Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Le nouveau chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon
Le nouveau chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon

Les classiques du chef

CHRONIQUE / On est dans les classiques du chef depuis quelques jours au Parti québécois. Dans les classiques des nouveaux chefs.

Paul St-Pierre Plamondon fait preuve d’enthousiasme, de pep, d’énergie. C’était pareil quand André Boisclair a pris les rênes du Parti québécois, lorsque Pauline Marois est arrivée, lorsque Pierre Karl Péladeau s’est amené et lorsque Jean-François Lisée a remplacé ce dernier.

Paul St-Pierre Plamondon transporte cependant avec lui un dynamisme propre et particulier.

Fondamentalement, son objectif politique est de faire revenir dans le giron péquiste des nationalistes québécois partis en très grand nombre à la Coalition avenir Québec. Les premières stratégies politiques et médiatiques qu’il a lancées pour tenter de parvenir à cet objectif s’étalent comme dans un grand livre ouvert.

On savait déjà qu’il tenterait de faire le procès du «régime fédéral» aussi souvent que possible. C’est ce qu’il a promis pendant sa course à la direction.

On voit aussi qu’il marche dans les traces creusées ces derniers mois par l’aile parlementaire du PQ à propos du nationalisme pratiqué par le gouvernement caquiste qui n’en serait un que de façade.

Ce que l’on découvre ces jours-ci est une flèche qu’il veut ajouter à l’arc péquiste. Il s’agit de l’association qu’il cherche à établir entre les caquistes et les libéraux des ères Couillard et Charest.

Nous sommes et nous serons priés de comprendre que caquistes et libéraux, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

Mardi, il s’en est donné à coeur joie lors d’un point de presse. Annonçant qu’il allait parler d’une décision de dézonage de terres agricoles dans Lanaudière, il ne s’est pas contenté de dénoncer un contournement de règles. Il a tenu à dire qu’il y voyait «tout le modus operandi des libéraux».

«La CAQ et le Parti libéral, c’est la même approche, c’est juste la mise en marché qui a changé.»

Il s’est empressé d’élargir son propos : M. Legault «est en train de démontrer que la différence entre le Parti libéral et la CAQ dans la gestion des affaires courantes, elle est invisible. C’est vrai au niveau de la langue. Mais c’est vrai aussi au niveau du projet de loi 61 qui a été suivi du projet de loi 66» (lesquels portent sur l’accélération de projets d’infrastructures).

Dans la foulée, il a aussi fiancé la CAQ et les libéraux dans un autre dossier, celui de l’UPAC.

Paul St-Pierre Plamondon voudrait évidemment que son «bonnet blanc, blanc bonnet» ruisselle dans les esprits. C’est une stratégie politique classique, mais plutôt inédite s’agissant des libéraux et des caquistes.

Le nouveau chef péquiste sait que la meilleure défense — ainsi que la meilleure façon de réunir ses troupes — est l’attaque.

Et qu’est-ce qui peut le plus agacer les caquistes que de se faire comparer aux libéraux?

De là à ébranler des anciens péquistes passés à la CAQ, ça, c’est vraiment une autre histoire.

Liberté académique

Personnellement, je trouvé Paul St-Pierre Plamondon plus intéressant et plus convaincant sur les propositions concrètes qu’il a énoncées pour protéger les universités de dérapages semblables à celui survenu ces derniers jours à l’Université d’Ottawa.

À cet égard, toute la classe politique québécoise a été à la hauteur mardi, à commencer par la libérale Dominique Anglade, qui a donné le ton politique à la journée.