Joël Martel

Billy et les maths

CHRONIQUE / Ça va sûrement vous sembler absurde, mais j’ai récemment commencé à croire que Billy le chien est capable de compter. Du moins, jusqu’à deux.

Chaque jour, je pars faire le tour du quartier avec lui au début de l’après-midi, puis peu après le souper, je remets mon gros manteau et mes grosses bottes pour partir à nouveau avec lui dans une autre aventure autour du quartier. Je bosse ensuite pendant une partie de la soirée sur des trucs que je dois terminer, puis je repars marcher en solo pendant une bonne heure, tandis que Billy fait mine de me souhaiter une bonne randonnée alors qu’il est étendu de tout son long sur le divan.

Or, si j’en suis venu à croire que ce chien sait compter jusqu’à deux, c’est que j’ai récemment remarqué que lors des rares journées où je n’arrive pas à trouver le temps d’effectuer mes deux balades avec Billy, c’est tout simplement impossible de le berner.

Par exemple, si je saute la randonnée de l’après-midi et qu’après le souper, je pars marcher avec Billy comme si de rien n’était, ça ne suffira pas à lui faire croire que la journée s’est déroulée normalement. Maintenant, j’ignore comment il peut bien faire, mais Billy tient le compte et il semble très bien savoir qu’il n’a pas eu droit à ses deux balades et ainsi, lorsque vient le temps de me préparer pour ma marche de fin de soirée en solo, le voilà qui bondit du divan pour venir me faire des yeux doux tout en faisant entendre cette espèce de pleurnichage qui vous prend le cœur en otage.

La première fois que ça s’est produit, j’ai cru à une simple coïncidence, puis au fil des semaines suivantes, j’ai décidé de faire quelques tests afin d’observer s’il y avait une constante et même si mes expérimentations n’ont certainement pas respecté un protocole scientifique, les résultats m’ont semblé étrangement concluants.

Tout ça m’a donc amené à faire quelques petites recherches et, à mon grand soulagement, je suis tombé sur quelques études qui ont effectivement conclu que les chiens seraient capables de traiter des quantités numériques de base, et ce, sans qu’ils aient eu besoin d’apprentissages en ce sens.

Alors hop, c’est décidé, cette année, je ferai faire mes impôts par mon chien.

GNL Québec

Cette semaine, l’équipe de communication de GNL Québec a annoncé l’annulation de sa participation au salon de l’emploi de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), car selon « des informations crédibles », on craignait que des « petits groupes de manifestants » viennent perturber l’événement.

Dans les heures qui ont suivi l’annonce, je me suis amusé à aller lire les réactions des internautes sur les réseaux sociaux et, sans grande surprise, on retrouvait des dizaines de commentaires qui condamnaient « les méchants étudiants de l’UQAC » en les accusant notamment de mettre en danger l’avenir de la région.

Maintenant, je dis ça comme ça, mais c’est une sacrée belle coïncidence que GNL Québec ait obtenu ces « informations crédibles », car en annulant sa participation, ils ont diabolisé le mouvement d’opposition pour des actions qui n’ont même pas eu lieu.

Qu’est-ce qui est le plus payant afin d’aller chercher le soutien de la population ? Risquer de perdre des plumes en confrontant une fois de plus des militants qui commencent à connaître le dossier sur le bout de leurs doigts ? Ou tout simplement éviter cette confrontation, tout en donnant à ses opposants le rôle des méchants ?

Mais ce qui est encore plus insidieux dans ce qui m’apparaît comme étant un exercice de manipulation de l’opinion publique, c’est que l’équipe de communication de GNL Québec se montre habilement avare de détails dans sa lettre ouverte afin d’annoncer sa décision, se contentant d’affirmer qu’elle craint que les opposants perturbent « sérieusement l’événement ».

Disons-le, des sérieuses perturbations, ça frappe beaucoup plus l’imaginaire que de tout simplement dire qu’on craint que des citoyens viennent manifester leur opposition avec des slogans et des pancartes.

Le diable est dans les détails, comme on dit.