Ce n’est jamais une mauvaise chose de se regarder dans le miroir une fois de temps en temps avant de juger les autres.

Je juge, tu juges, nous jugeons !

CHRONIQUE / Je ne suis probablement pas le pire en la matière, mais je dois quand même m’en confesser : il m’arrive de juger les gens.

C’est plutôt fou quand on y pense, car trop souvent, on se base sur un ou deux éléments pour se faire une idée des gens qui vivent autour de nous et pourtant, nous serions les premières personnes à nous indigner si nous apprenions avoir eu droit au même sort.

Je pensais récemment à tout ça quand j’en suis venu à me dire que si j’étais un de mes voisins et que je me voyais aller tous les jours, j’aurais certainement une opinion beaucoup moins noble de moi que celle que j’espère inspirer.

Je vous dis ça, car je n’ai qu’à remonter quelques semaines dans le temps pour y répertorier toute une liste de mes agissements, qui à bien y penser, seraient suffisamment burlesques pour me qualifier à un éventuel concours des voisins les plus ridicules du Québec.

Par exemple, il y a quelques semaines, mon ami Max passe à la maison pour venir me porter un truc, mais au même moment, il y a mon amoureuse et mon fils qui s’apprêtent à aller marcher sur la piste cyclable. Comme je leur avais dit que je les accompagnerais, je leur fais donc signe qu’ils peuvent se mettre en route et que dès que j’en aurai fini, je les rejoindrai. Je pique rapido presto un petit brin de jasette à Max et dès qu’il remonte dans son véhicule, je décide de mettre mes derniers mois d’exercice à profit en entamant un sprint comme je n’aurais certainement pas pu me le permettre en décembre dernier.

Telle une fusée, je me lance donc à toute vitesse en direction de la piste cyclable, mais dès le deuxième pas de course, voilà que le bout de ma semelle touche le sol, ce qui s’apparente à une espèce de passe de judo gracieusement offerte par la gravité. L’instant d’après, je suis couché de tout mon long au milieu de la rue, juste devant ma maison, et en bonus, une petite famille du quartier déambule en même temps à environ un mètre de moi, ce qui crée l’hilarité de leur fillette.

J’imagine que cette famille sort maintenant sa caméra chaque fois qu’elle me voit passer devant leur maison, au cas où je leur offrirais une autre belle chute digne d’une vidéo virale.

Le ridicule ne tue pas
S’il y en a un qui pourrait se faire du fric sur YouTube en publiant des vidéos embarrassantes de mon quotidien, c’est sans aucun doute mon voisin d’en face, Cédrick.

Ici, je pense à cette fois où sur l’heure du souper, j’ai reculé avec ma voiture pour foncer à toute vitesse dans mon bac de recyclage. Évidemment, le son de la collision, suivi du tapage causé par le contenu du bac qui tombait sur le sol, était une réplique parfaite des bruits typiques d’un accrochage et ainsi, je n’étais même pas encore sorti de mon véhicule que tout le voisinage s’était pointé le bout du nez, rigolant devant l’aspect grotesque de la scène.

D’ailleurs, j’aimerais m’accorder un Oscar du meilleur acteur quant à ma prestation lorsque j’ai foncé une deuxième fois dans le bac en reculant à nouveau. En toute honnêteté, je crois que j’ai convaincu tout le monde qu’il s’agissait d’une blague cette fois-ci.

Je pense aussi à cette fois où je cherchais Billy qui avait pris la poudre d’escampette, puis en arrivant devant le parc où mon fils était en train de jouer avec ses amis, je me suis rendu compte que je tenais dans mes mains un bol de céréales.

Il faut savoir que depuis que Billy est entré dans notre vie, ce chien a un talent fou pour me faire passer pour un fou. Le truc, c’est que j’ai lu qu’il fallait l’encourager chaque fois qu’il faisait ses besoins à l’extérieur et il est fort probable que ma voisine m’ait déjà entendu hurler à 2 h du matin un « C’est beau Billy, ça c’est un beau pipi ! » bien senti.

Alors hop, je vous raconte tout ça et ça me fait réaliser que ce n’est jamais une mauvaise chose de se regarder dans le miroir une fois de temps en temps avant de juger les autres. Mais attention, car en ce qui me concerne en tout cas, une bonne chance que le ridicule ne tue pas !