On se souvient de la déclaration fracassante du premier ministre François Legault sur le «pétrole sale» de l’Alberta, déclaration tombée au même moment où l’on apprenait que le Québec toucherait 13,1 milliards $ en péréquation en 2019-2020, soit 1,4 milliard $ de plus que pour l’année financière se terminant le 31 mars.

Chouette, du pétrole propre!

CHRONIQUE / Dans mon calepin de notes, trois sujets sont restés en plan ces derniers jours et un est apparu lundi. Le premier concerne le pétrole propre. Pardonnez l’oxymore.

On se souvient de la déclaration fracassante du premier ministre François Legault sur le «pétrole sale» de l’Alberta, déclaration tombée au même moment où l’on apprenait que le Québec toucherait 13,1 milliards $ en péréquation en 2019-2020, soit 1,4 milliard $ de plus que pour l’année financière se terminant le 31 mars.

Certes, il existe du pétrole plus sale que d’autres. Mais il ne se trouvera personne pour affirmer qu’il existe du pétrole propre. Tous les pétroles sont plus ou moins sales, disons-le ainsi.

Partant de là, la péquiste Mégane Perry Mélançon a eu raison la semaine dernière de lier la déclaration controversée de François Legault au projet d’exploitation pétrolière de la compagnie Cuda Pétrole et Gaz en Gaspésie.

On veut bien croire, comme le dit le gouvernement Legault, que ce projet n’ira pas de l’avant sans respecter de strictes conditions, mais il y a là apparence d’incohérence — à moins, bien sûr, de considérer qu’il existe un pétrole québécois propre…

Surfer

À l’issue de sa rencontre avec François Legault, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, s’est engagé vendredi à porter le message du gouvernement caquiste à Ottawa. C’est ce qu’il peut faire de mieux, surtout d’un strict point de vue tactique.

Avec les élections fédérales, M. Blanchet et ses bloquistes ont intérêt à surfer sur la popularité de la Coalition avenir Québec (CAQ) au Québec.

Mais ils ne seront pas les seuls à vouloir prendre la vague caquiste. Il y aura aussi les conservateurs d’Andrew Scheer. Les uns et les autres se disputeront le vote nationaliste.

Message interne

Ce n’est qu’après un long et dur bras de fer que les partis politiques québécois étaient parvenus à s’entendre sur le libellé d’une résolution au sujet de la Catalogne en 2017. Or, ils sont à nouveau divisés ces jours-ci, bien que leur discorde passe cette fois plutôt inaperçue.

Un projet de résolution parlementaire du Parti québécois n’a pas trouvé écho auprès du gouvernement. Pour la CAQ, qui réunit à la fois des souverainistes et des fédéralistes, l’affaire est plus délicate au pouvoir que dans l’opposition.

Les partis politiques québécois s’entendront-ils cette semaine sur le libellé d’une nouvelle résolution sur la Catalogne? L’une des difficultés est qu’à travers cet éventuel texte, c’est d’abord aux Québécois qu’ils parleront.

Collaboration

Chaque nouveau gouvernement québécois a beau blâmer son prédécesseur, il n’en demeure pas moins qu’on est toujours plus dans la continuité que dans la rupture. Il en va ainsi de la place que doivent prendre les infirmières praticiennes spécialisées dans le monde médical.

La ministre de la Santé, Danielle McCann, a pris le témoin de son prédécesseur, Gaétan Barrette. Le principe du passage de témoin, c’est d’emmener celui-ci plus loin. Dans ce cas-ci, beaucoup plus loin.

On se gargarise souvent du mot collaboration à l’Assemblée nationale. Voilà un dossier où les partis d’opposition devront continuer de soutenir Mme McCann et ne pas lui tourner le dos à la première modalité présentée.