Chronique

M. Legault peut remercier M. Tremblay [ANALYSE]

CHRONIQUE / Le gouvernement de François Legault peut distribuer les mercis. Il peut dire merci à M. Tremblay, à Mme Gagnon, aux citoyens en général, aux entreprises, à la croissance économique québécoise, canadienne et mondiale.

Il peut aussi dire merci à l’ancien gouvernement du Québec, ainsi qu’au 1,4 milliard $ supplémentaire provenant cette année de la péréquation canadienne— même s’il souhaite faire en sorte que le Québec puisse un jour se passer de ce programme gênant, une perspective malheureusement fort lointaine.

Jamais depuis deux générations, une équipe gouvernementale au Québec n’a possédé autant de moyens au début de son mandat pour commencer à mettre en œuvre son programme électoral, pour effectuer des choix sans trop de contraintes. Pour commencer à aller là où elle veut aller.

Que découvre-t-on de façon générale? Que le gouvernement de François Legault croit en l’État, qu’il croit en l’«interventionnisme» à la Bernard Landry.

Tout est affaire de perspective, mais ce premier budget du ministre Éric Girard est plus à la gauche qu’à la droite du centre. Il confirme l’élargissement et l’approfondissement de l’assiette des services publics. L’interventionnisme du gouvernement Legault se manifeste aussi du côté économique.

Les choix du budget 2019-2020 sont les siens. Mais les moyens viennent d’ailleurs.

Le ministre Éric Girard a eu l’élégance de rendre hommage au gouvernement précédent. C’est chic.

Ça va bien au Québec? 

Des marges de manœuvre? Regardons à travers la seule lorgnette de l’impôt des particuliers.

Il y a un an, il était prévu que cet impôt fasse entrer 30,5 milliards $ dans les coffres de l’État québécois. C’est finalement des centaines de millions de plus qui ont été récoltés. Et le ministère des Finances estime que ce seul impôt rapportera 38,1 milliards $ en 2023-2024!

En cinq ans, l’État aura donc cueilli près de 8 milliards $ de plus au seul chapitre de l’impôt des particuliers.

Le Québec a changé de paradigme budgétaire. En 2015-2016 et 2016-2017, les surplus découlaient principalement de dépenses gouvernementales inférieures à celles planifiées. Depuis, les excédents résultent de revenus supplémentaires.

Un record

Des mercis? Il en faut. Le gouvernement Legault n’a pas lui-même constitué la réserve de stabilisation record de plus de 9,5 milliards $, qui servira de pare-chocs en cas de coup dur.

Des mercis? Il le fait un peu à sa façon avec la toute nouvelle identification visuelle qui accompagnera désormais toutes ses initiatives et qui se lit ainsi : «Votre gouvernement». Avec ce «votre», il cherche et cherchera aussi à rappeler qu’il est «à l’écoute de la population». M. Legault rêve de faire de l’«écoute» son ADN politique.

Ce «Votre gouvernement» est apparu pour la première fois sur les documents budgétaires présentés jeudi.

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Laïcité: Legault sur un fil

CHRONIQUE / Pour faire atterrir le mieux possible son projet de loi à venir sur le port de signes religieux, le gouvernement Legault devra démontrer qu’à défaut de plaire à tous, il est raisonnable. Tentons de voir quels seront ses arguments lorsqu’il s’adressera à ceux qui jugeront que sa proposition ne va pas assez loin et à ceux qui la trouveront brutale.

Depuis un certain temps circule l’idée que le projet de loi que présentera le ministre Simon Jolin-Barrette inclura une disposition de droit acquis pour éviter que qui que ce soit ne perde son emploi; ainsi qu’une clause dérogatoire pour soustraire la législation aux chartes des droits et libertés du Canada et du Québec.

Certains déploreront que le gouvernement caquiste rompt son engagement électoral. Il est vrai que la Coalition avenir Québec n’a pas parlé de clause de droit acquis en campagne électorale, ni même avant. Mais l’équipe gouvernementale pourra avancer qu’elle n’a jamais dit qu’il n’y en aurait pas...

S’il se confirme que le port de symboles de foi sera autorisé ou proscrit selon la date d’embauche, ces mêmes déçus dénonceront un «système à deux vitesses». Ils l’estimeront ingérable dans les écoles — là où la future loi aura le plus d’impact.

Le gouvernement pourra faire valoir que le seul fait que personne ne perde son emploi est un argument valable en soi. Et que les difficultés que vivraient des salariés contraints d’aller occuper une autre fonction — des salariées, en grande majorité — ne contribueraient en rien à l’apaisement social.

Or, c’est un objectif que tout gouvernement doit poursuivre et que tous devraient chérir.

Le gouvernement Legault pourra aussi arguer que l’inclusion d’une clause de droit acquis lui permettra d’obtenir l’appui d’au moins un parti d’opposition, du Parti québécois en l’occurrence.

Parallèlement, en incluant une clause dérogatoire d’entrée de jeu, il pourra affirmer qu’il pose un «geste nationaliste».

Moment de gêne

Une parenthèse ici, puisqu’il est question du Parti québécois : il a connu un moment de petite honte politique à l’Assemblée nationale mercredi lorsqu’il a officiellement été relégué au rang de troisième groupe d’opposition, ce qui le fait passer derrière Québec solidaire.

Cette glissade est essentiellement symbolique, mais elle a profondément heurté les députés péquistes. La représentante de la circonscription de Duplessis, Lorraine Richard, a même quitté la séance de la période des questions.

Les neuf élus péquistes devront changer de pupitre au Salon bleu pour laisser les leurs aux solidaires. Ironiquement, ils seront installés près de la députée désormais indépendante Catherine Fournier, celle par qui leur dernier malheur s’est produit. Refermons cette parenthèse.

Les autres arguments

Quels pourraient être, maintenant, les arguments du gouvernement pour ceux qui jugeront que son projet sur la laïcité va trop loin?

Il fera sans doute valoir que le statu quo est rejeté par une majorité de citoyens; que s’il demeurait les bras croisés, un autre gouvernement irait peut-être un jour encore plus loin.

Aussi, que son projet est modeste par rapport à la Charte des valeurs de l’ex-ministre du Parti québécois, Bernard Drainville, qui prévoyait, lui, proscrire le port de signes religieux chez tous les employés de l’État. 

Il plaidera qu’il s’en tient aux figures de coercition retenues par la Commission Bouchard-Taylor, soit les juges, les procureurs, les policiers et les gardiens des centres de détention; des groupes auxquels il ajoute les enseignants des écoles primaires et secondaires du réseau public — ce qui touchera surtout des enseignantes portant le hijab, il faut le souligner.

Il réinsistera probablement sur le fait que l’effet de la loi sera circonscrit grâce à la disposition de droit acquis — si c’est bien ce qui sera retenu dans sa proposition législative.

À ceux qui s’en prendront au fait qu’il utilise des clauses dérogatoires pour se soustraire à l’application des chartes des droits et libertés, il rappellera qu’une équipe pilotée par le professeur de droit Guillaume Rousseau a déjà dénombré 41 lois adoptées par l’Assemblée nationale qui comprenaient au moins une disposition dérogatoire. Parmi ces 41 lois, neuf prévoyaient des dérogations à la fois à la Charte canadienne et à la Charte québécoise.

Si je suis certain que Québec rappellera cet historique, c’est que Guillaume Rousseau, candidat défait du Parti québécois dans Sherbrooke, travaille depuis quelques jours avec le ministre Simon Jolin-Barrette.

Les arguments qu’avancera le gouvernement Legault ne convaincront pas tout le monde, loin de là même. Et encore moins si le crucifix accroché au-dessus du fauteuil du président de l’Assemblée nationale reste en place! Voilà pourquoi, mine de rien, la petite porte que vient d’ouvrir pour la première fois François Legault sur la place de ce crucifix est importante.

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Trop-perçus d’Hydro-Québec: sur le fond, Legault a raison

CHRONIQUE / François Legault n’en finit plus de tenter de désamorcer la grenade politique des «trop-perçus» d’Hydro-Québec. Il a décidé de corriger la situation pour les prochaines années. Très bien. Et il a parfaitement raison de ne pas revenir sur le passé.

Si la Coalition avenir Québec (CAQ) a eu tort d’avoir poussé des hauts cris dans l’opposition, le gouvernement Legault, lui, ne peut tout simplement pas rembourser les trop-perçus du passé, comme les partis d’opposition le réclament encore. Il le ferait au risque de ne pas pouvoir donner suite à de réels engagements électoraux. 

Mais commençons par les intentions — peu précises — que le gouvernement a présentées mardi pour les années à venir. M. Legault a demandé à la direction d’Hydro-Québec de faire en sorte que l’augmentation des tarifs d’électricité en 2020 tienne compte des trop-perçus passés — que la hausse soit donc moins élevée que ce qu’elle devrait être. Dit comme ça, c’est intéressant.

Mais comment aura-t-on la certitude que la prochaine augmentation sera moins élevée qu’elle l’aurait été? La société d’État n’est-elle pas d’ailleurs censée avoir déjà tenu compte des trop-perçus accumulés depuis des années dans ses dernières augmentations?

Le ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien, a de plus été chargé de revoir le mécanisme de partage des trop-perçus pour que «tous les écarts de rendement soient retournés» aux clients à partir de 2020. Il ne devrait donc plus y avoir de trop-perçus dans l’avenir.

Il y a quelque temps, le premier ministre avait pourtant défendu le fait que les «bénéfices additionnels» d’Hydro-Québec ne soient pas entièrement retournés à ses abonnés, car ils pouvaient aussi résulter de gains d’efficacité — et pouvaient donc inciter la société d’État à travailler en ce sens. Cette ligne de défense est tombée.

Un sondage Léger publié dans les médias de Québecor a sans doute achevé de convaincre le gouvernement qu’il devait faire quelque chose, ne serait-ce que pour les prochaines années. L’enquête d’opinion indique que 92 % des Québécois exigent qu’on leur retourne ces fameux trop-perçus.

En faisant part des décisions gouvernementales, le ministre Julien a précisé que son gouvernement ne gouverne pas par sondages, mais qu’il écoute les Québécois. On remarquera la différence.

On remarquera surtout qu’il n’a pas répondu à la réclamation générale de remboursements des trop-perçus des années passées. Mais agir seulement pour le futur se défend très bien, quoi qu’en disent les partis d’opposition.

Vases communicants

J’ai déjà dit plus d’une fois depuis l’automne dernier que je ne reproche pas au gouvernement de ne pas rembourser les trop-perçus passés, puisque la Coalition avenir Québec n’a jamais indiqué dans son programme électoral avoir cette intention. Je reproche par contre à la CAQ de s’être étranglée d’indignation à ce sujet face aux libéraux lorsqu’elle était dans l’opposition.

Au gouvernement, tout est affaire de vases communicants. En remboursant 1,5 milliard $ de trop-perçus enregistrés ces dernières années, Hydro-Québec verserait un moins grand dividende à l’État québécois. Or, avec moins d’argent dans ses coffres, le gouvernement ne pourrait donner totalement suite à son programme électoral. Et nombreux seraient les électeurs qui lui reprocheraient de ne pas respecter des engagements qui eux figurent bel et bien dans son programme.

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Deux rentrées, deux mondes

CHRONIQUE / Le budget que présentera dans quelques heures le gouvernement de Justin Trudeau conclura un cycle gouvernemental ouvert en 2015. Mais la dernière phase de son mandat gouvernemental sera pénible si le bureau du premier ministre ne retrouve pas de bons réflexes.

Confier à l’ancienne vice-première ministre libérale Anne McLellan le soin d’évaluer si un seul et même titulaire peut être à la fois ministre de la Justice et Procureur général n’en est pas un.

Il n’y avait personne d’autre qu’une ancienne ministre libérale à qui confier ce mandat? Justin Trudeau et son équipe n’ont pas anticipé que cette nomination provoquerait les railleries de leurs opposants et qu’elle n’apaiserait donc rien dans l’affaire SNC-Lavalin? 

M. Trudeau est plus à l’aise dans l’énoncé de grandes valeurs que dans la gestion gouvernementale à proprement parler — et que dans la gestion de crise en particulier. Son discours sur la part de responsabilité des dirigeants du monde dans la montée des radicalismes, particulièrement ceux courtisant les individus proférant des propos haineux, l’a démontré.

On aimerait espérer que des discours comme celui-là contribuent à une prise de conscience générale, mais on peut malheureusement en douter. Ce serait pourtant d’une grande urgence politique et humaine.

Attaque classique

Après une pause de deux semaines, la Chambre des communes reprenait ses travaux lundi. Ce sera dans quelques heures à l’Assemblée nationale. Juste avant le début de cette relâche, à Québec, les libéraux et les péquistes ont mis l’accent sur les «reculs» du gouvernement Legault. C’est avec ce message qu’ils ont cherché à résumer la phase de démarrage des caquistes. Faute de pain, on mange de la galette, n’est-ce pas?

C’était un choix purement tactique d’insister là-dessus plutôt que sur le fait que le gouvernement de François Legault avance sans trop regarder sur les côtés. Le Parti québécois a même dressé une liste de 15 reculs.

Péquistes et libéraux estiment qu’il peut être beaucoup plus dommageable pour le gouvernement d’installer l’idée qu’il trahit ses engagements que de le critiquer parce qu’il les respecterait trop. Ils visent alors directement ses sympathisants.

Ces deux partis n’ont pas eu la naïveté de croire qu’ils marqueraient des points à ce stade-ci avec cet angle d’attaque. Mais le thème des «reculs» est un classique chez les partis d’opposition.

Des reculs, il en existe. Mais pas autant qu’ils le martèlent. En réalité, ce qui caractérise le plus le gouvernement Legault est le fait qu’il avance, pour le meilleur comme pour le pire, comme il l’avait annoncé. Que ce soit sur le cannabis ou la généralisation des maternelles 4 ans. Ou, pour ne prendre qu’un autre exemple, en restant sur le chemin menant à la construction d’un troisième lien entre Québec et Lévis.

La tactique des péquistes et des libéraux ne les empêchera pas de recommencer très bientôt à reprocher au gouvernement «d’avancer sans écouter»... Ils s’adresseront alors aux citoyens n’ayant pas choisi la Coalition avenir Québec.

J’ai parlé de «phase de démarrage» du gouvernement Legault en amorçant ce thème sur les «reculs». Le budget qu’il dévoilera jeudi marquera sa pleine installation aux commandes de l’État québécois. Il passera alors à une autre phase. Depuis son élection, il a eu le temps d’établir ses priorités et de décider quels moyens il leur octroiera. Avec ce budget, il sera en vitesse de croisière et deviendra pleinement imputable.

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Pays rêvé ou réel pour Legault?

CHRONIQUE / Tramway de Québec, imposition de conditions au statut de résidence permanente, déclaration unique de revenus, signes religieux, transferts en santé…

Entre Québec et Ottawa, il n’existe pas de crise à proprement parler — même si ce genre de terme surgit souvent à l’esprit lorsqu’on a le nez collé sur un moment particulier.

Il existe un bras de fer comme on en est coutumier dans les relations fédérales-provinciales. 

N’empêche que cet épisode de tensions constitue un sérieux face-à-face entre le «pays rêvé et le pays réel» de François Legault lui-même; autrement dit, un défi politique personnel pour lui. Je m’explique.

S’exprimant sur la démission de la députée Catherine Fournier de l’aile parlementaire péquiste, le premier ministre a répété mercredi que les difficultés du Parti québécois (PQ) découlent du fait que depuis longtemps «les gens ne veulent pas entendre parler de souveraineté». Et que, partant de là, de nombreux Québécois ont fini par choisir, comme lui, de faire avancer le «pays réel et pas le pays rêvé» — le premier étant le Canada et le second, un Québec indépendant.

Ce n’est pas la première fois que François Legault utilise cette image. Après les élections de 2014, il avait reproché au PQ de travailler sur le pays «rêvé» ou «imaginaire», plutôt que sur le «pays réel».

Plusieurs péquistes ont bien enregistré les mots de M. Legault. Dans Qui veut la peau du Parti québécois?, l’ex-chef Jean-François Lisée fait le pari de l’échec caquiste en raison des refus d’Ottawa.

Il va sans dire qu’ils sont nombreux chez les souverainistes à souhaiter l’échec de M. Legault. Leur espoir — vain, encore une fois? — est qu’une accumulation d’insuccès redonne un jour du tonus à l’idée de la souveraineté… Certains «anciens souverainistes» devenus caquistes s’accommoderaient sans doute assez bien d’un échec général sur ce front s’il contribuait à un tel résultat.

Mais il ne faut pas croire que cette stratégie revendicatrice de François Legault face à Ottawa, entre autres en immigration, vise un tel objectif. J’y reviendrai.

Quels gains?

Cette semaine, le premier ministre du Québec se disait certain de réaliser des gains auprès d’Ottawa avant et après les prochaines élections fédérales.

Le pont de Québec est cependant une saga qui pourrait durer encore longtemps. Pour ce qui est du tramway dans la capitale, il est impensable qu’une querelle autour d’«enveloppes dédiées» au transport et à l’environnement ne se règle pas. Québec et Ottawa peuvent trouver un accord sur de telles questions de cuisine.

La déclaration de revenus unique verrait probablement le jour sous un gouvernement fédéral conservateur. Sur l’immigration, il y aurait une «ouverture» d’un gouvernement d’Andrew Scheer. Mais il est impossible de dire jusqu’où.

Une partie des succès recherchés par François Legault dépend donc du résultat du scrutin fédéral. Une partie, car, sur les transferts en santé, pour citer un autre dossier, le statu quo demeurera.

Pas de détournement

La gouvernance nationaliste et revendicatrice du gouvernement Legault contribue à sa popularité chez de nombreux Québécois. Voilà entre autres pourquoi elle est ainsi mise de l’avant, voire brandie avec fierté par M. Legault.

Cela ne signifie pas qu’il ne tirerait pas, un jour lointain, une conclusion politique d’une accumulation d’échecs — si c’est ce qui devait se produire... et si l’aiguille de l’opinion publique bougeait. Mais ça ne serait pas dans ce mandat-ci.

Le chef caquiste ne détournera pas son mandat électoral sur une question aussi majeure. C’est, j’en suis sûr, une chose sacrée pour lui.

Chronique

Hommage au Parti québécois

CHRONIQUE / Cette chronique aurait pu s’intituler «Un projet à revoir de A à Z» au regard du plan de renouveau présenté mardi par le Parti québécois (PQ). Non. En fait, ce n’était pas souhaitable.

Rien n’interdit de se répéter, mais j’ai déjà fait ce titre. «Un projet à revoir de A à Z» a déjà coiffé un article que j’ai écrit sur le Parti québécois. C’était en janvier 1999, il y a 20 ans.

Le premier ministre et chef du PQ d’alors, Lucien Bouchard, venait de convier ses militants et tous les citoyens à un grand «brassage» d’idées. «Il faut ouvrir les portes et les fenêtres, retourner chaque pierre», disait M. Bouchard. Hormis l’objectif de la souveraineté, tout devait être sur la table.

Vingt ans plus tard, la direction du Parti québécois parle aujourd’hui de soulever toutes les pierres.

Cette chronique aurait alors pu s’intituler «L’éternel renouvellement» au Parti québécois. Même problème : déjà fait aussi.

Des méandres

Au fil du temps, j’ai peaufiné un résumé pour décrire les nombreuses tentatives d’existence du Parti québécois. Je le rappelle ici.

Il y a eu l’«étapisme» de René Lévesque et de Claude Morin, l’éternel débat sur l’élection référendaire, le «si vous votez pour nous, vous aurez un référendum sur la souveraineté» de Jacques Parizeau, les «conditions gagnantes» de Lucien Bouchard, le référendum «le plus tôt possible» de Bernard Landry et d’André Boisclair.

Il y a aussi eu des débats sur la pertinence de poser des «gestes de rupture», la proposition de «référendums sectoriels», la «gouvernance souverainiste» de Pauline Marois, ainsi que le référendum au «moment approprié».

Il y a eu des allers-retours entre le «nous» et le nationalisme «civique».

La rédaction de très nombreux argumentaires souverainistes.

On est passé du rapport des «trois mousquetaires» à celui de Paul St-Pierre Plamondon.

Avec Jean-François Lisée, il y a eu le report de tout référendum à un éventuel deuxième mandat.

Attention, ce n’est pas une liste exhaustive. J’ai laissé de côté plusieurs tentatives.

Mais peu importe : en route, maintenant, pour le «nouveau Parti québécois».

Résilient

Ce qu’a présenté le PQ mardi est une ébauche dont l’objectif est de remettre le projet d’indépendance au cœur de son action. Ce ne sera pas la première fois.

Le parti n’exclut pas un jour de changer de nom et de logo — d’identité, autrement dit. Il n’en est vraiment pas là, mais cette idée, elle, n’a jamais vraiment été explorée par ses instances.

En ouvrant cette perspective, le PQ donne en quelque sorte raison à la députée démissionnaire Catherine Fournier, qui estime que la marque du véhicule ne plaît plus à suffisamment d’électeurs. En passant, elle et d’autres rêvent-ils de faire naître un mouvement qui finirait par absorber le PQ, un peu comme la Coalition avenir Québec a avalé l’Action démocratique du Québec?

Pour l’heure, constatons qu’on a d’un côté ceux qui veulent œuvrer à l’intérieur du PQ; de l’autre, ceux qui veulent travailler à l’extérieur.

Mais il y a plus important à dire. Le PQ est un parti résilient. Comment, dès lors, ne pas rendre hommage à ceux qui l’ont porté et qui le portent encore?

De l’entêtement? Très certainement. Mais on ne peut pas reprocher à des gens d’essayer.

Pour ce qui est de l’avenir de ce parti, ce sera toujours aux électeurs de décider. Pas aux devins de prédire.

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Le saut périlleux de Catherine Fournier

CHRONIQUE / En tournant le dos au Parti québécois (PQ), la députée Catherine Fournier a ajouté une nouvelle séquence au long film portant sur les «chicanes» entre souverainistes.

Étonnamment, elle dénonce les divisions, mais elle en crée une de plus.

Malgré tout, elle attirera sans aucun doute de nombreux péquistes déçus. Ce ne sera pas si difficile; ce bassin n’a cessé de s’élargir au fil des ans.

Avant, ils étaient nombreux à l’intérieur à savoir comment le Parti québécois allait reprendre le pouvoir, à savoir comment stopper la saignée… C’est ce qui fait que ce parti a emprunté autant de voies stratégiques différentes dans son histoire — jusqu’à en donner le tournis à bien des citoyens.

Comme il n’arrive plus à s’installer au pouvoir et encore moins à mener le Québec à la souveraineté, la nouvelle idée qui monte depuis des années chez des indépendantistes est de se débarrasser du père — pour emprunter à la psychologie.

Le PQ serait devenu l’obstacle à l’avenir des souverainistes. Il serait trop vieux, traînerait trop de casseroles, ne collerait plus à l’air du temps.

Ces souverainistes déçus reprochent au PQ les multiples voies stratégiques qu’il a empruntées. Mais ce qu’ils ont en tête, c’est aussi ni plus ni moins qu’une énième voie stratégique.

Un rappel ici : l’aventure d’Option nationale, qui a été à son heure un nouveau véhicule indépendantiste, n’a pas été un grand succès électoral. Ce parti a obtenu moins de 2 % des suffrages en 2012 et moins de 1 % en 2014.

Catherine Fournier a décidé de tuer le père pour exister; de tirer sur ce qui était jusqu’ici son parti dans l’espoir de faire renaître le projet indépendantiste…L’avenir ne se prédit pas, mais c’est un saut périlleux pour elle. Et pour le PQ.

La peau du PQ

Le titre du livre lancé par Jean-François Lisée est Qui veut la peau du Parti québécois? Des fédéralistes l’ont souhaité; le gouvernement Legault et la Coalition avenir Québec y ont travaillé et y travaillent; Québec solidaire aussi…

Catherine Fournier ne dira pas qu’elle veut la peau du PQ, mais sa décision nous rappelle une chose : au fil du temps, et parce qu’ils étaient déçus de ne pas parvenir à la souveraineté, ce sont les péquistes qui ont le plus tiré sur leur parti.

Pour aller où?

Pour l’heure, il faut se demander où va la députée de Marie-Victorin.

De deux choses l’une : soit qu’elle participe un jour à la création d’un nouveau parti souverainiste — ce qu’elle affirme pour l’instant ne pas vouloir faire pour ne pas ajouter aux divisions —, soit qu’un nouveau mouvement parapluie rassemblant de façon ad hoc les formations indépendantistes naisse un de ces quatre — ce qui ne mettrait pas pour autant fin aux querelles partisanes… Dans les deux cas, son objectif de rassemblement ne serait pas vraiment atteint.

À moins que ce mouvement devienne si puissant que le Parti québécois et Québec solidaire (QS) se fondent un jour dedans. Mais cette hypothèse est très peu probable. Le PQ et QS seront longtemps encore comme chien et chat.

Autre hypothèse : cet éventuel mouvement ne viserait qu’à rassembler les partis souverainistes pour préparer un éventuel troisième référendum. Mais il existe déjà une organisation ayant cet objectif, «les OUI Québec»...

Alors quoi?

Pour l’heure, la députée a ajouté à l’atomisation.

À LIRE AUSSI: La députée Catherine Fournier quitte le Parti québécois

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Lisée, pas qu'un «grand fendant»

CHRONIQUE / Comme toutes les aventures, celle de Jean-François Lisée à la tête du Parti québécois (PQ) a été une rencontre avec lui-même et avec les autres.

Dans «Qui veut la peau du Parti québécois?», il écrit être parvenu à «montrer à la base péquiste» qu’il n’était pas tout à fait «le grand fendant-prétentieux-snob» dépeint par les médias.

Certains de ses anciens collègues péquistes vous diraient sans doute qu’ils le voient toujours encore pas mal ainsi, mais il a certes fait tomber des barrières.

Pour le stratège qu’il a été, cette aventure à la tête du PQ a aussi constitué une leçon. Il dit en être ressorti avec le sentiment que les grands événements et les hasards comptent plus que les discours et que bien des idées couchées dans les programmes des partis.

C’est un constat cruel pour les partis politiques, mais lucide. Pour Jean-François Lisée, c’est aussi en passant une façon de se dédouaner quelque peu de la raclée encaissée par son parti le 1er octobre.

Sa grande explication

Le livre de Jean-François Lisée n’est pas un règlement de comptes — sauf avec Québec solidaire. C’est son explication de la dernière défaite péquiste. C’est aussi, donc, inévitablement, une justification. 

Il ne convaincra pas pour autant nécessairement tous ses lecteurs qu’il a eu raison de s’en prendre à Manon Massé lors du débat des chefs à TVA.

Le premier ministre François Legault sera toutefois d’accord avec lui pour dire que la victoire de la Coalition avenir Québec (CAQ) lors de la partielle dans la circonscription de Louis-Hébert, un an avant le scrutin général, a constitué un événement majeur. Elle a démontré que la CAQ pouvait battre les libéraux.

Louvoyer

À mes yeux, ce n’est pas la prédiction de sa mort entendue ad nauseam qui a contribué à la énième défaite du Parti québécois, comme Jean-François Lisée le soutient, mais le fait que son offre politique et ses incessants louvoiements ont lassé de plus en plus de personnes au fil du temps. Le PQ n’a pas seulement louvoyé, il a finassé au fil des ans.

Qui plus est, depuis plus d’une génération, il n’a jamais défini sa proposition phare, la souveraineté. Quelle voilure? Monnaie commune? Armée? Rien en partage avec le reste du Canada, sauf un accord de libre-échange?

Les «détails» divisent, c’est vrai. Mais ils peuvent aussi alimenter un débat de fond.

Un Titanic

Que, d’une part, M. Lisée ait voulu céder sa place à Véronique Hivon pendant la précampagne électorale et que, d’autre part, celle-ci ait refusé en dit beaucoup sur l’état de ce parti et sur l’état d’esprit de ses principaux ténors.

Mme Hivon a raison : ce changement de dernière minute n’aurait pas respecté les résultats de la course à la direction.

Mais, au fond, ce que l’on comprend de cet épisode, c’est que ni lui ni elle n’avaient vraiment envie, à ce moment-là, d’être le capitaine du Titanic.

Ah, les médias...

Lorsque Jean-François Lisée a fait son entrée comme député à l’Assemblée nationale en 2012, nous nous étions réjouis avec mes collègues journalistes d’alors, Michel Corbeil et Simon Boivin, et le chroniqueur Gilbert Lavoie : «Super, un élu dont il sera facile de rapporter les propos entre guillemets!»

Ce que disait ce député, devenu plus tard ministre et par la suite chef s’est toujours facilement couché sur papier.

Ce livre, dont le sous-titre est «Et autres secrets de la politique et des médias», se lit bien parce que Lisée ne fait pas que parler avec aisance, il écrit bien. Et clairement. Et il dit des choses.

À propos des pages qu’il a écrites sur les relations entre les responsables politiques et les médias, j’ai toujours été surpris moi aussi d’entendre des citoyens suivant pourtant l’actualité de près affirmer que tel ou tel parti n’abordait jamais telle ou telle question, même si la formation politique en question passait son temps à le faire.

Comme il l’écrit, et même si certains médias accordent une grande place aux informations politiques, bien peu des idées et des projets des partis se rendent jusqu’aux grands bulletins de télé du soir.

J’appuie également Lisée lorsqu’il écrit «que la couverture est souvent déséquilibrée en faveur de la controverse». Oui, trop d’informations et de propositions porteuses sont éclipsées par des controverses plus ou moins insignifiantes.

Le livre de Lisée en est un de «politique appliquée». Il devrait trouver sa place dans les listes de lecture de bien des cours de sciences politiques et de communications, tant il est concret et lève un voile sur les obligations d’un chef de parti et sur les exigences de la fonction. C’est aussi un livre humain, et c’est ce qui en fait son principal intérêt.

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SQ: Québec devait se couvrir

CHRONIQUE / Le futur ne se prévoit pas... Le 23 janvier, le grand patron de la Sûreté du Québec, Martin Prud’homme, était aux côtés de la ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, qui annonçait que son gouvernement maintenait le registre des armes à feu, mais qu’il en abolissait certains «irritants». Mme Guilbault n’imaginait pas qu’elle annoncerait quelques semaines plus tard la suspension du numéro 1 de la police au Québec.

Martin Prud’homme était à l’Assemblée nationale ce jour de janvier à l’invitation de la ministre. Ce n’est pas cela qui permet de dire ceci, mais les rumeurs d’une quelconque vendetta du gouvernement de François Legault à l’endroit de cet ex-sous-ministre et chef de police sont toutes à jeter à la poubelle.

On se demanderait bien pour quoi une telle chose, d’ailleurs. À propos de quoi, une vendetta du gouvernement Legault? Il faudrait un début de preuve pour étayer de pareilles rumeurs.

Le BEI joue gros

Le mot «allégation» a été employé par la ministre Guilbault pour expliquer la décision de relever Martin Prud’homme de ses fonctions le temps que le Bureau des enquêtes indépendantes (BEI) pousse son investigation. Le problème de ce mot est qu’il s’apprête à bien des sauces. Le Petit Robert le définit ainsi : «affirmation quelconque»...

Une chose est certaine : le BEI se devait d’informer le ministère de la Sécurité publique de ladite allégation, puisqu’elle concerne des infractions criminelles. L’article 286 de la Loi sur la police est très clair là-dessus.

Pour la suspension comme telle, il n’existe pas d’automatisme. Le Secrétariat aux emplois supérieurs s’est vraisemblablement appuyé sur l’article 38 d’un règlement disant «peut être relevé», une procédure qui existe pour les sous-ministres et les dirigeants nommés par le gouvernement. Dans ce cas-ci, je vois mal que la décision de relever temporairement de ses fonctions M. Prud’homme n’ait pas au moins été politiquement approuvée.

Le gouvernement ne pouvait courir le risque de se faire dire, à un moment ou l’autre, qu’il savait que des soupçons pesaient sur le grand patron de la Sûreté du Québec et qu’il est resté les bras croisés. Il devait se couvrir.

À ce stade-ci, insistons sur un élément : il est inimaginable de penser que le BEI n’ait pas mesuré le sérieux de l’information qu’il a obtenue au sujet de M. Prud’homme ou qu’il ne soit pas convaincu de la crédibilité de son informateur. Ce serait grave si ce n’était pas le cas.

Le Bureau des enquêtes indépendantes joue gros. Entre autres, parce que le patron de la SQ paiera très certainement un prix de sa mise à l’écart.

Rien n’est confirmé, mais l’allégation porterait sur des infractions liées à des fuites d’informations sur l’enquête Mâchurer, laquelle concerne particulièrement le financement du Parti libéral du Québec. Le député Guy Ouellette, ex-policier de la SQ, a été arrêté en octobre 2017 relativement à ces fuites, mais les procédures ont été abandonnées.

Beaucoup d’amitiés et de liens existent entre policiers de haut rang. A contrario, beaucoup d’inimitiés et de rivalités exacerbées existent aussi.

Puisque cette affaire semble nous ramener à l’enquête Mâchurer, il faut dire à quel point il n’est pas à l’honneur du système policier et judiciaire que rien n’ait abouti dans un sens ou dans l’autre après tant d’années.

Chronique

Représailles contre une ministre?

CHRONIQUE / Les raisons ayant incité Justin Trudeau et sa garde rapprochée à retirer des mains de Jody Wilson-Raybould les postes de ministre de la Justice et de Procureure générale demeurent malheureusement floues après le témoignage de Gerald Butts, ex-secrétaire principal du premier ministre canadien. Ses propos ont été peu convaincants à ce sujet.

En même temps, ce serait si gros, si grossier même, qu’on peine à imaginer que Jody Wilson-Raybould ait été envoyée dans un autre ministère en représailles de ses refus dans l’affaire SNC-Lavalin. Il serait là le vrai scandale; dans le fait qu’elle ait été délogée pour ça.

Le problème ici est que Gerald Butts n’a pas fourni d’explications claires et solides à cet égard lors de son témoignage. L’ami de M. Trudeau a somme toute exigé une profession de foi sur cet aspect des choses.

Pour le reste, les citoyens du Québec et du reste du Canada demeurent face à sa «vérité» à elle et face à sa «perception» à lui. Là où Jody Wilson-Raybould a vu des pressions inappropriées, le cabinet de Justin Trudeau a vu la nécessité de pouvoir un jour justifier publiquement, à travers un avis juridique externe, la décision d’accorder ou non un accord de réparation à une entreprise employant quelque 9000 personnes à travers le Canada.

Politiquement, c’était légitime.

Il est cependant clair que l’ex-ministre a subi des pressions; que ce n’était pas un simple sentiment qu’elle avait.

«Realpolitik»

Je reste avec l’impression que j’avais la semaine dernière après le témoignage de Mme Wilson-Raybould : les deux camps ont joué le rôle qui était le leur jusqu’à le surjouer.

L’affaire a conduit à un affrontement entre, d’une part, la realpolitik, pour utiliser ce mot d’origine allemande signifiant que l’on considère ou invoque l’intérêt national et public — ce qui ne va pas sans calculs politiques —, et, d’autre part, des principes stricts; des principes reposant sur la séparation des pouvoirs entre le politique et le judiciaire en l’occurrence.

Jody Wilson-Raybould ne voulait pas être la première à emprunter au niveau fédéral une nouvelle voie parallèle, mais légale. 

Assourdissant

Pardon de l’emprunt à la langue anglaise, mais en politique (comme en tout, d’ailleurs) le timing est essentiel. Il faut intervenir au bon moment. Or, dans cette affaire, le silence de Justin Trudeau a été assourdissant.

Il a fallu que le premier ministre soit réellement sonné pour avoir éludé comme il l’a fait les questions à ce sujet; pour avoir fait comme si cette affaire n’existait pas. Il s’est tenu très loin du ring de boxe sur lequel il était pourtant déjà monté pour peaufiner son image.

Le témoignage de Gerald Butts rassurera les libéraux fédéraux, mais ne réparera pas les pots cassés. La prise de parole programmée de Justin Trudeau arrive bien tard.

Plutôt dégueulasse

Les acteurs politiques ont l’habitude des coups bas. Mais le déchaînement provoqué par cette histoire, surtout dans le reste du Canada, est tombé dans des bas-fonds. La Une du National Post de mardi était plutôt dégueulasse. «Est-ce que Trudeau a un problème avec les femmes?» demandait le quotidien.

Lorsque le premier ministre René Lévesque a vécu une série de démissions dans les années 1980, quelqu’un aurait-il eu l’idée de se demander s’il avait un problème avec les hommes?

Heureusement non, même s’il y avait une majorité d’hommes chez les 10 démissionnaires. Mais on en est malheureusement à ce genre de coups bas depuis longtemps.

Question de fond

Plusieurs trouvent intéressante l’idée que les ministres de la Justice au Canada ne portent pas aussi le chapeau de «Procureur général» afin d’éviter qu’ils subissent des pressions politiques de collègues — ou pour ne pas qu’ils en exercent eux-mêmes sur le système de justice.

C’est vrai qu’il n’existerait alors plus de problèmes comme celui ayant abouti à la crise politique que l’on connaît au Canada. Cette idée est à étudier, à n’en pas douter.

Pour alimenter cet éventuel débat, on peut aussi rappeler que c’est parce qu’elle avait le titre de Procureure générale que l’ex-ministre québécoise de la Justice Stéphanie Vallée avait pu inciter en 2014 le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) à réexaminer l’affaire de ce policier ayant causé la mort d’un enfant lors d’une opération de filature à Longueuil.

Le DPCP avait décidé au départ qu’aucune accusation ne serait portée contre lui. Après le réexamen de l’affaire et l’apparition de faits nouveaux, le policier a finalement été reconnu coupable par la justice.