Dans le dossier des signes religieux, le gouvernement Legault soupesait encore cette semaine la pertinence ou pas d’inclure dans le projet de loi du ministre Simon Jolin-Barrette une clause de droit acquis.

Haro sur les «y'a qu'à»!

CHRONIQUE / Dieu qu’on tourne en rond sur les symboles religieux! La semaine qui s’achève l’a illustré. Elle a offert un sacré démenti à tous ceux qui depuis des années clament qu’il n’«y a qu’à» : «y’a qu’à faire ça», «y’a qu’à faire cela», «y’a qu’à faire ceci». Et la question sera réglée… «Réglée»? Ben oui, c’est tellement simple…

Dans tous les partis, à un moment ou l’autre, des députés ou des ministres savaient toujours ce qu’il fallait faire. Tellement qu’ils parlaient de façon péremptoire. On ne les entend plus.

Le dernier cas le plus révélateur est celui de la Coalition avenir Québec. Sa position est officiellement arrêtée depuis des années. Or, le gouvernement Legault soupesait encore cette semaine la pertinence ou pas d’inclure dans le projet de loi du ministre Simon Jolin-Barrette une clause de droit acquis.

Une telle disposition permettrait par exemple aux enseignantes portant un hijab déjà en emploi de continuer d’enseigner jusqu’à leur retraite ou alors pendant un certain nombre d’années — si Québec optait pour une formule de protection s’étirant sur une longue période, mais une période circonscrite dans le temps, une idée déjà évoquée dans cette rubrique.

Il existe du pour et du contre, a exprimé le premier ministre François Legault en parlant de la clause de droit acquis. En effet.

Chez les libéraux, la question des symboles de foi suscite encore une fois des discussions. Depuis des années, en coulisse, il se trouve des libéraux pour souhaiter que leur parti épouse au moins les recommandations de la commission Bouchard-Taylor.

Chez Québec solidaire, on ne cache plus depuis des semaines que les militants sont divisés.

Au Parti québécois, certains estiment que leur parti va trop loin en incluant les éducatrices et éducateurs en garderie subventionnée et en CPE dans le champ des interdits — même si c’est avec une clause de droit acquis, comme pour les enseignants.

On ne s’entend parfaitement dans aucun parti. C’est normal. Il existe des impératifs juridiques, humains, ainsi que des aspects liés aux convictions personnelles des élus et à ce qu’ils perçoivent de l’état de l’opinion publique.

Voilà pourquoi on n’entend plus les «y’a qu’à» de jadis dans les partis. C’est tant mieux. Tous les parlementaires sont devenus plus humbles sur cette question. Ça fait du bien.

Le dernier de la chaîne

Bien des Québécois ne comprendraient pas que les gains d’efficience promis par le gouvernement Legault pour honorer ses engagements électoraux se traduisent par des baisses de services publics qui les toucheraient personnellement. Tous les engagements caquistes ne sont pas et ne seront pas autant salués que peut l’être, et à bon droit, le dépistage précoce des troubles de développement.

L’austérité générale du gouvernement Couillard a été justifiée en raison d’importants déficits publics annuels qui ont aujourd’hui disparu. Des gains d’efficience peuvent bien sûr être obtenus par des révisions de façons de faire. Mais c’est toujours ce qu’on dit… Or, si on se contente d’ordonner à des ministres d’économiser tel ou tel pourcentage, l’aveugle et habituelle chaîne de commandement finira par provoquer des dégâts dans les services.

Chaque palier hiérarchique regardera celui en dessous de lui pour répercuter la commande. Au bout de la chaîne, ce seront de simples employés qui écoperont dans la fonction publique ou ailleurs. Ce n’est pas ainsi que les choses devraient se passer.

Pour une fois, on attend un peu de finesse et d’intelligence dans cet exercice.