Libéré de la pression de Fortnite

CHRONIQUE / Fortnite est officiellement sorti de la maison et vous savez quoi ? Mon garçon est toujours en vie !

Il faut savoir que ça faisait déjà un bout de temps que l’idée de bannir Fortnite de la maison mijotait dans la tête de mon amoureuse et de la mienne, mais bon, si vos enfants y jouent, vous connaissez certainement la chanson ? On finit par s’entendre qu’il y aura des « horaires de Fortnite » très stricts et qu’à l’extérieur de ça, il n’y aura pas de spécial. Et puis hop, un jour, pendant qu’on a mille choses à faire et qu’on n’en voit pas le bout, on permet une petite heure de plus ici et là et peu de temps après, on se rend rapidement compte qu’on est revenus à la case départ.

Il y a ça, mais il y a aussi le fait qu’une fois que votre enfant a « dépensé » ses heures de Fortnite, la première chose qu’il va vouloir faire, c’est aller sur YouTube pour regarder des YouTubeurs complètement débiles qui jouent à Fortnite en hurlant des « OHHHHH » et des « REGARDEZ-MOI LE PETIT BAMBI ».

D’ailleurs, je me demande encore ce qui m’irritait le plus avec Fortnite, à savoir si c’était le jeu et son modèle hypnotique ou bien toute cette culture débile qui tournent autour du jeu. Mais bon, on y reviendra tantôt.

Le plus drôle dans tout ça, c’est que l’étincelle qu’il me fallait afin de « tirer la plogue » se trouvait dans un bureau de notaire. À l’origine, on était allés là pour faire préparer nos documents afin d’être mariés légalement, mais quand on a expliqué à la notaire les raisons pour lesquelles on souhaitait absolument se marier, elle nous a dit qu’on devrait plutôt produire nos testaments, ce qui a complètement miné le moral de mon amoureuse.

Mais bon, au fil de la discussion, elle a nous a raconté qu’elle avait quelque chose comme quatre garçons à la maison et qu’il y a quelques mois, elle et son conjoint avaient décidé de mettre fin à Fortnite à la maison. « Du jour au lendemain, j’ai retrouvé mes garçons », qu’elle s’était exclamée.

Tout ça a donc mariné dans ma tête pendant quelques jours, puis un samedi soir, alors que Charlot avait passé les 24 dernières heures à me parler du nouveau « skin » de John Wick qu’il aimerait tellement avoir, j’ai craqué.

Pour ceux et celles qui ont eu la chance de ne jamais avoir vécu l’enfer de Fortnite en tant que parents, ça va certainement vous sembler absurde, mais il m’a quand même fallu une petite dose de courage pour faire la grande annonce. Le truc, c’est qu’avant même d’avoir dit quoi que ce soit, vous savez déjà que pendant un bref instant, ça va littéralement démolir votre enfant.

C’est justement ce qui s’est produit, mais on lui a ensuite expliqué que ce n’était pas contre lui, mais pour lui, et aussi pour nous tous. On lui a aussi expliqué que ce n’était pas lui le problème, mais le jeu, car étant donné qu’il est sacrément bien fait, il vous agrippe partie après partie, ne vous laissant pratiquement jamais aucun répit, ce qui produit une espèce d’effet d’entraînement perpétuel.

Mais au-delà du jeu, il y a toute cette culture autour de Fortnite dont je vous parlais plus tôt. Tous ces gamins qui rêveraient d’être le prochain Michou ou Furious Jumper qui accumule les abonnés en répétant les mêmes débilités. Et ça, c’est sans compter toute cette banalisation de la violence.

Donc comme je vous disais, mon fils n’est pas du tout tombé en psychose à la suite de la disparition de Fortnite et, à la place, on a retrouvé le bon vieux Charlot.

Maintenant, je ne sais pas trop si on vit une lune de miel ou un truc du genre, mais c’est fou de constater à quel point il est beaucoup plus rieur qu’au cours de l’année précédente.

En fait, ce qui me rend le plus heureux dans tout ça, c’est qu’on lui a fait un magnifique cadeau en faisant disparaître Fortnite, car on l’a libéré d’une certaine pression avec laquelle il devait toujours composer.

Évidemment, j’aurais juste préféré que nous n’ayons pas à traverser ce long cauchemar, mais tout ça m’a aussi fait grandir en tant que parent et ça, ça vaut bien plus que tous les V-Bucks de la planète.