Panique pour une tique

CHRONIQUE / Je travaillais ce jour-là, mais comme j’avais pris un peu d’avance sur ma journée, j’avais décidé d’aller profiter quelques minutes du soleil qui se fait plutôt rare.

Julie et moi, on venait de s’exclamer de bonheur après avoir réalisé que ça s’annonçait comme étant une journée plutôt relax quand soudainement, j’ai entendu mon amoureuse pousser un vrai cri d’horreur.

« Bordel ! Ça y est ! Le fantôme de Charles Manson est venu nous hanter », que je me suis dit.

Or, tout ce que je voyais devant moi, c’était Julie qui se tenait devant Billy le chien, qui lui, ne semblait pas très horrifié.

L’instant d’après, voilà que Julie allait me plonger à mon tour dans un état de panique en me disant avec une intonation laissant deviner beaucoup d’inquiétude : « Billy a une tique dans l’oreille ».

J’ai alors explosé de rire en me disant que ce n’était pas possible, mais j’ai rapidement dû ravaler mon gloussement, car Julie tenait l’oreille de Billy afin de me montrer l’intérieur et il y avait cette bestiole blanche qui s’était installée là bien confortablement.

« Pas de panique », que j’ai dit alors que Julie pouvait clairement deviner une certaine panique dans ma voix, « on va tout de suite appeler le vétérinaire pour régler ça ».

Comme j’avais lu à temps perdu un article sur les tiques quelques mois auparavant, je me souvenais qu’on nous conseillait vivement de faire retirer les tiques par un spécialiste, alors en deux temps trois mouvements, j’étais déjà au téléphone avec une technicienne de la clinique vétérinaire en train de lui présenter un topo de la situation.

J’imagine que lorsqu’elle est allée fouiller dans le dossier de Billy, elle a compris que c’était le fameux chien qui avait déjà bouffé des pilules de cannabis, puis elle m’a annoncé que Billy était attendu au début de l’après-midi.

Je vous raconte tout ça parce qu’entre vous et moi, jusque-là, je vivais encore dans un monde imaginaire où les tiques n’étaient toujours pas arrivées ici dans la région. Du moins, pas dans les secteurs résidentiels. D’ailleurs, quand Julie s’est pointée à la clinique vétérinaire avec Billy, les gens là-bas étaient plutôt surpris eux aussi lorsqu’ils ont eu la confirmation qu’on ne vivait pas dans la forêt.

Heureusement pour le pauvre Billy, tout indique que la tique qui s’en était pris à lui ne fait pas partie des espèces qui peuvent transmettre la maladie de Lyme, mais il n’en demeure pas moins que ça fout quand même un peu la trouille.

Lorsque la technicienne de la clinique vétérinaire nous a contactés pour nous informer que les analyses en laboratoire confirmaient que la tique retrouvée sur Billy n’était pas porteuse de la maladie de Lyme, je l’ai questionnée afin de savoir s’il y avait eu d’autres cas du genre dans le coin et effectivement, il ne s’agit pas d’un cas isolé.

Alors hop, la prochaine fois que votre chien ira s’aventurer dans des herbes hautes, et ce, même si ce n’est qu’une affaire de quelques secondes, pensez à faire un petit tour d’inspection afin de vous assurer qu’un locataire n’a pas décidé de déménager sur votre animal de compagnie.

Il y a quelques semaines, je vous parlais du propriétaire du premier appartement où mon amoureuse et moi avons vécu.

Par la suite, j’ai reçu de nombreux messages afin de m’aider à retrouver son nom de famille et j’aimerais sincèrement vous en remercier.

Mais parmi tous ces messages, il y en a un en particulier qui m’a vraiment fait sursauter !

Le truc, c’est que dans la chronique, j’expliquais que le proprio en question aimait bien sortir son saxophone alors qu’il faisait jouer en boucle une chanson de Huey Lewis. Ça, c’est le gars qui avait notamment fait la célèbre chanson de Retour vers le futur, The Power of Love.

Voilà donc qu’une lectrice m’a écrit pour m’informer que sa fille vivait maintenant aux États-Unis et que depuis quelques années, elle habitait justement dans l’ancienne maison de Huey Lewis.

Maintenant, pardonnez-moi ma candeur, mais ça m’étonne toujours de constater à quel point le monde est petit.