Le député libéral André Fortin présentera cette semaine un projet de loi visant à instaurer «une présomption de consentement au don d’organes ou de tissus après le décès».

Don d’organes, un sujet pour les députés

CHRONIQUE / Le député André Fortin présentera cette semaine un projet de loi visant à instaurer «une présomption de consentement au don d’organes ou de tissus après le décès». Malgré les réticences légitimes que bien des citoyens peuvent ressentir devant le «consentement présumé» au don d’organes, il faudrait au moins en discuter.

Je dis cela, car, à l’Assemblée nationale du Québec, les façons de faire font en sorte qu’une proposition législative émanant d’un député d’opposition reste toujours sur une tablette — sauf rarissimes exceptions. Or, André Fortin est un élu libéral.

Mais il serait pertinent que le gouvernement de François Legault permette d’ici la fin de son mandat que ce projet de loi soit au moins étudié.

Ce ne serait pas la première fois que l’Assemblée nationale se pencherait sur le sujet. En 2006, elle a d’ailleurs adopté une loi parrainée par le député William Cusano, qui lui-même avait reçu un nouveau cœur. L’objectif que poursuivait cette législation était de faciliter les dons d’organes et de tissus. Un objectif qui n’a toutefois été réellement appliqué qu’après l’adoption d’une autre loi, celle-là en 2010. Portée par le ministre de la Santé d’alors, Yves Bolduc, elle a entre autres créé le Registre des consentements au don d’organes et de tissus.

Depuis, régulièrement, l’Assemblée nationale reçoit des pétitions réclamant que le processus de don d’organes et de tissus soit modifié pour privilégier un modèle fondé sur le «consentement présumé». Ce, afin «que les personnes décédées soient présumées donneuses d’organes et de tissus, à moins qu’elles n’aient signé un document signifiant leur refus» — pour reprendre le libellé de l’une de ces pétitions.

Pourquoi l’Assemblée nationale devrait-elle profiter de la présentation du projet de loi d’André Fortin pour se repencher sur cette question? Parce que nos parlementaires sont bien placés pour écouter les arguments de ceux qui affirment que le consentement présumé sauverait davantage de vies et pour bien entendre le malaise que vivent de très nombreux citoyens devant cette perspective. Et pour dire ensuite où en est la société québécoise à cet égard et où elle devrait être, le cas échéant.

Que ce projet de loi, au moins, n’aille pas s’empoussiérer sur une tablette. Car il existe des discussions comme celle-là qu’on peut — qu’on doit — régulièrement tenir.

Ne serait-ce que pour permettre aux citoyens de se resensibiliser à ce que nous pouvons déjà faire aujourd’hui.

La mission de Ian Lafrenière

Une commission parlementaire spéciale sur l’exploitation sexuelle des mineurs débute ce lundi à l’Assemblée nationale. Il va sans dire qu’on est là aussi devant un autre vrai sujet.

Présidée par l’ex-policier et député caquiste Ian Lafrenière, cette commission aura pour mandat de comprendre comment des adolescentes (et des adolescents) en viennent à se prostituer et ce qu’il est possible de faire pour éviter cette descente aux enfers.

«Les filles travaillent entre cinq et six jours par semaine, font entre 5 et 10 clients par jour. Ce sont nos jeunes filles. Une fois malades ou mal en point, qu’est-ce qu’on fait? Bien, ce n’est pas compliqué : elles sont vendues; vendues à un autre proxénète», a exposé M. Lafrenière au Soleil le printemps dernier.

À n’en pas douter, les députés membres de cette commission feront un travail utile. Car il y a des pierres comme celle-là qu’il faut sans cesse retourner.

C’est une incontournable et impérieuse mission que conduira M. Lafrenière avec ses collègues de Québec solidaire, du Parti québécois et du Parti libéral du Québec.

Le déguisement de Catherine Dorion

À l’évidence, les deux sujets précédents sont beaucoup plus importants que le suivant. Le tailleur revêtu par Catherine Dorion la semaine dernière pour se «déguiser en députée» en cette Halloween 2019 ne nous mènera pas bien loin...

Certains s’énervent parce que la photo illustrant ce moment a été prise au solennel Salon rouge de l’Assemblée nationale et parce que la députée de Taschereau s’est assise sur le pupitre du président de séance pour faire immortaliser ce cliché... Mais ce n’était qu’un clin d’œil!

Si un député s’était déguisé en Charlie Chaplin et s’était fait prendre en photo au même endroit, pas sûr que beaucoup de ses collègues se seraient énervés. Gare à ne pas trop perdre de vue l’essentiel.