Menace terroriste dans ma télé

CHRONIQUE / J’ai dû voir des milliers de films d’horreur dans ma vie et pourtant, je ne pourrai jamais regarder plus de cinq minutes les trucs que ma blonde regarde à la télé.

Tout ça, c’est quand même plutôt absurde, étant donné que c’est elle qui m’accuse de regarder sans cesse des trucs horribles.

Mais bon, sans vouloir jouer à « C’est qui qui a raison ? », je peux vous dire que mes films de monstres et de créatures qui dévorent des humains, c’est de la petite bière à côté de ce qu’elle arrive à regarder.

À titre d’exemple, une de ses émissions favorites, c’est l’espèce de téléréalité qui se déroule dans des hôpitaux. Bordel, je fais juste vous décrire ça en une ligne et j’en ai déjà le sang qui se glace. Alors, grosso modo, pendant une interminable demi-heure, vous suivez des docteurs qui annoncent un tas de mauvaises nouvelles à leurs patients. Et puis hop, ils meurent.

Je suis là à tout vous raconter ça alors que vous faites probablement partie des milliers de téléspectateurs qui ont la force de visionner un tel truc.

En fait, la seule chose dans le genre que je suis capable de visionner sans devenir blanc comme un drap, c’est cette émission qui met en vedette des gens gigantesques. Ça s’appelle Ma vie à 600 livres. Chaque semaine, on suit une personne qui souffre d’obésité morbide et là, pendant une bonne heure, on se dit : « Elle n’arrivera jamais à perdre du poids. » Puis, à la fin, le même petit docteur qu’on voit dans chaque émission finit par dire à la personne que c’est peine perdue et qu’il ne peut plus rien faire pour elle tant qu’elle ne décidera pas de changer sa façon de voir les choses.

La raison pour laquelle je suis capable de regarder ça, c’est que je me dis que grossir, ça prend quand même du temps, alors ça ne me rend pas anxieux. Je me dis que ce n’est pas le genre de truc qui vous tombe sur la tête alors que tout allait pourtant bien la seconde d’avant.

Plus j’y pense, mes craintes en tant que téléspectateur s’apparentent pratiquement à une métaphore des craintes du citoyen lambda dans son quotidien.

En d’autres mots, les trucs qui se passent à l’urgence de l’hôpital sont l’équivalent d’une menace terroriste, tandis que Ma vie à 600 livres est en quelque sorte la menace des changements climatiques.

La semaine dernière, je vous racontais que le pauvre Billy le chien s’était offert un trip de pot. Il y a même une lectrice qui m’a écrit pour me remercier d’avoir précisé que j’avais donné du peroxyde à Billy afin de lui faire évacuer ce qu’il avait ingéré.

Ici, n’allez pas croire que je vous raconte ça pour me vanter qu’on m’a félicité, mais bien parce que j’ai réalisé par la suite qu’il y avait un tout petit détail que j’avais omis de vous préciser : il ne faut pas donner n’importe quelle quantité de peroxyde à son chien.

Maintenant, comme je ne suis pas vétérinaire, je ne me risquerai pas à m’aventurer davantage sur ce terrain. Si jamais il arrivait un truc similaire à votre animal de compagnie, l’avis d’un expert serait grandement préférable au mien.

Le marketing est un art qui me fascine énormément.

Je vous raconte ça, car j’aimerais sincèrement féliciter les gens qui s’occupent de promouvoir les gadgets qui servent à se faire de l’eau gazéifiée et des boissons gazeuses à la maison.

Alors que je ne bois pratiquement jamais de liqueur et d’eau minérale, je me suis surpris à deux reprises à me retrouver devant un présentoir en train de peser le pour et le contre d’un tel achat. Je ne sais pas trop par quels mécanismes prodigieux ces génies du marketing sont parvenus à faire considérer à mon cerveau un tel achat, mais chapeau ! En même temps, ça fout un peu la trouille ce marketing trop efficace, car si la tendance se maintient, qui sait, peut-être qu’un jour, je me réveillerai avec un gros pick-up blanc dans ma cour ?

Ben non, c’est juste une blague. C’est pas demain la veille que je m’en achèterai un.

Mais s’ils offrent une machine à faire de l’eau gazéifiée avec, peut-être que...