Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Des vandales ont saccagé des biens dans le Vieux-Montréal, dimanche soir.
Des vandales ont saccagé des biens dans le Vieux-Montréal, dimanche soir.

Poussée de fièvre

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / Il faut distinguer les uns et les autres : les vandales, les manifestants opposés aux mesures sanitaires (ou à certaines d’entre elles), les exténués-exaspérés, et tous ceux qui font contre mauvaise fortune bon coeur ou qui font du mieux qu’ils peuvent avec la situation.

Les vandales qui ont saccagé des biens dans le Vieux-Montréal n’ont aucune raison à invoquer. Ce genre de poussée de fièvre se produit régulièrement pour toutes sortes de prétextes. De prétextes, pas de raisons. Le résultat de dimanche soir correspond à l’abêtissement que produit souvent l’ivresse des foules chez certains ou est le propre de casseurs qui voulaient casser. Point.

Nous ne vivons pas sous une dictature. La violence ne sera jamais légitime dans une société démocratique comme la nôtre. Personne ne demande d’ailleurs à qui que ce soit de se taire. Il y a simplement des lignes rouges toutes naturelles à ne pas franchir.

Les personnes qui manifestent pacifiquement contre les mesures sanitaires ou quoi que ce soit d’autre ont parfaitement le droit de le faire. Elles ont le droit de faire entendre leur désaccord avec le couvre-feu dans leur ville ou dans leur région.

Les voix discordantes peuvent faire réfléchir. Elles sont souvent saines dans nos démocraties. Elles sont même nécessaires.

Les citoyens désireux de manifester doivent toutefois se faire entendre en respectant les règles particulières de cette période, au risque de s’exposer à des amendes.

Les manifestants pacifiques ne sont pas les casseurs, cela étant. Distinguons les uns des autres, même si ces derniers profitent souvent des premiers.

Des manifestants ou des citoyens excédés expliquent que les dernières dispositions sur le port du masque à l’extérieur sont confuses. C’est vrai. Ils ont tout à fait raison. Elles ont suscité des incompréhensions même chez des personnes de bonne volonté. Il leur a sans doute d’ailleurs fallu un peu de temps pour les assimiler, les comprendre. Et nous devons tous comprendre que ces dernières mesures touchent davantage certaines personnes que d’autres : des plus jeunes qui vont se détendre et s’amuser dans des parcs urbains, par exemple.

Ces plus récentes dispositions sur le port du masque à l’extérieur sont-elles avisées? On peut se poser la question fort légitimement. D’autant qu’elles sont difficiles à faire appliquer par les policiers et qu’elles peuvent donner lieu à des sanctions arbitraires ou paraissant l’être. Ce qui est certain, c’est que la gestion de ce volet des choses ces derniers jours par le gouvernement a été calamiteuse.

Comme l’a cependant exprimé la mairesse de Montréal, Valérie Plante, en commentant le vandalisme perpétré dans le Vieux-Montréal, «l’un ne mène pas à l’autre». Ce volet des choses ne justifie ni n’explique la poussée de fièvre de quelques-uns.

S’il faut encore tenir le cap aujourd’hui, c’est pour les jeunes. Ils ont payé très cher la pandémie.

S’il nous faut tous tenir encore, y compris des plus jeunes qui n’en peuvent plus, c’est pour que tous les plus jeunes puissent retrouver une vie plus normale. Pour cela, au moins, que ceux qui sont éligibles dès maintenant à la vaccination s’en prévalent!