Andréa Simard, coordonnatrice de l’Association des ressources alternatives et communautaires en santé mentale du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Sylvie Dassylva, directrice générale du centre Le Phare, et Caroline Dubé, présidente du conseil d’administration de l’ARACSM-02 et directrice du centre L’Escale, souhaitent faire connaître l’éventail de services que proposent les organismes membres.

La santé mentale, l’affaire de tous

CHRONIQUE / J’écris souvent que par ma chronique hebdomadaire, je souhaite servir de porte-voix pour les individus ou les organisations qui agissent dans l’ombre. Ma main tendue a été attrapée par l’Association des ressources alternatives et communautaires en santé mentale du Saguenay–Lac-Saint-Jean (ARACSM-02). Lumière, donc, sur un regroupement d’organismes qui propose un encadrement 360 degrés et dont les services sont issus des besoins du milieu.

La semaine dernière, j’ai rencontré Andréa Simard, coordonnatrice de l’ARACSM-02, Caroline Dubé, présidente du conseil d’administration et directrice du centre L’Escale, Sylvie Dassylva, directrice générale du centre Le Phare, et Kathy Manning, intervenante responsable de la maison d’hébergement L’Amarrée, là où l’entrevue s’est tenue.

Ces quatre intervenantes désiraient présenter les services existants, dans la foulée d’un reportage – que j’ai signé le 10 mars – sur le collectif Citoyens pour l’amélioration du système de santé mentale au Québec, lequel réclamait des centres de crise en régions. Elles ont pris conscience d’une certaine méconnaissance de l’offre au Saguenay–Lac-Saint-Jean et ont voulu y remédier, pour le bien des personnes en besoin.

Rapidement, elles m’ont fait saisir que l’ARACSM est un exemple de concertation et de la force du nombre. L’association regroupe 17 organismes membres, et chacun y joue un rôle complémentaire. Les services sont variés, nombreux et ciblés, allant de lits de crise à des groupes d’autogestion des soins, en passant par des thérapies en hébergement et de la réinsertion à l’emploi.

Pour dire les choses en peu de mots: l’offre est aussi large que la clientèle.

Car la santé mentale a le spectre large; elle va du deuil à l’épuisement professionnel, autant que des problèmes de toxicomanie à la schizophrénie.

Info-Social et lits de crise

Saviez-vous que le meilleur réflexe, en cas de troubles de maladie mentale, est de contacter Info-Social 811? Le service de consultation téléphonique dispose d’une ligne permettant de joindre rapidement un professionnel en intervention psychosociale. Les intervenants sont accessibles 24 heures sur 24 et ont pour mandat de bien orienter la population vers les services disponibles. L’ARACSM-02 peut aussi vous orienter vers les bonnes ressources.

«Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, il y a six lits de crise sur le territoire (Alma, Chicoutimi, Dolbeau-Mistassini, Jonquière, La Baie et Roberval) et 45 lits transitoires. Les lits de crise sont dans des centres d’hébergement ouverts 24 heures par jour, sept jours par semaine», informe Andréa Simard.

Il y a six lits de crise comme celui de la maison d’hébergement L’Amarrée au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Est-ce assez? «Je ne suis pas convaincue que c’est suffisant pour répondre aux besoins, répond Sylvie Dassylva. Parfois, on est obligés de refuser des gens, car tous les lits sont occupés. Je pense que la région aurait besoin de deux ou trois lits de plus. Un centre de crise, c’est coûteux. Je pense que c’est préférable d’utiliser les ressources en place, dont le personnel est déjà formé.»

La maison d’hébergement L’Amarrée possède l’un de ces lits. Une personne peut être dirigée via Info-Social, le réseau de la santé ou des organismes. «Les gens peuvent être ici pendant sept jours. C’est gratuit, et ils sont logés, nourris et accompagnés, surtout, par nos intervenants. Après sept jours, on peut les référencer, au besoin, dans un lit d’itinérance, un centre de réadaptation, un centre de jour, un lit pour 50 ans et plus, un appartement supervisé ou n’importe quel autre service», détaille Kathy Manning.

Continuum de services

Et c’est là que réside la force d’un continuum de services. L’ARACSM oriente la personne vers la ressource qui correspond à son profil et à ses besoins.

«La mixité des services fait qu’on touche toutes les facettes de la santé mentale, que ce soit un isolement, un deuil, un trouble de l’attention ou une maladie diagnostiquée. Nous avons même des groupes d’autogestion. Il faut passer le message que c’est pour tout le monde », fait valoir Caroline Dubé.

Le travail de sensibilisation et de démystification est un combat de tous les jours. La santé mentale est souvent mal perçue, voire banalisée. Néanmoins, le temps fait son oeuvre, et les gens ont plus tendance à aller cogner à la porte des organismes. «On ressent que l’espoir de bien fonctionner est beaucoup plus présent, ce qui est très positif», note la présidente du conseil d’administration de l’ARACSM-02.

«Il y a beaucoup de chemin qui a été fait, mais il en reste beaucoup à faire aussi», ajoute Sylvie Dassylva.

Outre la sensibilisation, le financement, la rétention du personnel et la connaissance des services figurent au sommet des enjeux avec lesquels compose l’ARACSM-02.

Alternatives à l’hôpital

«Ce que l’on propose, c’est un milieu de vie. Certains n’ont jamais eu un chez-soi. Les résultats sont excellents, résume Sylvie Dassylva. J’ai beaucoup d’admiration pour les gens qui se reprennent en main. Je dis toujours: ‘‘ Toi, tu as travaillé fort. Nous, nous sommes justes à tes côtés.’’ Il y a tellement d’étapes et de cheminement à faire avant la ligne d’arrivée de la réadaptation.»

Et André Simard relance: «Je peux comprendre que c’est plus accueillant et confortable pour des personnes d’aller dans des maisons d’hébergement, plutôt qu’à l’hôpital et dans des départements psychiatriques, d’où le terme ‘‘ressources alternatives’’ dans notre nom. »

Parmi les autres services et autres champs d’action de l’ARACSM, lesquels sont bien identifiés et détaillés sur le site Internet de l’association, figurent la prévention du suicide, le maintien des acquis, la réinsertion socioprofessionnelle, le placement à l’emploi, les plateaux de travail, le soutien au logement, l’intégration sociale, l’École nationale d’apprentissage par la marionnette (ÉNAM), les troubles alimentaires, la délinquance sexuelle et les pairs aidants, qui partagent leur vécu dans un contexte d’accompagnement, de motivation et d’amélioration continue des soins. Julien Renaud