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Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon
Le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon

Loi 101 au cégep: réponse légitime, mais incomplète

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CHRONIQUE / Avec le projet d’étendre l’application de la loi 101 au réseau collégial, le Parti québécois sort de son Conseil national avec une position claire à opposer au gouvernement Legault. Pour rallier sa base et pour bien camper sa propre place sur l’échiquier politique au Québec, c’est ce dont il avait besoin.

À partir de maintenant, il ne s’agira plus que d’une formalité pour que l’instance suprême du parti — le Congrès — entérine l’automne prochain la mesure que quelque 200 militants réunis ce samedi et ce dimanche ont adoptée à hauteur de 94 % sur le front linguistique.

Samedi matin, je rappelais que cette épineuse question était une histoire sans fin au Parti québécois, qu’elle était faite d’allers-retours (Lire Le yoyo du PQ). Tout indiquait que le Conseil national allait avaliser la proposition des jeunes péquistes d’élargir les dispositions de la loi 101 au réseau collégial, ce qui aurait pour conséquence — si le PQ reprenait le pouvoir et allait bel et bien de l’avant — de fermer la porte des cégeps anglophones aux étudiants francophones et allophones.

Le chef Paul St-Pierre Plamondon avait rappelé la semaine dernière qu’il s’était prononcé contre cet élargissement lors de la dernière course à la direction du Parti québécois tout en se montrant «ouvert» à un changement à ce chapitre. Tout juste à la veille de l’ouverture du Conseil national, il a fait très officiellement sienne cette proposition des jeunes péquistes.

Outre le sursaut de conviction qu’il a pu ressentir sur cette question, il en allait sans doute aussi de son intérêt comme chef puisque ce sujet est redevenu populaire chez de très nombreux péquistes au fil des mois. Le nouveau chef ne pouvait se permettre de voir sa position être rejetée au profit d’une autre par une majorité de délégués du Conseil national.

Ce projet sera donc de retour dans le prochain programme électoral du parti en raison entre autres des études inquiétantes régulièrement rendues publiques sur l’avenir de la langue française sur l’île de Montréal.

Les motivations

La position du PQ est légitime. Elle est légitime, mais insuffisante. Elle ne répond pas aux raisons qui motivent de nombreux étudiants à poursuivre leurs études dans un établissement anglophone en quittant le réseau des écoles secondaires francophones. Outre un certain prestige rattaché aux cégeps anglophones dans plusieurs milieux, ces motivations sont liées à un désir de mieux maîtriser la langue anglaise.

C’est pour répondre à ce désir que l’ex-chef Jean-François Lisée avait proposé en 2017 de rendre les cégeps francophones plus attractifs, notamment en permettant aux cégépiens «qui le désirent, et qui démontrent une maîtrise du français suffisante, de suivre un parcours en anglais enrichi qui pourra comporter une session dans un cégep anglophone». Ainsi, disait-il, les étudiants allophones et francophones qui choisissent aujourd’hui un cégep anglophone afin d’y acquérir une meilleure connaissance de l’anglais pourront atteindre «le même objectif, légitime, mais en choisissant pour y arriver le cégep francophone». 

M. Lisée vient de se rallier à l’idée d’élargir au cégep les dispositions de la loi 101 sur la langue d’enseignement. Peu importe ici les modalités de la proposition qu’il avait formulée, la préoccupation qu’il manifestait ces dernières années demeure valable. C’est une pièce manquante.