Ma chronique qui parlait de mon premier achat à la SQDC en a fait réagir plusieurs.

Ma boîte de chroniqueur

CHRONIQUE / Ce n’est pas la première fois que je vous le dis, mais bon, je ne vais pas souvent visiter ma boîte de courriels de chroniqueur.

Parfois, c’est en raison du mot de passe que j’ai complètement oublié, mais trop souvent, c’est par pure négligence. Le truc, c’est que les lecteurs et les lectrices ne m’écrivent pas tous les jours et il peut même arriver que je sois sans nouvelle de vous pendant des semaines.

Alors hop, je peux rester plusieurs journées sans même aller y jeter un coup d’œil et quand j’ai un peu de chance, je finis par repérer un de vos messages à travers le déluge de communiqués de presse et de messages d’information qui entre dans cette boîte jour après jour.

Le malheur dans tout ça, c’est qu’il arrive parfois que mon œil de lynx manque un de vos messages et il y a justement une lectrice qui me l’a clairement fait savoir récemment.

Dans un premier message, celle-ci y va de compliments très touchants. Puis, comme j’étais passé complètement à côté de celui-ci, voilà qu’un second message envoyé trois jours plus tard me faisait part de ses déceptions quant à mon indifférence. Maintenant, je ne sais pas si cette lectrice se reconnaîtra, mais bon, je tenais à la remercier pour ses bons mots.

Outre cette dame que mon œil de lynx n’a pas repérée, j’ai découvert lors de ma dernière exploration dans ma boîte de chroniqueur que ma chronique sur mon premier achat à la SQDC avait irrité quelques lecteurs. À titre d’exemple, une dame se questionnait sur la pertinence de cette chronique (questionnement que je respecte tout à fait) avant de m’exprimer la honte qu’elle ressentait devant l’engouement qui entourait la légalisation du cannabis.

Sinon, un lecteur que ma chronique avait visiblement piqué au vif m’a envoyé un long courriel dans lequel il me faisait part de son indignation quant au fait que ma seule préoccupation était liée au suremballage des produits de la SQDC. En voici un extrait : « Comme si seulement la santé de l’environnement était en péril et que la santé du cerveau restait une quantité négligeable ! En banalisant la consommation du pot, on laisse entrer le loup dans la bergerie ! C’est toute la classe scientifique médicale qui le confirme... Mais il est plus important de parler de l’emballage des trois petits joints ! »

Le même lecteur se disait aussi très déçu du manque de rigueur dont je faisais preuve dans mon approche de la chronique et c’est à ce moment que j’ai compris avec une certaine mélancolie que j’étais peut-être destiné à le décevoir encore longtemps. Je ne dis aucunement ça par paresse, mais ma spécialité à moi, c’est de vous cuisiner des tranches de vie, alors je risque de vous décevoir si vous vous attendiez à un repas à cinq services, car tout ce que je peux vous bricoler, ce sont des sandwichs.

Ma dernière visite dans ma boîte de chroniqueur m’a aussi rappelé que celle-ci abritait encore tous ces courriels enflammés auxquels je m’étais promis de répondre à tête reposée plusieurs semaines auparavant, alors que j’avais manifesté mon malaise quant à l’absence des enjeux climatiques dans les discours de la plupart des partis politiques.

Pour vous faire un petit topo, de nombreux lecteurs m’avaient écrit pour me faire part que mes propos « alarmistes » sur les menaces encourues par les changements climatiques s’apparentaient à des « discours de curé ».

Alors maintenant que j’ai la tête reposée et que nous nous sommes enfoncés de quelques semaines supplémentaires dans la spirale infernale des changements climatiques, j’aimerais juste apporter une petite nuance à cette comparaison : le discours des curés s’appuyait sur des éléments religieux tandis que le « discours » écologiste, lui, s’appuie sur des éléments scientifiques. Maintenant, dans le monde où je vis, c’est la science qui nous permet de voler et de guérir le cancer, et pas des prières. Je ne dis pas que les prières ne servent à rien, mais s’il y a une chose dont je suis certain, c’est que ce n’est pas ce qu’il y a de plus efficace contre les fusillades aux États-Unis.

Je vous remercie sincèrement de continuer à m’écrire et je vous promets de vous lire. Je sais juste pas quand.