Chroniques

Le divan de l’enfer

CHRONIQUE / Il y a un peu plus de sept ans, nous venions tout juste d’acheter notre première maison et pour souligner l’occasion, nous avions décidé d’acheter un nouveau divan.

Je me souviens encore que dès l’instant où nous étions entrés dans le magasin, Julie était littéralement tombée en amour avec une espèce de gros divan sectionnel qui débordait d’un millier de gros coussins. « C’est ça qu’il nous faut chéri! », qu’elle s’était exclamée.

Chroniques

Le jeu, de père en fils

CHRONIQUE / Des chroniques comme celle-là, ça vous fait autant vieillir que dans cette scène du film Interstellar où un pauvre astronaute se rend compte qu’il s’est passé quelque chose comme 60 ans alors qu’il n’était parti que quelques heures seulement sur une autre planète.

Alors de quoi elle parle cette chronique qui me fait autant vieillir ? Eh ben, ça commence par mon père qui est installé au pied du lit et moi, à quelque chose comme 9 ans, qui le regarde avec beaucoup de fierté.

Chroniques

La tour de Jenga

CHRONIQUE / Dans la vie, il y a une panoplie de trucs qui me foutent la chienne. Et puis hop, loin de moi l’idée de faire peur aux lecteurs et aux lectrices plus jeunes que moi, mais plus on vieillit, plus on a la trouille.

Il faut savoir que plus le compteur avance, plus on augmente nos chances de faire partie des statistiques. En d’autres mots, c’est un peu comme si chaque jour de votre vie, vous achetiez un billet de loto et que ceux-ci étaient valides jusqu’à ce que vous remportiez le gros lot. Or, personne n’en veut de ce gros lot, mais vient infailliblement le jour où les lois de la probabilité feront en sorte qu’un de vos billets sera gagnant. Bref, tout le monde finit par y gagner.

Chroniques

De pauvre à riche et de riche à seul

CHRONIQUE / C’est l’histoire d’un gars qui était sur le point de tout perdre. Mais là, ne sortez pas vos mouchoirs tout de suite, car ça finit mieux que ça débute.

Alors hop, notre gars est tellement dans la ‘‘dèche’’ que son commerce sera saisi dans les deux prochaines semaines par sa banque et voilà qu’il décide d’investir les derniers dollars qu’il lui reste dans un billet de loto.

Joël Martel

Ça ne changera pas, mais...

CHRONIQUE / Vous êtes déjà allés voter ? Et sinon, vous allez voter ou non ? Maintenant, j’imagine que si vous êtes de ceux et celles qui réclamez du changement, vous ne manquerez certainement pas votre chance d’aller faire votre X dans l’isoloir et c’est là un très bon début.

Or, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous et c’est que peu importe qui remportera les prochaines élections, ça ne changera pas, mais en même temps, ça va quand même changer.

Joël Martel

Cellulaire ou pick-up?

CHRONIQUE / Au cours des 15 dernières années partagées avec bonheur avec mon amoureuse, notre moyenne au bâton des chicanes de couple a toujours été très faible. Certes, il y a eu ici et là quelques tensions causées par des ennuis financiers et d’autres sources de stress du quotidien, mais le facteur de discorde le plus récurrent dans notre couple a généralement été la technologie, ou si vous préférez, «mon maudit téléphone».

Il faut savoir qu’avec le temps, j’ai appris à considérablement modérer mon utilisation de la technologie. Sans vouloir m’en vanter, je suis maintenant le genre de gars qui se sert très rarement de son téléphone lorsque je suis en public, car je veux être là à 100%.

Chroniques

À un cheveu d’être juré

CHRONIQUE / Jusqu’ici, la pire chose qui pouvait m’arriver quand je passais tout droit le matin, c’était de perdre mon boulot. Mais ce matin-là, c’était la prison qui me guettait si je me rendormais. D’ailleurs, je serais très curieux de savoir comment mes compagnons de cellule auraient réagi lorsque je leur aurais dit que j’étais atterri là parce que j’avais trop dormi. M’aurait-on vu comme la lie des criminels ou comme une espèce de héros du « je-m’en-foutisme » ? Ça, je ne le saurai pas dans cette vie et entre vous et moi, ça ne me dérange pas trop.

Tout a débuté quelques semaines auparavant, après une visite du facteur. Ce jour-là, je surveillais fébrilement mon courrier, car j’avais perdu ma carte de guichet depuis une quinzaine de jours et j’avais très hâte de retrouver une « vie normale ». Or, au lieu de voir une lettre en provenance de mon institution bancaire dans le courrier, il y avait cette curieuse enveloppe du ministère de la Justice sur laquelle mon nom était inscrit.

Chroniques

Le complot des mouches

CHRONIQUE / Elle est là depuis un bon moment déjà. En fait, si j’avais su qu’elle déciderait de s’installer pour de bon, j’aurais au moins noté la date de son arrivée, mais vous savez comment ça se passe chaque fois.

C’est que généralement, elles ne sont que de passage. Elles vont venir inspecter ce qu’il y a dans la maison et une fois qu’elles retrouveront le chemin vers la sortie, elles s’en iront sans même vous dire « merci ».

Chroniques

Et l’environnement dans tout ça?

CHRONIQUE / Voyons les choses d’un côté positif : avec toute cette saga entourant les bacs bruns à Saguenay, on a failli parler d’environnement.

Je vous dis ça, car avec les élections provinciales en cours, c’est assez fascinant de voir à quel point les enjeux liés à l’environnement ne semblent pas faire partie des préoccupations de la plupart des partis.

Joël Martel

Remplir le vide avec du vide

CHRONIQUE / Il y a quelques jours de cela, j’avais ressorti un vieux Walkman jaune trouvé au marché aux puces afin d’écouter de vieilles cassettes que je traîne depuis une vingtaine d’années.

Le truc, c’est que lorsque j’avais 18 ans, mon amoureuse de l’époque m’avait offert un dictaphone afin que je puisse y enregistrer les idées de chansons ou de scénarios de film qui me passaient par la tête.

Comme j’avais des amis aussi fous que moi, on passait constamment notre temps à capturer des archives de nos fêtes et de nos différents délires. 

Maintenant, je vais vous avouer que ça ne s’écoute pas très bien et que je ne vois pas quand je pourrais trouver assez de détermination pour me retaper tout ça, mais je m’entête à continuer à traîner ces cassettes. Qui sait, peut-être qu’un jour je trouverai un sens à tout ça ?

Ce soir-là, je m’amusais donc à survoler ces cassettes dans l’espoir de tomber sur un diamant caché et malheureusement, j’en ai découvert un.

Le diamant en question, c’est un enregistrement du Joël de 19 ans qui appelle à une ligne ouverte. Déjà, juste ça, c’était assez pour me déstabiliser, car je n’avais absolument aucun souvenir d’avoir déjà appelé à une ligne ouverte, si ce n’est la fois où j’avais fait une blague à Sexe et Confidences.

Le débat du jour portait alors sur le toit du Stade olympique et le Joël de l’époque, du haut de ses 19 ans, avait une opinion à partager au Québec entier. 

Ici, je ne vous transcrirai pas exactement mes propos, mais en gros, ça s’apparentait à un discours du genre : « Je trouve ça complètement aberrant qu’on continue à payer pour cela. C’est une vraie farce. Ça fait 20 ans qu’on paie pour rien. Écoutez, j’ai 19 ans et ça chiait déjà avant ma naissance. »

J’en conviens, plus vide que ça, et on pourrait s’en servir pour aspirer des trous noirs.

Je dois aussi vous avouer qu’en écoutant cette embarrassante archive de mon passé, ma tête a été traversée par des milliers de questions. Pourquoi voulais-je tant donner mon opinion sur un sujet dont j’ignorais pratiquement tous les détails ? Pourquoi ai-je senti le besoin de déclarer mon âge ? En quoi mes propos auraient pu faire avancer quoi que ce soit ?

Et puis hop, après y avoir pensé quelques jours, et ce, même si je n’ai toujours aucun souvenir de cet incident, je crois être en mesure de pouvoir faire une reconstitution de ce qui a pu se passer. 

Ma théorie est donc que je suis tombé sur une ligne ouverte au moment où on annonçait qu’on prenait les appels. J’ai signalé par curiosité et par une « chance » extraordinaire, je suis parvenu à obtenir la ligne. Ensuite, j’ai certainement dû être enivré par cette opportunité qui se présentait enfin à moi de parler à la radio tout en faisant fi du fait que je n’avais rien de constructif à ajouter sur cette histoire de toit olympique. 

Pour être bien honnête avec vous, bien que ce retour dans le passé m’ait légèrement embarrassé, ça m’a quand même permis de réfléchir à propos de tout ce bruit autour de nous.

Ce bruit qu’on entend à la radio, qu’on lit sur les réseaux sociaux ou qui passe en boucle sur les chaînes d’information.

Certes, on a plus de tribunes à notre disposition qu’on n’en a jamais eues auparavant afin de s’exprimer sur nos enjeux de société, mais a-t-on vraiment suffisamment de contenu afin de nourrir cette bête ? Et la fameuse cassette qu’on reproche aux politiciens de répéter sans cesse, fait-elle écho à cette cassette qui joue sans cesse sur de nombreuses tribunes afin de combler tout ce temps d’antenne et ce vide à combler ?

Tout ça me fait penser à une anecdote qu’un bon ami m’avait racontée. Le gars travaillait pour une chaîne d’infos en continu et un jour, on avait filmé en direct un avion en détresse dans le ciel, et ce, pendant un bon moment. Alors que l’équipe tentait de trouver des infos à propos de cet avion, un zoom de caméra avait finalement dévoilé qu’en fait, on filmait un oiseau depuis tout ce temps.

C’est quand même fou à quel point un oiseau peut nous en apprendre sur nous.