Jean-François Lisée, François Legault et Philippe Couillard ont conclu la session parlementaire, avec, en tête, le déclenchement des élections à la fin août.

Sur la ligne de départ

CHRONIQUE / Je connais François Legault depuis 1998, Philippe Couillard depuis 2003, et Jean-François Lisée depuis trop longtemps pour m’en souvenir, sauf que ça remonte à nos années communes à La Presse. Trois hommes respectables qui ne feront pas honte aux Québécois, quel que soit le résultat des élections générales du 1er octobre. Ma connaissance de Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois est plus récente, mais ce sont de bons parlementaires.

Sur la ligne de départ, c’est Philippe Couillard et François Legault qui dominent dans les sondages. Et j’ai trouvé ça triste de les voir tous deux clore la session parlementaire sur une note sombre touchant l’éthique. Du côté libéral, c’est la décision de demander un avis juridique externe sur le rapport de la commissaire à l’éthique touchant Pierre Paradis qui fait controverse. Du côté de la CAQ, c’est l’absolution donnée par François Legault au président de son parti et candidat dans La Prairie, Stéphane Le Bouyonnec. Dans les deux cas, ce sont des décisions éminemment discutables.

Je comprends que Paradis a peut-être payé pour les autres dans la décision de la Commissaire à l’éthique. Si on avait la liste complète des députés qui ont profité de leur allocation de logement pour acheter des propriétés et en faire profiter leur famille, on comprendrait que les règles touchant ces allocations ont été interprétées de différentes manières. J’ai même connu un député qui en avait profité pour s’acheter un condo dans un centre de ski de la région. Mais si la commissaire a été trop sévère à l’endroit de Paradis et que le précédent créé commandait un avis juridique externe, le gouvernement aurait dû à tout le moins prévenir les autres partis avant de le faire.

De la même manière, je comprends aussi que les activités de Stéphane Le Bouyonnec étaient légales parce qu’elles se faisaient en Ontario et non au Québec où de tels taux d’intérêt sont interdits. Mais François Legault fait fausse route en disant qu’il s’agissait simplement «d’une erreur». C’était plutôt un grave manque de jugement de la part d’un homme qui a déjà été député et qui connaît la loi. La réaction de M. Legault m’a tristement rappelé celle des libéraux dans les situations similaires. Comme le disait Éric Caire cette semaine en blâmant les libéraux dans le cas de Paradis, «un chum c’t’un chum». Ça s’applique maintenant à la CAQ.

Le plus navrant dans ce nouvel épisode touchant l’éthique, c’est que le député Éric Caire se soit lancé vendredi dans une dernière séance de salissage, à laquelle Jean-Marc Fournier a réagi comme on l’imagine. C’était totalement disgracieux.

Pourtant, les libéraux et les caquistes avaient bien amorcé la journée. Philippe Couillard a fait une bonne prestation sur son bilan tôt en matinée, en invitant les Québécois à lui renouveler sa confiance dans le monde économique incertain de Donald Trump. Sur un ton plus intime et émotif, François Legault a remercié son équipe et il a offert de «l’espoir» aux Québécois en leur disant que le Québec peut faire mieux. «Les libéraux vont essayer de mener une campagne de peur, mais à la peur on va opposer l’espoir», a dit M. Legault. Belle ligne de presse.

En début d’après-midi, Jean-François Lisée a également présenté son bilan de cette dernière session. Un bilan un peu long, très pédagogique, qui ne passera pas dans ses meilleures allocutions. Mais à tout le moins, il y a mis du contenu.

Nous sommes donc sur la ligne de départ, même si la campagne électorale ne sera officiellement déclenchée qu’à la fin août. Comme dans une série télévisée, le moment est venu de choisir vos comédiens pour la prochaine saison. Bonne réflexion.