Les électeurs de l'Ohio ont voté du côté du vainqueur lors des 13 dernières élections présidentielles.

Les États-Unis en campagne

Retour sur le meilleur et le pire de la politique américaine, cette semaine.
État à surveiller: l'Ohio, le baromètre
En matière d'élection présidentielle, l'État de l'Ohio se trompe rarement. Il a voté pour le gagnant lors des 13 dernières élections!
En Ohio, quand le républicain Donald Trump promet de «réindustrialiser le pays», il frappe dans le mille. Selon un sondage Bloomberg, 57% des électeurs s'opposent au traité de libre-échange nord-américain, qu'ils accusent d'avoir incité beaucoup d'entreprises à partir vers l'étranger. Chez les partisans de Trump, la proportion atteint 70%. 
Depuis quelques jours, Donald Trump s'est bâti une légère avance. Apparemment, les relations orageuses avec le gouverneur républicain de l'Ohio, John Kasich, ne lui ont pas nui. Dans un État blanc à 82%, les déclarations condescendantes d'Hillary Clinton sur les «déplorables partisans racistes» de Donald Trump se sont vite retournées contre elle.
Pour l'instant, plus de 30% des électeurs affirment que leur choix n'est pas définitif. Cette semaine, un coup de sonde plaçait même un troisième joueur, le Parti libertarien, autour de 14%. Pas possible! Et si le baromètre commençait à s'affoler?
L'extrait
«Essayons d'imaginer, juste un instant, que toutes les rumeurs entendues à propos de la santé d'Hillary Clinton soient vraies.
La candidate démocrate a eu plusieurs accidents cardiovasculaires. On lui a diagnostiqué la sclérose en plaques. Elle souffre aussi de la maladie de Parkinson et du sida. 
On ne sait plus trop si elle a de l'asthme. Peut-être pas. En tous cas, il ne lui reste pas plus d'un an à vivre.
Il existe au moins deux personnes qui se font passer pour Hillary Clinton. L'une d'elles est un double. Chacune porte des couches pour adultes. [...]
Pour finir, la vraie Hillary Clinton est constamment victime de spasmes, de crises d'amnésie, de chutes et d'évanouissements. Sans oublier divers troubles cardiaques. Et pour finir, le lupus. [...]
Il apparaît incroyable que cette moribonde ait pu être secrétaire d'État, sénatrice et deux fois candidate à la présidence, en se trouvant constamment à l'article de la mort.»  
Source: How is Hillary still alive? [Comment Hillary peut-elle être encore vivante?], Washington Post, 13 septembre
La citation
«Les antibiotiques peuvent guérir une pneumonie. Mais quel traitement peut guérir un penchant maladif pour le secret, qui ne cesse de créer des problèmes inutiles?»
- David Axelrod, ancien conseiller du président Barack Obama, à propos des problèmes de santé d'Hillary Clinton. Quand la candidate démocrate a eu un malaise en public, sa campagne a d'abord parlé d'un «coup de chaleur», avant d'admettre qu'elle souffre d'une pneumonie. Source: The Atlantic
Le pourcentage: 60%
Bill Nojay en 2013
Proportion des républicains du 133e district de l'État de New York qui ont choisi comme candidat à la chambre des représentants un certain Bill Nojay, même si ce dernier était décédé depuis cinq jours. Le Parti républicain local avait donné comme consigne de voter pour le défunt. Son adversaire, pourtant bien vivant, ne leur semblait pas assez conservateur. Le Parti devra tout de même dénicher un volontaire pour s'asseoir à la place du mort. Source: United Press International (UPI)
La brique: 224 pages
Nombre de pages contenues dans le guide de l'électeur, publié par l'État de la Californie. À elle seule, la section qui explique en détail les 17 référendums d'initiative populaire fait 96 pages. Un analyste a écrit que la lecture du guide se révèle aussi folichonne que celle d'un manuel sur les normes régissant les petits objets recouverts de chrome, rédigé en copte ancien. Et dites-vous bien qu'il s'agissait d'un commentaire optimiste.  Source: Los Angeles Times
Question éclair
Colin Powell
Grâce à la complicité de hackers, le site Buzzfeed News a diffusé des courriels de l'ancien secrétaire d'État sous George W. Bush, Colin Powell. Dans ces messages, M. Powell juge sévèrement plusieurs politiciens. Associez le personnage avec l'insulte qui lui est attribuée...
• 1. La candidate démocrate Hillary Clinton
• 2. L'ancien vice-président Dick Cheney
• 3. Le candidat républicain Donald Trump
a) «Un sujet de honte nationale»;
b) «Un (e) idiot (e)»;
c) «Une personne avide».
Réponse à la fin
Le prix: 20 000$
Somme payée en 2007 par la Fondation Trump, un organisme de charité, pour une peinture de deux mètres de haut représentant... Donald Trump. Source: The Washington Post
Le chiffre: 5,8 millions
Nombre de citoyens américains qui n'auront pas le droit de vote, lors des élections du 8 novembre. Il s'agit le plus souvent d'ex-détenus, à qui la justice a retiré le droit de vote, le temps de purger leur peine. Beaucoup ne parviennent pas à le récupérer par la suite. Source: Mother Jones
La comparaison
John McCain
• Nombre de pages du bilan de santé rendu public par le candidat républicain à la présidence John McCain, en 2008: 1173
• Nombre de pages du bilan de santé rendu public par le candidat républicain Donald Trump, en 2016: 1 
Source: Center for Public Integrity
La citation (bis)
«Si vous généralisez de manière grossière, vous pouvez mettre la moitié des partisans de Donald Trump dans ce que j'appelle le panier des déplorables. Vous me suivez? Le panier du racisme, du sexisme, de l'homophobie, de la xénophobie, de l'islamophobie, et j'en passe. Malheureusement, il y a des gens comme ça. Et Donald Trump les a énergisés. Il a donné une voix à des sites Web qui attiraient 11 000 personnes, et qui en rejoignent désormais 11 millions.»
- Hillary Clinton. Même si la candidate s'est excusée, la citation est vite devenue un point de ralliement pour la campagne Trump, avec la prolifération de t-shirts intitulés «Les déplorables pour Trump». «Depuis des mois, Trump essayait de définir sa campagne comme une révolte du peuple contre l'arrogance des élites, écrit l'hebdomadaire The Nation. Grâce à la remarque de Clinton, cet effort acquiert un vernis de crédibilité.» Source: politifact.com
L'anecdote
Cet été, lors d'un discours du républicain Donald Trump, un journaliste du Washington Post a remarqué le comportement étrange d'un petit garçon. Chaque fois que Donald Trump prononçait le nom de la démocrate Hillary Clinton, le garçon se mettait à hurler :
- Il faut se débarrasser de cette pute! Il faut se débarrasser de cette pute!
Un peu étonné, le journaliste lui a demandé à quel endroit il avait appris à parler de cette manière. Mais aussitôt, la mère du garçon s'est approchée pour répondre :
- Dans des écoles contrôlées par les démocrates.
La promesse
«Aucun emploi ne sera perdu [aux États-Unis]».
- Mark Fields, le pdg de Ford, annonçant que multinationale va bientôt produire ses plus petits modèles de voitures au Mexique, dans une usine toute neuve, au coût de 1,6 milliard $. L'annonce a provoqué une riposte enflammée de Donald Trump. Ce dernier a promis de se venger en imposant une surtaxe de 35 % à tous les véhicules que Ford voudrait importer du Mexique, s'il est élu. Source: Detroit Free Press
La blague
«La semaine a été très occupée pour Donald Trump. Ce matin, il est apparu à [l'émission de télé] Dr. Oz pour avouer qu'il devait perdre environ 15 livres. Aussitôt, son coiffeur lui a téléphoné : «Pas de problème. Tu peux venir quand tu veux.»
- L'animateur Jimmy Fallon au début de l'émission The Tonight Show, le 15 septembre. Quelques minutes plus tard, les téléspectateurs ont eu droit à l'un des moments les plus étranges d'une campagne pourtant très étrange. Invité sur le plateau de l'émission, Donald Trump s'est laissé «ébouriffer» les cheveux, sous les applaudissements ravis du public.  Source: nbc.com
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Réponse à la question éclair: 1.c), 2. b), 3. a). Source: The Wall Street Journal