Depuis quelques jours, depuis qu’elle a pris la parole à l’ONU, c’est une espèce de sport national et international de dénoncer le ton de la jeune Suédoise qui sera dans les rues de Montréal ce vendredi.

Legault salue Greta Thunberg et c’est très bien!

CHRONIQUE / Le premier ministre François Legault n’est pas tombé dans le piège. Plutôt que de s’en prendre au ton de Greta Thunberg et à son choix de mots, comme de très nombreux adultes l’ont fait, il s’en est tenu à l’essentiel.

En répondant à des questions sur elle, jeudi, dans les couloirs de l’Assemblée nationale, il n’a parlé que du fond de la question, que des changements climatiques. C’était très bien.

Car, on peut très bien ne pas partager les discours catastrophistes, les trouver contre-productifs, et éviter de tomber à bras raccourcis sur une adolescente, même si elle est la figure de proue d’un mouvement mondial.

Depuis quelques jours, depuis qu’elle a pris la parole à l’ONU — et même avant, d’ailleurs —, c’est une espèce de sport national et international de dénoncer le ton de la jeune Suédoise qui sera dans les rues de Montréal ce vendredi.

Greta Thunberg n’a probablement pas élargi le nombre de ses adeptes en parlant comme elle l’a fait à New York. Mais l’insistance de plusieurs à mettre l’accent sur son alarmisme et son écoanxiété vise trop souvent, au fond, à occulter le sens de son propos.

La technique et la chanson sont connues : viser le messager… Ou regarder le doigt qui pointe la lune plutôt que celle-ci...

Transition

Le gouvernement de François Legault a le fardeau de la preuve en matière de lutte contre les changements climatiques. Il nous promet un plan sérieux pour le début de l’année prochaine. À voir, bien sûr.

En même temps, personne ne doit croire que dans cette période de transition qui s’ouvre, son gouvernement et les autres mettront un frein à tout projet de développement économique, même polluant. C’est une période de tran-si-tion.

Du reste, c’est la Coalition avenir Québec qui est au pouvoir au Québec. Pas Québec solidaire.

Il faudra que des citoyens poussent encore à la roue pour que les gouvernements d’ici et d’ailleurs agissent mieux et plus vite.

Un choix

«Je pense qu’il faut saluer les jeunes comme Greta Thunberg qui disent à tous les citoyens du monde : “On ne peut pas ne rien faire”», a déclaré François Legault avant d’ajouter qu’il était content qu’elle se soit exprimée aux États-Unis, où il y a tant à faire pour réduire les gaz à effet de serre.

Ce qui est alarmant, ce n’est pas ce qu’elle a dit, c’est la «situation», a insisté M. Legault. «Si on ne fait rien, c’est la survie de la planète qui est en jeu. Ce n’est pas rien.»

En parlant ainsi, M. Legault a-t-il voulu s’épargner des critiques au moment où de très nombreux Québécois défileront dans les rues?

Est-ce parce qu’il veut se verdir le plus possible? Est-il dans le marketing politique?

En politique, les intérêts partisans ne sont jamais totalement absents.

Mais il aurait été tout aussi facile pour François Legault de joindre sa voix à tous ceux qui s’en sont pris à l’adolescente et à l’alarmisme, puisque leurs dénonciations sont également populaires, très populaires même. Il a fait un autre choix. Celui de s’en tenir au fond de la question, et c’est tant mieux!

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