Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et l'ancien président américain, Barack Obama, ont cassé la croûte, mardi à Montréal, après le discours du 44e président des États-Unis.

Trump ne sera pas le bienvenu

CHRONIQUE / On avait l'habitude de voir les présidents américains nouvellement élus effectuer au Canada leur première visite à l'étranger. On attend toujours Donald Trump... qu'on ne veut pas vraiment recevoir... et c'est Barack Obama qui nous a visités. L'accueil qu'on lui a réservé a été tellement chaleureux qu'on a du mal à imaginer comment le gouvernement Trudeau pourrait recevoir Trump sans l'humilier. De toute manière, après la publication des photos de Justin Trudeau au restaurant avec son «vieil ami» Obama, on peut imaginer que Trump ne voudra pas venir ici. Il doit être furieux!
Les gens qui ont assisté au discours de Barack Obama en sont ressortis avec le sourire radieux et satisfait des spectateurs qui viennent de visionner un grand film ou de voir un spectacle grandiose. Pour certains, c'était la notoriété de l'homme qui les avait impressionnés, pour d'autres, c'était le message, mais tous étaient heureux.
L'ancien président n'avait pas de solutions miracles à offrir à son auditoire parce que si elles existaient, il les aurait appliquées pendant ses deux mandats. C'est l'espoir et la motivation qu'il a semés, par opposition aux discours sombres et dénonciateurs de son successeur. C'est précisément ce que les gens voulaient entendre.
Tout le monde aura trouvé son compte dans cet événement, mais le premier message que j'en retiens porte sur l'importance de croire en notre démocratie. Ça peut sembler banal, dit comme ça, mais ça ne l'est pas si on tient compte du cynisme ambiant et des critiques continuelles auxquelles sont soumises nos institutions et nos personnalités politiques dans leur quotidien. Un cynisme qui finit par dissuader les gens d'exercer leur droit de vote, tellement ils sont convaincus que ça ne sert à rien et que les politiciens sont tous corrompus ou incompétents. Pourtant, ces droits ont été acquis par nos ancêtres à la suite de luttes difficiles. Ils font l'envie des populations soumises à des régimes autoritaires un peu partout dans le monde. Mais nous en avons tellement l'habitude que nous finissons par les oublier et ne plus les utiliser.
C'est à ce rappel auquel nous a conviés Barack Obama en faisant valoir à quel point notre régime politique et économique a permis de bâtir, en Amérique du Nord, des sociétés que beaucoup d'autres peuples voudraient pouvoir copier.
Obama a été un grand président et un grand motivateur. La motivation était le thème central de son discours «Yes we can», prononcé à la suite de la primaire du New Hampshire de 2008. Son message de mardi ne s'adressait pas aux politiciens, mais au grand public, pour le convaincre de l'importance de croire et d'espérer, au lieu de dénigrer et de détruire. Seule cette capacité de motivation peut amener les gens à bouger et à s'impliquer, et il n'est pas nécessaire d'aller bien loin pour le constater. Ici même, l'exemple du grand défi de Pierre Lavoie illustre bien à quel point les motivateurs talentueux et engagés peuvent obtenir de grands résultats dans tous les domaines d'activités. Les sociétés ont besoin de croire, elles ont soif d'idéaux et de défis. C'est ce qui semble nous manquer le plus, actuellement, dans le débat politique. Avec comme résultat une baisse inquiétante du membership de nos grands partis politiques, et une diminution de la participation aux élections.
En tous les cas, les Américains, eux, auront de bonnes raisons pour aller voter aux prochaines élections présidentielles. 
Battre Donald Trump ne sera pas un projet de société, mais pas loin.