L’Association pour la promotion des droits des personnes handicapées de Jonquière (APDPH), qui existe depuis 1972, offre des activités de loisirs pour les personnes handicapées ainsi que du répit pour les proches aidants. Karine Boisvert est à la tête de l’organisme depuis un an et demi et oeuvre auprès des personnes handicapées depuis près de 15 ans.

«Faire vivre des réussites»

CHRONIQUE / Place à la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle ! Et il n’y a pas de meilleure façon de souligner l’événement, qui s’étend du 17 au 23 mars, qu’en présentant un organisme qui, par ses activités, « fait vivre de belles réussites » à des personnes vivant avec une déficience intellectuelle et/ou physique.

Il y a quelques semaines, j’ai reçu un courriel de Karine Boisvert, directrice générale de l’Association pour la promotion des droits des personnes handicapées de Jonquière (APDPH). Elle souhaitait que je parle de l’organisme communautaire, que je témoigne de son importance auprès d’une clientèle dans le besoin, que je serve de « porte-voix », pour reprendre mes propres mots, pour une cause à laquelle je suis évidemment bien sensible, le handicap.

Je me suis donc rendu aux locaux de l’organisme, sis sur la rue Saint-Jean-Baptiste, à Jonquière, pour y rencontrer Karine – que je nommerai par son prénom en tant que soeur de combat – et pour voir de mes yeux vu, comme a écrit Molière.

Sur place, j’ai discuté avec une directrice générale qui a à coeur le bien-être de son organisme, j’ai échangé quelques mots avec une maman bénévole dévouée pour la cause, et j’ai pu constater le rôle crucial d’intervenants discrets et adroits.

Dans les locaux de l’APDPH, il régnait un calme et un bien-être très pur. On s’y sent bien, et bien entouré. Tout le monde avait le sourire.

« Cette clientèle-là, les personnes vivant avec un handicap, me donne le goût de donner tout ce que j’ai pour que leur expérience avec nous soit positive et agréable. On vit vraiment quelque chose de très particulier tous ensemble, m’a confié Karine. On est là pour eux, pour leur faire vivre de belles réussites. »

Le mot « réussite » est revenu souvent à l’occasion de notre discussion. Et la plupart du temps, il est précédé de l’adjectif « belle ». Tout ça, au singulier ou au pluriel.

« Notre but, par nos activités, est de montrer aux gens qu’ils sont capables de socialiser. Le plus beau moment que j’ai vécu depuis que je travaille pour cet organisme, depuis environ un an et demi, c’est l’an dernier au spectacle annuel des nos troupes de chant et de danse, m’a raconté Karine. Elles ont travaillé là-dessus toute l’année, et j’ai été tellement impressionnée. J’ai pleuré presque tout le spectacle ; j’étais tellement émue de voir cette belle réussite. Ç’a commencé par une page blanche, jusqu’à devenir un spectacle extraordinaire devant 200 personnes. »

Voilà tout un accomplissement, en effet. De quoi être stimulé, de quoi en dégager un grand sentiment de fierté, de quoi prouver ce dont ces gens sont capables, de quoi valoriser une clientèle plus fragile. « On veut qu’ils aient le sentiment qu’ils peuvent aspirer à de belles choses, à une vie comme les autres, à des amis, à leur accomplissement et à de belles réussites », a résumé celle qui est aussi maman d’une enfant « différente », l’adorable Juliette, 6 ans.

« Ça fait 15 ans que je fais carrière auprès des personnes handicapées. C’est une clientèle que j’aime, pour laquelle j’ai une attirance. C’était même avant d’avoir ma fille », m’a raconté Karine.

En plus de ses ateliers qui touchent un peu à tout et de ses nombreuses activités, dont la traditionnelle discothèque du vendredi soir, l’APDPH offre du répit deux dimanches par mois aux familles des bénéficiaires, dont l’âge varie de 6 à 80 ans, de même qu’un camp d’été de huit semaines. Aussi, comme son nom l’indique, l’association, née en 1972, oeuvre à la promotion des droits des personnes vivant avec un handicap, notamment par le biais de représentations sur diverses instances.

« Mon garçon Philippe (28 ans) bénéficie des services de l’organisme. Pour lui, l’APDPH, c’est un réseau social, des amis qui se retrouvent. Et pour les parents, ça nous libère un peu, pour passer du temps en couple ou faire des activités avec nos autres enfants », a témoigné Line Hudon, une maman qui s’implique comme bénévole.

Vente de bonbons

Entre autres, Line donne de son temps pour la campagne de financement annuelle de l’organisme, laquelle se déploie par la vente de cônes de bonbons, à 5 $ l’unité. Cette initiative bat son plein, et je suis d’ailleurs bien reconnaissant envers mes collègues, puisque nous avons écoulé deux boîtes dans les dernières semaines.

L’argent amassé vise à maintenir et à améliorer la qualité des services de l’APDPH. « L’an dernier, on a vendu 5200 sacs, pour environ 15 000 $. Cette année, on espère aller chercher 20 000 $ », a affirmé Karine.

Pour encourager l’organisme, il suffit d’envoyer un message sur la page Facebook de l’APDPH ou d’appeler au 418 658-5832.

« Il faudrait absolument remercier les gens d’affaires et la population », a tenu à dire Line.

Line avait raison de souligner l’appui populaire. Dans l’univers du communautaire, le financement est toujours le nerf de la guerre, et l’APDPH ne fait pas exception, d’où l’importance des dons citoyens et corporatifs.

« C’est et ce sera toujours le plus grand défi. On vit un alourdissement de la clientèle, ce qui nous demanderait plus de personnel, mais on est limités par notre budget. On peine à répondre à la demande, a partagé Karine. Nos autres défis sont d’aller chercher la clientèle plus jeune, de faire connaître l’organisation publiquement et de renouveler notre offre d’activités. On est toujours à l’écoute des intérêts de la clientèle. »

« Apprendre à se connaître »

Dans le cadre de la semaine de sensibilisation provinciale, qui a pour objectif de créer des rapprochements entre la population et les personnes vivant avec une déficience intellectuelle, dans l’espoir de bâtir une société plus inclusive, l’APDPH organise un 5 à 7 et une exposition de photos à la salle polyvalente de la bibliothèque de Jonquière, le 21 mars, à 17 h.

L’événement vise à sensibiliser la population à la déficience intellectuelle, à modifier la perception des gens en faisant ressortir toute la beauté et la fragilité de ces personnes, et à démontrer, par les clichés, que les activités de l’organisme jouent un rôle important dans la vie de ses bénéficiaires. Il s’inscrit ainsi parfaitement dans le thème de la Semaine québécoise de la déficience intellectuelle, « Apprendre à se connaître ».

Parlons-en

Selon Karine, « la déficience intellectuelle, on n’en parle pas assez ». Il faut la démystifier. En fait, il faut parler de la différence. « La différence, c’est correct. Tout le monde est différent à sa façon. Devant la différence, il faut simplement rester simple, le plus simple possible même », dit-elle.

Voilà une belle invitation à aller au-delà des barrières !

Bonne semaine !

Karine Boisvert est à la tête de l’APDPH depuis un an et demi et oeuvre auprès des personnes handicapées depuis près de 15 ans.