Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette
Le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette

Le comité de relance est bancal

CHRONIQUE / Si les fonctions ministérielles veulent dire quelque chose, il faudra à terme que le ministre de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, Benoit Charette, rejoigne de plain-pied et de plein droit le comité de relance économique formé par François Legault.

Pour cette relance, M. Legault s’est entouré des ministres des Finances, Eric Girard, de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, du Travail, Jean Boulet, et du Conseil du Trésor, Christian Dubé. Ensemble, ils ont pour mission de répondre à l’urgence économique et de préparer le Québec à l’après-crise sanitaire — ou plutôt de l’aider à coexister, économiquement parlant, avec ce coronavirus pendant un temps peut-être assez long.

Lorsqu’il a fait état de la création de ce comité, le chef du gouvernement a glissé — rapidement, mais tout de même — que les mesures qu’il lancerait devaient «être jumelées avec notre lutte aux changements climatiques».

Dans ses discours, le premier ministre veut lier économie et lutte contre les changements climatiques. 

L’un et l’autre doivent l’être.

Le premier élément ne devrait plus depuis longtemps aller sans le second. Il faut voir le plus loin possible.

D’ailleurs, le plan de réduction des gaz à effet de serre que présentera le ministre Benoit Charette ne s’intitule-t-il pas Plan d’économie verte? On est aussi dans l’économie, non? 

Voilà pourquoi ce ministre devrait être de la partie et à la même table (pour l’instant virtuelle) que ses collègues.

Je veux bien admettre que l’urgence ait imposé les choix qui ont été faits pour composer ce comité. Mais le temps qui s’écoule et la nécessité de prendre en compte le mieux possible les nécessités environnementales devraient aussi imposer la présence du titulaire de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques au sein de ce groupe restreint — surtout si celui-ci est appelé à durer dans le temps.

Ce serait tout logique et tout naturel.

Le Conseil du patronat du Québec lui-même croit qu’il faudrait inclure le ministre de l’Environnement au sein de ce groupe d’action «formé pour travailler à la relance de l’économie québécoise». C’est dire!

L’organisation patronale en appelle même à «l’indispensable cohérence d’un plan national de relance avec nos engagements climatiques».

C’est exactement ça : l’inclusion du ministre de l’Environnement au sein de ce comité est une affaire de cohérence. De cohérence économique et politique.