Un Noël simple comme bonjour

CHRONIQUE/ Au cours des deux dernières années, c’était nous qui organisions le réveillon de Noël.

Chaque année, ça avait été le même scénario. Au début du mois de novembre, on se disait que ça pourrait être chouette de recevoir quelques personnes de notre famille afin de célébrer la veille de Noël, puis quelques semaines plus tard, on se rendait compte que finalement, on organisait vraiment le réveillon.

Il faut savoir que Julie est pas mal intense dans la vie et c’est justement une des raisons pour lesquelles je l’aime passionnément. Alors hop, chaque année où on organisait le réveillon, elle donnait son 200% dans les semaines qui précédaient le grand événement, puis la veille de Noël, voilà qu’elle était terrassée par un vilain rhume qui rendait le sprint final encore plus extrême pour elle.

Mais alors que je m’étais déjà préparé à recevoir encore toute la famille cette année pour le réveillon, voilà que Julie m’a complètement pris par surprise quand, en novembre dernier, elle m’a annoncé qu’elle souhaitait cette fois-ci qu’on célèbre la veille de Noël en formule très simple, c’est-à-dire elle, Charlot et moi.

L’idée ne m’a vraiment pas déplu, étant donné que Julie m’a « vendu » ça en me disant que pour une fois dans notre vie, on n’aurait pas du tout à se stresser avec Noël.

Or, je connais bien Julie et pendant tout le mois de novembre, j’ai patiemment attendu que «le» moment se produise. Puis, décembre est arrivé et plus les semaines avançaient, plus je me disais que «le» moment arriverait. «Le» moment, c’était cet instant où Julie me dirait: « Telle personne sera seule au réveillon et je me suis dit qu’on pourrait l’inviter non? ». Ensuite, une fois que «le» moment serait arrivé, on passerait alors à l’étape du «tant qu’à», qui consiste à se dire: « Tant qu’à inviter telle personne, on pourrait aussi inviter telle personne non? », ce qui finirait par nous mener à l’étape finale, le fameux «finalement», ou si vous préférez: « Je regarde tout ça et finalement, on va organiser le réveillon ».

Mais à mon grand étonnement, «le» moment n’est jamais arrivé. N’empêche que jusqu’au 24 décembre à 17h, je m’y attendais encore. On l’a donc fait ce Noël simple comme bonjour.

Je ne vous cacherai pas toutefois qu’au début, ça a été un peu bizarre parce que c’est beaucoup moins facile qu’on ne pourrait le croire de fêter un Noël en toute simplicité.

Tout d’abord, il faut entrer en mode Noël, mais une fois qu’on a trouvé la bonne « playlist » de Noël, ça le fait. On a donc dansé en famille pendant quelques minutes sur Feliz Navidad et pour être bien honnête avec vous, j’ai versé quelques larmes de joie à ce moment.

Mais une fois que l’ambiance de Noël était au rendez-vous, il fallait entretenir la magie et c’est là que j’ai compris pourquoi on a tendance à vouloir se réunir en grosse gang lors d’une telle célébration. Le truc, c’est que lorsqu’on est une grosse gang, tout semble couler naturellement quant aux nombreux rituels du réveillon: on va manger tantôt, puis après, on passera aux cadeaux, et puis après, on fera ça et ça. Or, quand on est trois, chaque voix compte et surtout, il faut sortir de son quotidien alors qu’on se trouve à l’endroit même où on y vit notre quotidien.

Certes, ça n’a pas été un réveillon qui s’est terminé aux petites heures du matin avec une gueule de bois en prime au réveil, mais je dois vous dire que ce fut un magnifique Noël dont je me souviendrai toujours.

Car au-delà des jouets et des livres qu’on s’est offerts, on se sera fait un cadeau qui traversera l’épreuve du temps: des souvenirs qui nous accompagneront longtemps. Un tout petit moment qu’on se sera accordé ensemble et où on aura pris le temps de se dire: je t’aime.

Mais bon, je gage que l’an prochain, Charlot sera bien content de se retrouver dans une maison remplie de gens pour le réveillon. Et puis un jour, il entendra au hasard Feliz Navidad et j’imagine qu’il rigolera un bon coup en repensant à ses parents qui dansaient comme des fous.