Proprios de pick-up et ouverts d’esprit

CHRONIQUE / La semaine dernière, j’ai interrogé les propriétaires de pick-up quant à leur intérêt pour d’éventuels modèles électriques et pour vous dire vrai, j’ai été agréablement surpris par les réponses que j’ai obtenues.

Tout d’abord, en matière de quantité, je dois vous dire que vos nombreuses réponses ont largement dépassé mes attentes.

De plus, je tiens vraiment à remercier ceux et celles qui m’ont répondu, car à l’exception de deux ou trois personnes qui ont perçu ma chronique comme étant une attaque à leur égard, la grande majorité des répondants avaient très bien saisi que l’objectif derrière ce texte était de créer un échange, et ce, justement afin d’éviter le piège qui nous guette chaque fois qu’il est question d’environnement et qui consiste à tomber dans la morale à cinq cennes.

D’ailleurs, ça va peut-être vous sembler absurde que je vous fasse une telle précision, mais de tous les propriétaires de pick-up qui m’ont répondu, aucun ne m’a dit qu’il était contre l’environnement et pour les changements climatiques.

En fait, ce qui m’a le plus surpris, c’est que les nombreux répondants ne correspondaient aucunement au portrait du propriétaire typique de pick-up qu’on nous brosse dans les pubs. Oubliez le cliché de l’homme qui se trouve courageux parce qu’il conduit un gros Ram 1500 et imaginez plutôt un gars qui conduirait bien une petite voiture économe en essence, mais dont la réalité fait en sorte qu’il a plus ou moins le choix de se tourner vers un gros mastodonte.

Deux causes sont revenues fréquemment: le travail et le camping. D’un côté, vous avez donc le gars qui doit constamment traîner de la machinerie pour son boulot et, de l’autre, vous avez cette gentille dame qui part plusieurs mois par année avec sa roulotte.

Mais l’électricité dans tout ça? Qu’est-ce qu’ils en pensent, les propriétaires de pick-up?

Et bien, je serais tenté de vous dire que la plupart des répondants n’étaient pas du tout rébarbatifs à l’idée de faire un jour la transition de l’essence au moteur électrique. En fait, ce qui semble bloquer un peu tout le monde, c’est la durabilité des batteries. Et là, on comprend pourquoi quand un gars vous raconte qu’il doit faire 300 km jusqu’au fin fond de la forêt. Disons qu’une fois que la batterie est à plat et que vous êtes entourés par la nature sauvage, on doit s’ennuyer du bon vieux temps avec ses bidons d’essence.

Ce qui est très encourageant malgré tout, c’est que la majorité des répondants ont clairement précisé que le jour où les batteries seraient dotées d’une plus longue autonomie et qu’ils en auraient l’assurance, ils considéreraient avec grand plaisir la possibilité de faire le saut.

D’ailleurs, c’est davantage en raison du fait que ces bolides n’ont pas encore fait leur preuve que le coût (considérablement plus élevé) d’un pick-up électrique apparaît comme un irritant. En d’autres mots, ce n’est pas l’argument qui bloque l’élan, mais bien celui qui contribue à définitivement freiner l’acheteur qui est hésitant.

Il y a aussi un lecteur qui m’a invité à découvrir une compagnie nommée Ecotuned Automobile qui propose aux entreprises d’électrifier leur flotte de véhicules en « modifiant seulement la motorisation ». Le dispositif est certainement moins coûteux qu’un véhicule électrique neuf et, en plus, il peut être « réutilisé au moins trois fois de suite dans un autre camion similaire ».

Maintenant, je dis ça comme ça, mais en ce qui concerne les quelques personnes qui m’ont exprimé leur désarroi quant à la nécessité de posséder un pick-up afin de déplacer leur roulotte, ça pourrait être intéressant de penser à une espèce de « Communauto », mais pour les pick-up?

Une chose est certaine, c’est que cet exercice m’a démontré qu’on gagne beaucoup plus à prendre le temps d’écouter ce qu’ont à dire ceux et celles qu’on a parfois le réflexe de pointer du doigt en se disant: « C’est de leur faute à eux ».

Mais bon, même avec tout ça, je n’aime toujours pas plus les propriétaires de pick-up blancs qui vous collent au derrière dans les petites rues de quartier.