Isabelle Légaré
Le Nouvelliste
Isabelle Légaré
Jour après jour, Marc H. Plante marche dans les rues de Louiseville. Plusieurs de ses concitoyens l’ont constaté, l’ancien député de Maskinongé a perdu du poids. L’homme de 39 ans est en grande forme.
Jour après jour, Marc H. Plante marche dans les rues de Louiseville. Plusieurs de ses concitoyens l’ont constaté, l’ancien député de Maskinongé a perdu du poids. L’homme de 39 ans est en grande forme.

Qui perd gagne

CHRONIQUE / Si, pour certains, le confinement a été synonyme de sédentarité et de kilos en trop, Marc H. Plante a quant à lui perdu du poids et gagné un état de bien-être dont il n’entend plus se priver. Conversation sur le pouvoir libérateur de la marche.

On ne réagit pas tous de la même façon à cette pandémie qui nous est tombée dessus le printemps dernier. En ce qui concerne l’ancien député de Maskinongé, elle aura eu au moins ceci de salutaire. Plutôt que de rester chez lui à taper du pied en attendant que ça passe, il a enfilé ses vieilles espadrilles et est sorti arpenter sa ville.

C’est maintenant un mode de vie.

Tout est devenu un prétexte pour se déplacer en marchant. Se rendre au dépanneur, au bureau de poste, à l’épicerie, au travail, incluant à Québec où le directeur de cabinet de la whip en chef de l’opposition officielle, Filomena Rotiroti, évite de prendre sa voiture pour aller de son appartement au parlement.

Tondre la pelouse de l’immense terrain de sa mère n’est plus une corvée non plus. Ce fils unique a même troqué le confortable tracteur à gazon pour la tondeuse, à tout le moins pour la moitié de la superficie à sillonner.

À tous ces allers-retours dont on sous-estime les vertus s’ajoutent de longues randonnées avec, comme principal objectif, de mettre un pied devant l’autre en fixant l’horizon.

«J’ai le goût d’y aller!»

Aussi simple et efficace que cela.

Cinq mois plus tard et vingt-trois kilos (50 livres) en moins, Marc H. Plante ne rate jamais son rendez-vous avec lui-même.

Le matin, à l’heure du dîner ou en soirée, ses concitoyens le croisent ici ou là dans les rues de Louiseville. Sept jours sur sept, même sous la pluie.

«J’emprunte Saint-Jacques, Saint-Augustin, Saint-Martin, Sainte-Marie, Saint-Laurent, Notre-Dame… Je vais ensuite sur Dalcourt, puis je me rends jusqu’à…», m’énumère-t-il du même souffle, sans omettre aucun trottoir.

Je suis perdue, mais pas lui. Le marcheur n’a pas besoin de GPS. Il connaît son itinéraire par cœur et le nombre de pas qu’enregistre son cellulaire glissé dans la poche de son cuissard.

À la fin de chaque journée, Marc a parcouru une distance de quinze kilomètres.

En chemin, plusieurs saluent celui que tout le monde interpelle par son prénom.

Marc envoie la main à son tour, mais ne vous offusquez pas s’il ralentit à peine la cadence. Ce n’est pas faute d’intérêt. Vous le connaissez, le gars carbure aux contacts humains, sauf que là, le marcheur est sur son erre d’aller. On jasera plus tard.

Attaché politique depuis 2003, Marc H. Plante a été élu député libéral dans Maskinongé en 2014 avant de perdre ses élections quatre ans plus tard, vaincu par la vague caquiste qui a déferlé sur le Québec.

L’homme de 39 ans ne s’en cache pas. Cette défaite a été difficile à accepter, d’autant plus que son père est décédé quelques mois plus tôt et qu’il a vécu une séparation durant cette même période.

«L’année 2018 a été éprouvante…», admet celui qui a dû apprendre à se redécouvrir et à réorganiser son quotidien.

Habitué d’être partout, tout le temps, pour rencontrer les gens de sa circonscription, Marc H. Plante s’est retrouvé du jour au lendemain devant un agenda dégarni, seul face à lui-même.

Certes, il a rapidement repris du service au cabinet de la whip de l’opposition officielle, mais ses fins de semaine n’étaient plus ce qu’elles étaient, alors que l’ancien député avait l’habitude de répondre présent à la douzaine d’activités prévues à l’horaire.

«Pendant quelques mois, j’étais même triste d’aller faire mon épicerie.»

Il se doutait bien qu’on allait prendre de ses nouvelles, lui demander «comment ça va?»

«La réponse habituelle était de répondre que j’allais bien, mais en réalité, ça n’allait pas très bien.»

Le politicien déchu vivait le deuil de son père, d’une fonction qu’il adorait et de collègues dont les routes s’étaient inévitablement séparées après la défaite.

Du temps où il était député et même attaché politique, Marc H. Plante n’était pas souvent à la maison à l’heure des repas. Il était davantage attablé dans un restaurant ou invité dans de nombreux événements où ça devient difficile de contrôler le menu et le taux de sucre dans le verre de vin servi à la table d’honneur.

Au fil des années, l’homme a pris du poids. Trop occupé par son travail, il manquait également de temps pour s’adonner à un sport, l’autre truc pour maintenir de saines habitudes de vie.

«Mon Dieu que je n’ai pas l’air en forme! Sérieusement, il faut que je me prenne en main.»

C’est la réflexion que Marc H. Plante s’est faite au mois de janvier dernier, en regardant des photos de lui s’afficher sur Facebook.

Très présent sur les réseaux sociaux, il recevait des notifications lui rappelant des moments partagés dans le passé, des souvenirs qui ont fini par le confronter à son excédent de poids.

Du haut de son 1,86 mètre (6 pieds 1 pouce), l’homme est monté sur le pèse-personne.

«J’étais rendu à 230 livres (104 kilos)», dévoile-t-il en toute transparence.

Ce natif de Sainte-Angèle-de-Prémont ne s’est pas mis au régime. Il a écrit ces mots-clés sur Google: marcher à la maison, à l’intérieur, sans tapis.

Leslie est devenue son amie.

Leslie? On rigole lui et moi. Leslie Sansone n’est pas vraiment son amie. Faites vos recherches sur le Web. On la présente comme «une instructrice américaine de conditionnement physique en groupe».

Marc H. Plante a passé l’hiver en sa compagnie. Debout devant son téléviseur, il a suivi ses consignes en marchant sur place.

«Au début, après quinze minutes. Je devais aller prendre une douche. J’étais en sueur. J’avais chaud. J’étais fatigué.»

Le nombre de séances vidéo a augmenté. L’intensité aussi. L’athlète de salon a revu et corrigé son alimentation en plus de réduire sa consommation d’alcool. Rapidement, une satisfaction physique l’a envahi.

Quand le printemps est arrivé, pandémie ou non, Marc H. Plante était fin prêt pour aller marcher à l’extérieur, au grand air, avec les bénéfices qu’on peut observer à travers son sourire.

Il marche pour bouger et penser, pour faire le vide et le plein, pour avancer.

«Je ne fais pas ça pour le look, mais pour être bien. C’est très cliché de dire ça, mais c’est vrai. Quand tu es bien dans ton corps, tu es mieux dans ta tête. Tout va mieux dans ta vie.»