Insuffler l’espoir

CHRONIQUE / La semaine dernière, alors que je vous partageais quelques réflexions personnelles à propos du fameux Pacte, je m’attendais à recevoir quelques réactions de votre part, étant donné que mes précédentes chroniques traitant des enjeux liés aux changements climatiques avaient interpellé plusieurs lecteurs et lectrices.

Je ne me suis pas trompé. Or, j’ai remarqué un tout petit changement…

Jusqu’ici, lorsqu’un lecteur ou une lectrice m’écrivait pour me signifier son désaccord quant aux mobilisations contre les changements climatiques, ça se résumait généralement à des trucs comme : « Encore des niaiseries pour faire peur au monde pour qu’on nous vide encore plus les poches » ou sinon, « Ça fait 30 ans que les “enverdeurs” veulent nous empêcher de vivre ».

Maintenant, j’aimerais bien vous dire que par magie, tout le monde est prêt à s’unir afin d’encourager un mouvement mondial qui pourrait réduire les dégâts, mais ce n’est pas le cas. Reste qu’au moins, je peux presque vous dire que de plus en plus de gens font preuve d’une certaine ouverture à débattre de la question. Peut-être suis-je une fois de plus victime de mon éternel optimisme, mais en ce qui me concerne, je vois ça comme une certaine forme de progrès.

Par exemple, un lecteur de La Baie qui semblait plutôt divisé quant aux objectifs visés par le Pacte m’expliquait qu’il voulait bien sauver la planète, mais qu’il faudrait avant cela qu’on lui explique en quoi c’était une solution écologique de faire passer devant sa maison des autobus de la STS qui étaient généralement vides.

Certes, on pourrait déceler une certaine mauvaise foi derrière cette question épineuse, mais elle met quand même de l’avant le fait qu’il faudra doublement pédaler si l’on souhaite maximiser nos chances de réduire les impacts causés par les changements climatiques. Oui, il faudra envisager toutes les solutions possibles, mais il faudra aussi rentabiliser ces solutions.

Les choses ont peut-être changé depuis le temps, mais lors de ma vie de Chicoutimien, je préférais marcher 30 minutes dans le vent et la pluie glaciale plutôt que de tenter de comprendre le fonctionnement de leur service. Je vous dis ça un peu à la blague, mais quand c’est plus facile de comprendre la théorie de la relativité que d’arriver à décrypter un horaire ou même un trajet de la STS, ça aide au moins à comprendre pourquoi les autobus sont vides.

Un autre lecteur me signifiait être plutôt favorable à entreprendre des actions qui limiteraient notre empreinte écologique. Or, il ne cachait pas non plus sa curiosité quant aux mesures que nous étions prêts à adopter individuellement. À ce titre, je répondrai humblement que j’ai encore beaucoup de travail à faire, mais chaque jour, en farfouillant ici et là, je découvre une panoplie de solutions qui n’exigent pas pour autant que je me prive des petits plaisirs de la vie. Vite comme ça, j’ai complètement halluciné cet été en découvrant à quel point les barres de shampoing étaient efficaces et pratiques, en plus d’éviter qu’on doive utiliser du plastique pour l’embouteiller. Sinon, comme mon amoureuse en a marre de me voir oublier d’amener des sacs réutilisables, elle a suggéré l’idée qu’on se fasse un pot dans lequel on devra payer une amende chaque fois qu’on omet de les utiliser.

Quant aux lecteurs qui ne croient pas du tout à l’urgence d’agir et qui m’ont fourni des lectures qu’ils jugent comme étant essentielles, j’ai tenté d’en lire le plus possible. Or, peut-être est-ce moi qui ai été « conditionné » à penser ainsi, mais trop souvent, j’avais l’impression de lire l’avis du seul expert qui pense que le cancer fulgurant dont vous souffrez pourrait être guéri, et ce, en vous enfouissant dans le sable après vous être emballé dans du Saran Wrap. Mais bon, en toute honnêteté, je comprends pourquoi certaines personnes préfèrent y croire. Comme on dit, tant qu’il y a de l’espoir, il y a de la vie.

D’ailleurs, c’est peut-être là une des pistes à envisager afin de rallier le plus de gens, insuffler de l’espoir plutôt que de les noyer dans le désespoir, même si ça presse.