La Capitale, iA et la Clinique d’esthétique R & M se sont dotées d’une rampe.

La Baie, remercie les croisiéristes !

Par définition, un handicap est une limitation dans l’accomplissement d’activités courantes ou l’exercice d’un rôle social. Ainsi, le handicap se définit par la relation d’une personne avec son environnement. Saguenay est-elle suffisamment adaptée et accessible pour favoriser l’accès aux services et la pleine participation à la vie de la communauté ? Ou, à l’opposé, les barrières culturelles, physiques et sociales y sont-elles trop nombreuses ? Le journaliste et chroniqueur Julien Renaud, qui se déplace en fauteuil roulant motorisé, a parcouru les artères principales de la ville pour établir un portrait de la situation par arrondissement. Après Chicoutimi et Jonquière, au tour de La Baie ! 3 de 3

CHRONIQUE / La Baie, je m’attendais à pire ! Les boutiques et restaurants de ton centre-ville sont concentrés dans des maisons qui ne datent pas d’hier, et tu manques parfois d’amour. Mais j’avais sous-estimé l’effet croisières ! Les nouvelles constructions ont été bien pensées et les vieux commerces ont tenté de devenir accessibles tant bien que mal pour profiter de la clientèle touristique ! Ne célèbre pas trop, tout de même, puisque l’arrondissement champion, c’est Chicoutimi ! Dire que je pensais avoir touché le fond dès la première chronique !

Bulletin final : 45 %

J’ai roulé quatre heures dans les rues principales de La Baie, mardi, sous la pluie. J’ai ainsi parcouru les rues Bagot, Albert, Victoria et Mars, de même qu’une portion de la 6e Avenue, en plus d’aller noter les points d’intérêt majeurs de l’arrondissement.

Cette case de stationnement du Centre communautaire de La Baie, qui est entourée de bordures en béton, est trop étroite pour y déployer une rampe.

Après des scores finaux de 63/122 (52 %) à Chicoutimi et de 58/167 (35 %) à Jonquière, La Baie obtient une note au bulletin de 45 %, avec 41 commerces accessibles sur les 92 visités.

Je rappelle, une fois de plus, que pour considérer un établissement accessible, j’utilise l’unique critère de ma capacité à pénétrer dans l’enceinte, même si je dois ouvrir la porte moi-même et si je dois faire un petit saut en fauteuil par-dessus un seuil pas trop prononcé.

Plusieurs commerces baieriverains sont dans l’enceinte d’anciennes maisons ou même de duplex. Inévitablement, il y a des marches!

Si on inclut le critère de l’ouverture automatique des portes, la note baisse à 8 %, un résultat quasi identique dans les trois arrondissements.

Là où La Baie se démarque, c’est du côté de ses restaurants, avec un taux de succès de 85 %, contrairement à 21 % à Jonquière et à environ 60 % à Chicoutimi. Même le Restaurant Opia, au coeur d’une maison patrimoniale, a fait l’effort d’aménager une rampe à l’arrière et une toilette au rez-de-chaussée.

Voilà l’une des plus grandes absurdités de ma tournée! Ce commerce a sorti le chéquier pour aménager une magnifique rampe, mais le seuil de la porte est beaucoup trop haut!

Comme je l’indiquais en ouverture de cette troisième chronique, l’effet croisières se fait sentir à La Baie. Prenons l’exemple du Bistro Victoria, lequel est accessible par des portes avec ouverture automatique, tout comme son bar laitier. Même pour les toilettes situées au second étage, une rampe a été aménagée.

Les commerces du secteur du quai d’escale ne sont toutefois pas parfaits. Bien que j’ai pu y pénétrer en fauteuil roulant motorisé, le Marché général du quai et Au Pavillon noir n’ont pas de boutons pour faciliter l’entrée aux personnes à mobilité réduite.

Comme dans les deux autres arrondissements, la problématique des seuils de porte trop prononcés est répandue à La Baie.

Je termine le volet commerces avec un coup de gueule à Desjardins, dont la succursale de La Baie visitée n’a pas de bouton, comme ce fut le cas d’autres caisses dans les arrondissements précédents. On s’entend que Desjardins a pourtant les moyens de montrer l’exemple...

Bureau d’arrondissement : presque !

La saga des bureaux d’arrondissement se poursuit ! Après le trop grand nombre de portes à ouvrir soi-même à Chicoutimi et le bâtiment aucunement accessible à Jonquière, j’ai cru que celui de La Baie allait sauver la face de la Ville ! De l’extérieur, tout semblait au point : une porte sans seuil avec un bouton. Je pèse et entre dans le vestibule... pas de bouton pour la seconde porte ! Franchement, vous étiez si près du but !

Plusieurs commerces baieriverains sont dans l’enceinte d’anciennes maisons ou même de duplex. Inévitablement, il y a des marches!

Restons dans le camp municipal. L’infrastructure du quai des croisières obtient un A+, avec des boutons jusqu’aux toilettes, ce qui est très rare.

Les parcs et les arénas sont aussi bien aménagés, tout comme le Théâtre du Palais municipal.

O’Gelato & Cacao, située tout près du pavillon des croisières, est accessible.

Les mauvais coups sont la bibliothèque (pas de bouton) et le Centre communautaire (pas de bouton, stationnement trop étroit).

Parmi les points d’intérêt, le Vieux Théâtre est un échec ; le Musée du Fjord, un exemple ! J’y ai été accueilli avec gentillesse. On m’a expliqué les efforts d’adaptation, dont l’élargissement de la case de stationnement et l’aménagement de la salle multimédia afin que deux personnes en fauteuil par représentation puissent découvrir le fjord autrement. Le Musée de la Défense aérienne, lui aussi, est accessible, à l’exception de la visite du site, qui se fait en autobus.

Les propriétaires du Restaurant Opia ont fait aménager une rampe à l’arrière.

Concernant les autres services, j’ai vécu un sérieux malaise au bureau de la SAAQ. L’entrée avant comporte quelques marches ; à l’arrière, il y a une porte sans bouton et un seuil juste un peu trop prononcé. J’ai tenté à deux reprises de le franchir, dont une fois de reculons, sans succès. L’employé a observé la scène, impuissant.

Aussi, le Carrefour jeunesse-emploi et la Maison des familles ne sont pas accessibles, ce qui est malheureux. Le Service des aides familiales, lui, remplit mon critère unique. Enfin, le bureau de Postes Canada, les églises, le bâtiment de Services Québec, le CLSC et l’hôpital obtiennent la note de passage.

Mention honorable au Centre dentaire La Baie, qui m’a fait sourire avec sa belle rampe!

Conclusion

Trois semaines, 18 heures de déplacements parfois périlleux, des douleurs aux épaules et au coccyx, beaucoup de déceptions et quelques surprises plus tard, cette série de chroniques prend fin avec des scores de 52 % à Chicoutimi, de 45 % à La Baie et de 35 % à Jonquière. Le total pour Saguenay est ainsi de 43 %.

Un élévateur a été aménagé à la glace Jean-Claude Tremblay pour que les gens en fauteuil roulant puissent apprécier le spectacle.

Je retiens aussi des aberrations extrêmes en matière de services publics, particulièrement sur la sphère municipale, avec un hôtel de ville et trois bureaux d’arrondissement trop difficiles d’accès. J’espère que l’administration municipale aura entendu mes doléances et que la mairesse Josée Néron acceptera ma demande d’entrevue sur le sujet. Je pense que les corporations des centres-villes doivent jouer un rôle pour sensibiliser les commerçants et pour lancer un vaste chantier d’adaptation. Certaines solutions à moindre coût sont possibles, et je reviendrai avec une chronique à ce sujet dans les prochaines semaines.

Le restaurant L’Orphée n’est pas accessible en raison de la présence de deux marches.

Enfin, un grand merci à tous les propriétaires qui sont sortis de leur commerce pour discuter avec moi et à tous les lecteurs qui m’ont envoyé leurs bonnes et mauvaises adresses. Le combat sera long et ardu, mais je me permets de rêver à une ville accessible dans laquelle je pourrai être un citoyen et un consommateur comme les autres, libéré de toutes ces barrières.

En espérant avoir éveillé quelques consciences !

Le Marché Ami s’est fait un nouvel ami pour ses efforts d’adaptation.

BILAN DES TROIS ARRONDISSEMENTS

Chicoutimi: 52%

La Baie: 45%

Jonquière: 35%

Le très large et haut seuil de Liquidation Telquel empêche les personnes qui se déplacent en fauteuil roulant d’y accéder.