Sur les traces de Kate et William

Peu de gens ont résisté à la tentation de jeter un coup d'oeil à la télé et dans les journaux de fin de semaine pour voir des photos du couple Snyder-Péladeau. Même le soleil était au rendez-vous, ce qui a donné de très belles images de l'arrivée des mariés et de la pléiade de vedettes et de politiciens qui avaient été invités. Même si cette célébration de l'amour avait une connotation politique évidente, il y avait bien davantage que de la politique dans l'événement. Il y avait surtout beaucoup de glamour, tout comme dans les grands galas annuels réunissant les vedettes du cinéma ou de la musique.
Les Québécois s'y sont donc intéressés, tout comme ils avaient été nombreux à suivre la cérémonie unissant le prince William et Kate Middleton, en 2011. Ce qui, soit dit en passant, n'avait rien à voir avec leur opinion sur la monarchie britannique!
Nous sommes ici dans le monde des célébrités, un univers où les histoires d'amour et les scandales occupent généralement un espace médiatique hors de proportion. Mais nous venons également d'ouvrir une nouvelle fenêtre de l'univers politique, celle du showbiz. Une fenêtre avec laquelle nous ne sommes pas familiers, et dont nous ignorons l'influence. Les Québécois seront-ils plus nombreux à appuyer le PQ et la souveraineté parce qu'ils aiment Julie Snyder et parce qu'elle était resplendissante dans sa robe de mariée? Seront-ils plus nombreux à voter pour Pierre Karl Péladeau parce qu'il leur a fait partager une belle histoire d'amour et qu'il les a fait rêver? La réponse tient probablement davantage dans le rôle que Julie Snyder voudra occuper en politique au cours des trois prochaines années.
La présence des conjoints en campagne électorale est une chose à laquelle on nous a habitués, mais pas en dehors de ces périodes. Mme Snyder est déjà très engagée politiquement. Il serait étonnant qu'elle se fasse soudainement plus discrète à cause de son nouveau statut marital. Cela pourrait jouer en faveur du PQ, tout comme cela pourrait multiplier les risques. À cause même de sa notoriété et de sa personnalité, elle sera beaucoup plus surveillée par les médias et les autres formations politiques que ne le sont les femmes de Philippe Couillard et de François Legault.
Le couple s'est dit oui en fin de semaine. Il faudra voir si cette célébration du oui fera des petits ailleurs.
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Les jeunes libéraux
Les jeunes libéraux ont l'habitude d'en mener assez large au sein du PLQ. Au cours de la dernière décennie, il leur est arrivé souvent d'adopter des résolutions immédiatement rejetées par Jean Charest. Mais peu importe, leurs demandes démontraient une certaine audace et une capacité d'incarner le changement.
Ce ne fut pas le cas en fin de semaine. «L'économie du partage», le thème de leur congrès à Shawinigan, n'était pas mauvais, mais il ne méritait pas d'occuper tout l'espace. Personnellement, j'aurais aimé voir ces jeunes tenter de faire une avancée sur l'épineuse question du transport du pétrole des gaz bitumineux. Après tout, c'est le défi du siècle et c'est leur génération et celle de leurs enfants que cela devrait inquiéter le plus. 
Nous sommes en campagne électorale fédérale et il est impossible d'avoir des positions claires sur le sujet de la part du NPD et du Parti libéral fédéral, pas plus d'ailleurs que du PLQ et du PQ. Il me semble que l'occasion aurait été belle pour mettre un peu de pression sur tous ces politiciens.