Au gré du vent

CHRONIQUE / Ah, la synchronicité !

Ces mystérieuses coïncidences m’ont toujours fascinée.

Vous savez de quoi je parle. De ces moments où, comme par magie, on obtient réponse à une question, on débloque une situation ou on accède à quelque chose qu’on attend depuis longtemps. Ces phénomènes, le psychiatre Carl Gustav Jung les appelle des « synchronicités ».

C’est, par exemple, l’histoire de la jeune fille qui se cherche un emploi d’été et qui, en allant se chercher un sandwich au jambon à la cafétéria du cégep, tombe sur une petite annonce qui l’interpelle dans un journal laissé ouvert par une autre élève. C’est le gars qui en croise un autre par hasard en marchant au centre-ville et, de cette rencontre, il avance dans un projet qui lui tient à cœur.

Vous voyez le topo ?

En plein le genre de choses qui m’arrive régulièrement.

D’ailleurs, je viens tout juste de vivre un de ces drôles de moments. Il est tout petit. Anecdotique en fait, mais j’aime toujours prendre le temps de les vivre et de les souligner d’un trait. Malheureusement, on a souvent tendance à ne pas être à l’écoute de leur manifestation. Et pourtant...

L’autre soir, je prenais une marche avec ma petite. Comme elle vient de voir la structure de la fleur en classe, elle se fait un plaisir d’en disséquer quelques-unes en chemin tout en m’énumérant chaque partie : pistil, étamine, pétales, réceptacle, pédoncule...

Alors qu’elle s’amusait à souffler sur les aigrettes d’un pissenlit en fin de règne, je me suis dit que j’aimerais voir le phénomène se produire sous mes yeux. Celui où le pissenlit jaune se recroqueville pour former une espèce de tuque verte à pompon avant de s’ouvrir de nouveau pour déployer son doux afro blanc.

Ce n’est un secret pour personne : les fleurs et les plantes offrent des spectacles d’une grande splendeur. Prenez juste les orchidées. Leur beauté est à s’y perdre.

Bref, croyez-le ou non, en moins de 24 heures, j’ai pu assister à cette majestueuse transformation ; celle de ce grand mal aimé de pissenlit.

Alors que je me promenais sur Facebook à la recherche d’inspiration, je suis tombée sur une vidéo intitulée La transformation du pissenlit.

Ça ne pouvait pas être plus ça !

En 30 secondes, on peut voir tout le processus. C’est magique ! (Sachez qu’il est parfois bon de prendre le temps de s’arrêter, comme ça, pour admirer les beautés de la nature, de la vie.)

Ce genre de mutation, imperceptible sur une courte durée, est rendue possible grâce à la vidéo en time-lapse (ou en accéléré). Ce sont de petits films bricolés en mettant bout à bout des photographies prises à intervalles réguliers. Une technique parfaite pour montrer des trucs qui s’étirent dans le temps.

Prendre le temps de ralentir grâce au time-lapse, ça aussi c’est un joyeux phénomène.

***

Tant qu’à tenter de trouver réponse à mes questions, les petites comme les grandes, j’ai envie de profiter de cette chronique pour trouver la personne qui a ajouté une note dans la marge du dernier Foenkinos que j’ai emprunté à la bibliothèque ?

C’est qui, hein ?

Comme j’ai lu tous les Musso (Guillaume) écrits à ce jour, j’ai décidé de lire tout ce qu’a pondu David Foenkinos. Oui, j’ai un faible pour les auteurs français.

En page 92 de Je vais mieux, une dame — je soupçonne une dame, car l’écriture est fine, délicate et les lettres sont joliment attachées — a écrit dérogeait à côté de la phrase Ma mère non plus ne dérapait pas de son rôle. Visiblement, le mot dérapait la dérangeait. Du moins assez pour rééditer ce passage.

Ce petit mot de neuf lettres m’a fait sourire. Celui ou celle qui l’a tracé en a-t-il semé ailleurs dans le bouquin ? C’est ce que je vais découvrir au fil de ma lecture. D’ici à ce que je termine, qui sait, peut-être aurais-je mis un nom, voire un visage, sur qui se trouve au bout du crayon de plomb géniteur du mot « dérogeait ».

Ça c’est si la synchronicité ne déroge pas à une de ses raisons d’être après nous avoir informés : nous surprendre.