Le passé... et le futur proche

Les personnes âgées possèdent souvent une belle spontanéité. Ils sont purs. J’adore ça !

Après avoir lu ma chronique portant sur mon angoisse de savoir le slow en perte de vitesse au sein des générations qui me suivent, une dame m’a appelée la semaine dernière. Une dame de Québec, mais pistoloise d’origine. (J’insère des gentilés dans mes chroniques juste pour faire plaisir à mon père !)

« J’ai lu votre article et ça m’a rappelé tellement de souvenirs ! », qu’elle m’a avoué avant de me dire qu’elle venait tout juste de fêter ses 95 ans !

Il ne m’en fallait pas plus pour lui accorder toute mon attention.

Elle m’a amené avec elle au début des années 50.

Un jour, alors qu’elle participait à des cours d’été qui ont attiré le regard de journalistes, toute une équipe de Radio-Canada s’est présentée à Trois-Pistoles. Une journée qui s’est allongée jusqu’au soir, car tout le monde s’est finalement retrouvé dans un endroit où il y avait de la musique... et de la danse.

Dans le lot se trouvait, dit-elle, un journaliste « brillant, mais mal habillé ».

« Tu sais comment il était échevelé ! », qu’elle m’a lancé en riant.

Bref, elle me parlait de ce fameux journaliste comme si je le connaissais. Et, dans les faits, je savais exactement de qui elle parlait.

« C’était René Lévesque ! », qu’elle m’a alors confirmé, fière d’avoir maintenu un certain suspense.

« Il est venu me demander pour danser, qu’elle a poursuivi, toujours un sourire dans la voix. J’étais jalousée. Tu sais, je suis très grande. Je fais 5 pieds et 6 pouces 1/2 nu-pieds. Comme c’était l’été et qu’il faisait beau, je lui ai suggéré d’enlever mes souliers. Il dansait très, très bien. »

« Mais, tout le monde le sait, c’était aussi un chaud lapin ! qu’elle a ajouté sans prendre de pause. Lui, après ça, il voulait faire du necking. Heille, mon père gérait l’hôtel de la place et la centrale téléphonique, c’pas vrai que j’allais accepter ça ! »

Des histoires, elle en avait plein à raconter.

Mais son slow avec René Lévesque, c’était un vrai petit bijou. Et le plus beau, c’est qu’elle a pris le temps de le partager avec moi.

En écrivant sur le slow, j’ai réveillé des souvenirs chez plusieurs générations. Chez ceux nés avant 1970 en fait. Pierre m’a écrit pour me dire que lui, l’odeur du spray net le titillait.

Je trouve ça touchant que les gens aient pris deux minutes dans la course folle de leur vie pour m’écrire. Fallait bien parler de slow !

Dans un tout autre ordre d’idée, laissez-moi vous faire part de ma dernière réflexion. J’ai rencontré deux gars de cinquième secondaire qui, avec leur groupe d’entrepreneurs en herbe, veulent tenir une semaine Zéro déchet dans leur école fin avril. Allez découvrir ça en page 6 de l’hebdo Le Plus de ce mercredi.

Ils prévoient envoyer une lettre aux parents pour leur dire de faire attention à ce qu’ils mettent dans les lunchs lors de cette semaine spéciale.

QUOI ? Les parents font encore les lunchs des enfants en 3e, 4e et 5e secondaire ? que je leur ai demandé, complètement assommée.

Non ! Pincez-moi quelqu’un. Après on souhaite faire d’eux des champions du recyclage et du compostage ? Sont même pas capables de se faire un sandwich jambon-moutarde-pas-de-salade tous seuls !

RES-PON-SA-BI-LI-SA-TI-ON. C’est la base. Et ça commence à la maison.

Déjà, en sachant et en gérant ce qui se trouve dans leur boîte à lunch, ils auront une meilleure idée de l’étendue de leur empreinte écologique.

Je vous en passe un papier !