!

CHRONIQUE / Ça fait sept mois que je vis avec mon « bébé garçon chien », comme je l’appelle affectueusement et ridiculement. Son vrai nom, c’est Lionel. Pourquoi ? Parce que c’est beau, tout simplement, même si ma mamie paternelle aurait préféré que j’opte pour Boule noire.

Chaque semaine, je vous dévoile de petits traits de personnalité ou des facettes de ma vie personnelle, à l’occasion de notre rendez-vous hebdomadaire, parfois indirectement, par le sujet choisi ; d’autres fois, sans détour, comme une mise à nu. Vous savez ainsi que je suis en processus d’adoption, que j’ai une phobie des clowns, que je joue avec abus à NHL19 au Xbox, que je vis avec un handicap et que j’aime la galette des Rois. Mais je n’ai jamais écrit, ne serait-ce qu’un seul petit mot, sur celui avec qui je partage désormais ma vie, ma demeure, mes temps libres, mes toutous, l’attention de mes proches... et mes souliers, une obsession qui semble s’être transmise de père en fils.

Bleuet adapté

Ka Jonquière séniyandi!

CHRONIQUE / À Jonquière ou à Missirah, au Sénégal, ramasser un sac de déchets à la fois, c’est le début de quelque chose de grand.

J’étais heureux, mercredi, de lire le texte de ma consoeur Mélanie Côté sur des jeunes de Jonquière qui nettoient leur environnement dans leurs temps libres. Ça me donnait un contexte pour vous parler d’une initiative inspirante de mes amis sénégalais, dont je ne suis pas peu fier et avec qui je garde des contacts quasi quotidiens. Mais d’abord, je me dois d’applaudir Jérôme Samson, Alexandre Richard et Simon Larouche d’avoir amorcé un mouvement, aussi petit soit-il, pour le bien-être de leur milieu de vie.

Bleuet adapté

Malfrat de l’inukshuk

CHRONIQUE / Je me sens comme un adolescent qui se pousse du casse-croûte sans payer sa poutine. J’ai à la fois la honte et l’excitation dans le tapis. Pourtant, je ne pense pas qu’il y ait quoi que ce soit d’illégal dans le fait d’empiler des pierres.

J’ai une obsession, que j’ose qualifier de « stupide », pour les inukshuks disposés aux abords de la route 175. Ces petites statues, que l’on voit, entre autres, aux kilomètres 118, 125, 126, 131, 138, 214 et 215 de la Réserve faunique des Laurentides, m’ont toujours fasciné. Oui, j’ai répertorié leur présence – partiellement.

Bleuet adapté

Sur une lancée!

CHRONIQUE / Mon sport préféré, lorsque je n’étais pas à mobilité réduite, c’était le tennis. Mais voilà que j’ai enfin trouvé mon sport adapté préféré : le parapickleball ! Et ce, même si j’en paie encore le prix, une semaine après m’y être initié. Des fois, souffrir un peu plus qu’à la normale, ça vaut la peine – ou plutôt la joie.

Deux ans et demi après avoir été contraint d’arrêter subitement le tennis, mon passe-temps numéro 1, j’ai ressenti de nouveau le plaisir de frapper une balle ; la satisfaction de doser puissance et précision ; l’euphorie de réussir un coup sur la ligne ; et la liberté de m’abandonner au sport.

Bleuet adapté

4 questions indiscrètes; 4 réponses franches

CHRONIQUE / « Si je suis certes lourdement handicapée et que j’ai des problèmes majeurs de locution, ma vie est loin de se résumer qu’à ces aspects. »

Brigitte Perreault m’a écrit cela après la publication d’une récente chronique sur le maintien à domicile, dans laquelle je faisais référence à un témoignage écrit qu’elle m’avait remis.

Julien Renaud

Cyberathlète? Pas tellement!

CHRONIQUE / J’ai battu le premier au monde à NHL, au Xbox, et j’ai établi un record de patinage de vitesse sur courte piste aux Jeux olympiques. Je suis un peu comme les deux Samuel Girard en même temps. D’ailleurs, comme eux, je m’entraîne plusieurs heures par semaine. Mais dans les faits, je ne m’entraîne pas ; je joue. Et je suis bien loin d’être un athlète...

Il y a quelques jours, j’ai vécu l’angoisse du jour J. Après des heures de dévouement, des semaines ponctuées de victoires et de défaites, j’étais là où j’avais rêvé d’être. C’était l’heure de la finale de la Coupe Stanley.

Bleuet adapté

Soutien à domicile: préposés en voie d’extinction

CHRONIQUE / « Souffrant d’épuisement, ma préposée évoque de plus en plus l’éventualité de démissionner à son tour, ce qui, il va sans dire, me cause beaucoup d’anxiété. [...] Je n’ai réussi à recruter aucun nouveau personnel depuis plus d’un an. »

Ce témoignage est celui de Brigitte Perreault, une femme lourdement handicapée et qui n’a pas de réseau social sur lequel se rabattre. Brigitte, qui habite à Chicoutimi, dépend de l’aide de préposés pour ses activités quotidiennes et domestiques, autant pour se laver que pour l’entretien ménager ou la préparation des repas.

Julien Renaud

Ma première course partagée

CHRONIQUE / La fébrilité du départ, la pression, l’effet d’entraînement, la chaleur des applaudissements, l’adrénaline et la satisfaction du défi accompli ; grâce au Fonds de dotation santé Jonquière, au Centre de réadaptation en déficiences physiques (CRDP) et à l’Association régionale de course sur route du Saguenay–Lac-Saint-Jean, j’ai pu revivre l’euphorie de participer à une course, dimanche matin. Un bonheur qui, pour moi, s’est accompagné d’une dose de nostalgie et qui a pansé un deuil inachevé.

J’ai eu la chance d’être le premier participant au projet de course d’intégration en duo, lequel entend jumeler un usager du CRDP et un coureur pour 12 courses de la Coupe Autocar Jeannois. Cette initiative est possible grâce à L’Autre Défi, dont les profits ont permis l’achat d’un fauteuil spécialisé de course Kartus MKII, conçu à Sherbrooke. La septième édition, le 7 juin, pourrait déboucher sur une seconde acquisition, si la demande le justifie.

Bleuet adapté

Véronique, la «Super patiente»

CHRONIQUE / Après les super infirmières, place aux super patients ! Patiente partenaire, patiente cochercheuse, patiente coach, patiente experte, patiente standardisée, patiente de simulation, patiente principale, patiente formatrice, patiente visiteuse ; Véronique Sabourin, multimalade chronique de naissance, redonne à sa communauté et contribue à l’amélioration continue, à la personnalisation et à l’humanisation des soins de santé. Elle participe même à une étude pancanadienne et prévoit compléter une maîtrise axée sur la collaboration et le partenariat patient.

Corticodépendante et malade pulmonaire obstructive chronique, entre autres troubles de santé, Véronique Sabourin est membre du groupe de recherche V1SAGES, lequel a pour mission de « mieux soigner les patients aux besoins complexes. » La seule patiente experte du Saguenay–Lac-Saint-Jean collabore notamment avec les chercheuses Catherine Hudon et Maud-Christine Chouinard. Et pour des malades chroniques comme l’auteur de ces lignes, elle peut être présentée comme un modèle de prise en charge de sa santé et d’implication citoyenne. La volonté de demeurer active et de contribuer l’emporte sur la souffrance quotidienne. Une philosophie que je partage.

Bleuet adapté

Yeux fermés, crâne rempli

CHRONIQUE/ À l’école, j’aurais aimé...

Je vous invite à faire l’exercice auquel je me suis soumis lundi, après une visite que je qualifierais de marquante au Musée canadien de l’histoire de Gatineau.

Bleuet adapté

La santé mentale, l’affaire de tous

CHRONIQUE / J’écris souvent que par ma chronique hebdomadaire, je souhaite servir de porte-voix pour les individus ou les organisations qui agissent dans l’ombre. Ma main tendue a été attrapée par l’Association des ressources alternatives et communautaires en santé mentale du Saguenay–Lac-Saint-Jean (ARACSM-02). Lumière, donc, sur un regroupement d’organismes qui propose un encadrement 360 degrés et dont les services sont issus des besoins du milieu.

La semaine dernière, j’ai rencontré Andréa Simard, coordonnatrice de l’ARACSM-02, Caroline Dubé, présidente du conseil d’administration et directrice du centre L’Escale, Sylvie Dassylva, directrice générale du centre Le Phare, et Kathy Manning, intervenante responsable de la maison d’hébergement L’Amarrée, là où l’entrevue s’est tenue.

Bleuet adapté

J’aurais dû, ben dû, donc dû

CHRONIQUE / Je vais mettre mon gilet pare-balles et m’aventurer sur la délicate question des assurances voyage, dans la foulée du reportage que j’ai signé cette semaine sur le Baieriverain Alain Lalancette.

«Sérieusement, un homme au lourd passé médical qui sort du pays non assuré... et on essaie de nous faire pleurer. No way

Bleuet adapté

«Faire vivre des réussites»

CHRONIQUE / Place à la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle ! Et il n’y a pas de meilleure façon de souligner l’événement, qui s’étend du 17 au 23 mars, qu’en présentant un organisme qui, par ses activités, « fait vivre de belles réussites » à des personnes vivant avec une déficience intellectuelle et/ou physique.

Il y a quelques semaines, j’ai reçu un courriel de Karine Boisvert, directrice générale de l’Association pour la promotion des droits des personnes handicapées de Jonquière (APDPH). Elle souhaitait que je parle de l’organisme communautaire, que je témoigne de son importance auprès d’une clientèle dans le besoin, que je serve de « porte-voix », pour reprendre mes propres mots, pour une cause à laquelle je suis évidemment bien sensible, le handicap.

Julien Renaud

Mon deuxième anniversaire de handicap

Cette chronique aurait pu avoir mille titres, et voici quelques-uns des finalistes: «Il y a de quoi fêter», «Résilience obligée», «Accepter l’inconnu», «Julien est heureux», «Une armée avec moi», «Je peux enfin respirer», «Combat à finir contre le système», «Être malade, c’est pour les riches». J’ai plutôt opté pour le simple de tous, celui qui les regroupe tous.

Je suis dans mon bain, mais pas vraiment pour me laver. J’y suis, car c’est mon lieu d’inspiration par excellence pour mes écrits plus personnels et mes billets d’humeur. Probablement parce que j’y suis seul avec mes pensées, obligé de trouver les mots avant de souffrir d’hypothermie.