Allo, l’intelligence artificielle !

CHRONIQUE / Il y a quelques mois de cela, je vous ai glissé un mot à propos d’un roman hallucinant que j’ai lu : Robopocalypse, de l’auteur Daniel H. Wilson. Pour vous faire une histoire courte, il s’agit d’un roman d’anticipation dans lequel l’intelligence artificielle décide soudainement de se soulever contre les humains, causant ainsi un chaos beaucoup plus vraisemblable qu’on ne pourrait le croire.

Au cours des mois qui ont suivi ma lecture, je vais vous avouer que ma perception des dernières avancées en matière d’intelligence artificielle a considérablement changé, mais n’allez surtout pas croire que ça m’a rendu parano et que j’anticipe un « soulèvement des machines » à la Terminator d’une journée à l’autre. C’est juste que désormais, chaque fois que j’apprends qu’un incident est lié à l’intelligence artificielle, je me demande avec un certain amusement si tout ça est bel et bien le fruit d’une simple erreur.

Je dois aussi vous confier que ce qui m’a aidé à calmer mes craintes quant à une éventuelle « menace » de l’intelligence artificielle, ç’a justement été de m’y frotter un peu, question de tout remettre ça en considération.

Alors hop, voilà qu’il y a quelques semaines de cela, Spotify annonçait à ses clients que ceux-ci pouvaient recevoir gratuitement un assistant personnel Google Home. Évidemment, j’ai d’abord cru qu’il s’agissait d’une arnaque, puis après quelques vérifications d’usage, j’ai tenté ma chance et à ma grande surprise, une semaine plus tard, je recevais un colis.

Un cheval est conduit à la piste pour une séance d’entraînement à Churchill Downs, mercredi, à Louisville dans le Kentucky. La 145e édition du Derby du Kentucky est prévue pour le samedi 4 mai.

Le truc est resté dans sa boîte pendant plusieurs jours, car je ne voyais pas trop en quoi ça améliorerait ma vie, puis un dimanche où on prenait ça relax à la maison, on a décidé de l’essayer afin d’assouvir notre curiosité.

Vite comme ça, si j’avais payé pour un truc du genre, je crois que ce serait le genre d’achat dont j’éviterais de parler, car jusqu’ici, je n’ai trouvé aucun argument comme quoi c’était indispensable, voire « vraiment » pratique. À la limite, je peux admettre que c’est « un peu » pratique et puis hop, le petit gars qui a grandi dans les années 80 est tout à fait comblé en matière de futurisme de pouvoir lancer, pendant qu’il prépare son café : « Ok Google, je veux écouter Radio-Canada Saguenay ».

En fait, en s’imaginant la scène ainsi, je dois avouer que ç’a des airs avec ces films de science-fiction qu’on visionnait il y a 30 ans. Or, dans ces films-là, les « machines du futur » exécutaient l’ordre qu’on leur demandait au lieu de répondre : « Avec plaisir, Radio-Canada Saguenay est situé à l’adresse… ».

Alors hop, depuis que le Google Home a fait son apparition dans la cuisine, un matin sur deux, je commence ma journée en m’engueulant avec une machine électronique afin qu’elle fasse jouer mon foutu poste de radio. « OK Google, non, c’est pas l’adresse de Radio-Canada que je veux savoir, je veux entendre Radio-Can… », que je suis en train de lui répondre pour me faire couper la parole par cette machine diabolique : « Désolée, je ne sais pas comment exécuter la commande que vous me demandez. »

Mais bon, ça devient presque amusant tout ça lorsque c’est quelqu’un d’autre qui s’engueule avec Google Home. Je pense ici à cette soirée où ma future épouse voulait écouter du Roy Orbison et que ça s’est terminé par une playlist de Johnny Hallyday.

Bref, en considérant que l’arrivée à la maison de ce Google Home est ma première vraie cohabitation avec une intelligence artificielle, je ne crois pas que ça sera demain la veille que mon assistant personnel va trouver le moyen de me tuer. Mais bon, je demeure quand même sur mes gardes, car il pourrait toutefois m’amener à sombrer dans la folie en me forçant à écouter de la mauvaise musique.

En fait, ce qui fout la trouille avec l’intelligence artificielle, c’est de savoir que les gens qui programment et conçoivent cette intelligence, ce sont des types comme vous et moi qui finissent par trouver ça normal de s’engueuler avec un robot pour écouter la radio alors qu’ils pourraient simplement ouvrir eux-mêmes la radio.