Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Jean-Marc Salvet
Le Soleil
Jean-Marc Salvet
Le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda, le premier ministre François Legault et son ministre de la Santé, Christian Dubé
Le directeur national de la santé publique, Dr Horacio Arruda, le premier ministre François Legault et son ministre de la Santé, Christian Dubé

Le choc, l’échec et la résilience

Article réservé aux abonnés
CHRONIQUE / Le mot résilience s’emploie souvent à tort et à travers. Et à tout bout de champ, qui plus est. Il s’applique cependant bien pour décrire l’état d’esprit dont plusieurs doivent faire preuve pour surmonter une nouvelle fois l’arrêt de nombreux secteurs de vie dans certaines régions du Québec.

Le choc ressenti par plusieurs devant les derniers tours de vis de François Legault est d’autant plus grand que celui-ci disait encore la semaine dernière que le Québec résistait. Ce n’était pas l’avis du Collège des médecins.

Mardi, Québec, la Beauce, le Bas-Saint-Laurent, le Lac-Saint-Jean et l’Outaouais étaient «sous haute surveillance», insistait le premier ministre. Mais la situation demeurait «à l’intérieur de nos capacités hospitalières avec les projections actuelles», rassurait-il dans le même élan.

Mercredi matin, «l’alarme a sonné» au sein de l’équipe de crise du gouvernement. Les chiffres n’étaient pas bons dans certaines régions, particulièrement dans les villes de Québec et de Lévis, ainsi qu'à Gatineau.

Trop vite?

Québec a-t-il déconfiné trop vite au début du mois? A-t-il trop lâché la bride, alors que les variants menaçaient de se propager et qu’on le savait tous parfaitement?

Espérons au moins que ceux qui l’affirmeront le plus fort ne sont pas les mêmes qui réclamaient chaque jour des assouplissements pour ceci et pour cela.

Il s’agissait de demandes compréhensibles dans les circonstances, mais dont la multiplication a fini par faire craindre au gouvernement que l’adhésion aux restrictions sanitaires se fragilise toujours plus.

Cela, c’est sans compter le fait que les voix qui réclamaient des assouplissements s’appuyaient sur des questions bien légitimes de santé mentale et d’impératifs économiques.

Notre échec

Les reculs annoncés mercredi sont notre échec collectif. Ils découlent de l’insouciance de certains et de l’irresponsabilité de quelques-uns.

Et du désir très grand de tous de retrouver une vie plus normale.

Et des assouplissements que le gouvernement a mis en place il y a quelque temps, alors que le variant britannique arrivait.

En annonçant de nouvelles restrictions dans certaines régions, le gouvernement Legault fait d’une pierre deux coups. Il envoie aussi un message à tout le Québec avant Pâques, particulièrement à la grande région de Montréal.

Le plus décourageant est de constater que cela prend des interdictions strictes pour que l’on soit plus nombreux à comprendre le sens du mot vigilance.

Maintenant, pendant quelque temps encore, il faudra comprendre celui du mot résilience.