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Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
En conférence de presse, François Legault se réjouissait d’entrevoir des mois bien différents des 12 derniers. Dans quelques semaines, lorsque les personnes de 65 ans et plus auront été vaccinées, «ça va être une situation complètement différente», a-t-il dit — tout en appelant bien évidemment à continuer à respecter les consignes sanitaires.
En conférence de presse, François Legault se réjouissait d’entrevoir des mois bien différents des 12 derniers. Dans quelques semaines, lorsque les personnes de 65 ans et plus auront été vaccinées, «ça va être une situation complètement différente», a-t-il dit — tout en appelant bien évidemment à continuer à respecter les consignes sanitaires.

Un vent d’optimisme au gouvernement Legault

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CHRONIQUE / L’automne prochain, le gouvernement Legault cherchera à inscrire formellement l’idée d’un nouveau départ. Il sera tenté de marquer le coup par un grand «discours d’ouverture» à l’Assemblée nationale. Nous serons alors à un an des élections générales.

D’ici là, le budget que présentera le ministre Eric Girard le 25 mars, celui de 2021-2022, aura l’ambition de solidifier le système de santé. Mais il prendra aussi des allures de plan de relance post-pandémie. Tout comme celui que dévoilera Chrystia Freeland à Ottawa dans quelque temps.

La vaccination avançant, un certain optimisme se propage au sein de nombreux gouvernements. Celui du Québec n’y échappe pas. «Les anticipations pour 2021 sont plutôt positives en raison de l’évolution de la vaccination et du plan de stimuli budgétaire du gouvernement fédéral américain», a déclaré le ministre des Finances du Québec, mardi.

Deux heures plus tard, en conférence de presse, François Legault se réjouissait d’entrevoir des mois bien différents des 12 derniers. Dans quelques semaines, lorsque les personnes de 65 ans et plus auront été vaccinées, «ça va être une situation complètement différente», a-t-il dit — tout en appelant bien évidemment à continuer à respecter les consignes sanitaires.

La semaine dernière, le premier ministre disait déjà entrevoir un boom économique d’ici la fin de l’année.

Plusieurs dirigeants tiennent des propos semblables depuis quelque temps. Preuve que la vaccination fait son oeuvre en Occident.

Le plan de sauvetage américain créant cet optimisme chez le ministre québécois des Finances et au sein du gouvernement québécois est colossal. Il s’élève à 1900 milliards de dollars américains. Ce plan de l’administration Biden prévoit notamment des chèques de 1400$ pour des millions d’Américains, ainsi que 350 milliards$ d’aides aux États et aux collectivités locales.

À n’en pas douter, il tirera vers le haut la croissance économique aux États-Unis, dont nous dépendons beaucoup.

Ce plan est si énorme même à l'échelle des États-Unis que des experts s’inquiètent déjà d’une poussée inflationniste à terme.

Rappel : au Canada, les ménages bénéficient en général de plus d’argent disponible qu’avant la pandémie.

Si tout va comme prévu, dans quelques mois, à la rentrée politique de l’automne prochain, le gouvernement Legault voudra très certainement miser sur ce très vraisemblable élan à venir pour reformuler ses priorités politiques d’ici la fin de son mandat, en octobre 2022. Il voudra marquer un avant et un après.

Pour ce faire, on passe généralement par un «discours d’ouverture» à Québec; un discours de relance, en l’occurrence.

Ça tombe bien!

En annonçant qu’il présentera son prochain budget dans deux semaines, le ministre Eric Girard a fait savoir que son gouvernement reconnaîtra dans ses grands livres comptables l’existence d’une dette cachée de quelque 12 milliards $, comme le réclame le bureau du vérificateur général depuis 2013.

Ça tombe bien! La Vérificatrice générale, Guylaine Leclerc, a récemment fait savoir qu’elle reviendrait à la charge là-dessus. Le ministre a pris les devants.

Il demeure par contre dommage que le gouvernement Legault rechigne à créer un poste de directeur parlementaire du budget, comme il s’est pourtant engagé à le faire. Un directeur parlementaire du budget dresserait à intervalles réguliers un portrait indépendant et objectif de l’état des finances publiques, comme c’est le cas à Ottawa. Ce directeur fournirait des éclairages bienvenus. Il n’est pas trop tard pour agir.