Jonatan Julien

Jonatan Julien sur le radar de la CAQ depuis le printemps

CHRONIQUE / La CAQ avait Jonatan Julien sur son radar depuis que celui-ci avait quitté l’exécutif du maire Labeaume le printemps dernier.

Faute de circonscription disponible, le parti de François Legault s’était cependant résigné à laisser ce joueur d’impact sur la touche. 

Pas question pour la CAQ de faire comme Philippe Couillard qui a renié sa promesse à son député Ouimet pour faire de la place à une «vedette», m’a-t-on expliqué.

La volte-face de Gertrude Bourdon, candidate pressentie dans Charlesbourg, a créé une opportunité que la CAQ s’est empressée de saisir.

Ami de longue date de M. Julien, le député Éric Caire a reçu le mandat de son parti de faire la première approche en fin de semaine dernière.

M. Julien est ensuite allé rencontrer François Legault lundi à sa résidence à Montréal. 

Il s’agit d’une grosse prise pour la CAQ. Plus importante que pouvait l’être Mme Bourdon qui avait peu de notoriété hors du milieu de la santé.

Comptable de formation, M. Julien a travaillé chez le Vérificateur général et fut secrétaire général de la SIQ. Il a la réputation d’être un homme rigoureux et intègre.

Vice-président de l’exécutif dans l’administration Labeaume de 2013 à 2018, il fut responsable des finances, des travaux publics et de grands projets comme l’amphithéâtre,  

Si la CAQ prend le pouvoir, on l’imagine dans un ministère économique, au Conseil du Trésor, à l’administration gouvernementale ou aux Affaires municipales.

Le maire Labeaume, qui a mal paru lors du départ de M. Julien, se réjouira peut-être de voir s’éloigner un conseiller «dangereux» et un éventuel rival dans une course à la mairie.

Mais on imagine avec amusement sa tête si M. Julien devait devenir son interlocuteur principal dans un gouvernement de la CAQ.

Les deux hommes partagent la même vision du développement de la ville de Québec, mais leur divorce a laissé des traces au plan humain. M. Julien se fera sans doute un plaisir de partager avec son nouveau chef ce qu’il pense des comportements du maire de Québec. 

Rien pour faciliter les relations entre un maire et un parti qui n’ont déjà pas beaucoup d’atomes crochus.

Indépendant d’esprit, M. Julien a une personnalité et un caractère forts.  

Avant de le recruter, M. Legault a sans doute pris note qu’il a été un collaborateur dévoué et loyal pour M.Labeaume, mais que cette loyauté avait aussi ses limites.    

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Jonatan Julien n’envisageait pas être candidat cet automne lorsqu’il a quitté Équipe Labeaume.

Il disait alors vouloir terminer son mandat, convaincu de pouvoir jouer un rôle utile comme indépendant. On l’avait alors cru. 

M. Julien n’avait d’ailleurs pas tardé à «challenger» son ancienne équipe (centrale de police, passerelle pour vélo dans le Vieux-Port). Il se savait capable de plus, mais semblait avoir trouvé satisfaction à son nouveau rôle. 

Ceux qui le connaissent le voyaient cependant déjà ailleurs, au provincial, où il avait fait ses premières armes en 2003 comme candidat dans Charlesbourg. 

Cette année-là, il avait de lui-même offert ses services à l’ADQ qui avait mandaté Éric Caire (décidément) pour rencontrer ce prospect qu’il ne connaissait pas. Il en a résulté des liens durables, comme avec Sébastien Proulx, passé depuis au Parti libéral.

M. Julien fut bénévole pour la CAQ en 2012. Si sa candidature tient d’un concours de circonstances, elle n’a rien de l’opportunisme grossier qu’on voit chez tant d’autres.