La promotion du pot ne doit pas être permise ou tolérée, quelle que soit sa forme.

Pas de pub sur le pot!

CHRONIQUE / Les producteurs de cannabis veulent annoncer leurs produits à la télé, à la radio et dans les médias sociaux sous réserve que 70 % de l’auditoire soit composé d’adultes... Il fallait s’y attendre, mais le discours de ce lobby est quand même irrecevable. La promotion du pot ne doit pas être permise ou tolérée, quelle que soit sa forme. On n’est pas dans la vente de cosmétiques ou de pâte à dents ici.

L’argument le plus fallacieux utilisé par la coalition de producteurs légaux, c’est que la règlementation doit leur permettre d’expliquer en quoi leurs produits «sont plus salubres et plus sécuritaires que ceux du marché noir». C’est vraiment n’importe quoi! C’est au gouvernement qu’il appartient de faire cette démonstration et de sortir le crime organisé de la vente du cannabis.

Peu importe le mérite de la décision fédérale de légaliser l’usage du cannabis au pays, tout le monde convient que ce changement comporte des risques importants, notamment auprès des jeunes et des conducteurs. Le Québec a fait des efforts considérables, au cours de la dernière décennie, pour diminuer le nombre d’accidents mortels au volant. Mais l’utilisation accrue du cellulaire et des textos en auto est devenue une véritable menace à la sécurité et commande de nouveaux efforts de la part des autorités. La légalisation du cannabis pourrait également accroître les risques d’accidents routiers. Le gouvernement du Québec se prépare à légiférer dans le sens d’un encadrement plus coercitif et plus contraignant à cet égard. Imaginez la situation : de la pub sur le cannabis pendant votre émission préférée, suivi des messages de la Société de l’assurance automobile du Québec sur les dangers de conduire sous l’influence de ce produit… Un peu fou comme scénario, mais pas impossible si on acquiesce aux demandes des producteurs. 

Quant aux autres arguments invoqués par leur lobby, ils ne sont pas plus convaincants. Il s’agit, selon eux, de pouvoir vanter la saveur et le goût de leurs produits. Entre vous et moi, les vrais consommateurs sauront bien essayer les différents produits sur le marché sans qu’on leur tienne la main avec la publicité.

CODERRE ET COMPAGNIE

J’aime les politiciens et j’ai beaucoup de respect pour ceux et celles qui se consacrent à cette vie ingrate et difficile qu’est la politique. Il convient donc de souligner les messages de départ de Denis Coderre à Montréal et d’Anne Guérette à Québec. 

Denis Coderre tout d’abord, parce qu’il a accueilli sa défaite avec dignité et respect pour la décision des Montréalais. Je connais l’homme depuis trois décennies : il a ses qualités et ses défauts, mais il s’est toujours donné pleinement aux fonctions qui lui ont été confiées. Il a pris Montréal dans un état pitoyable et il lui a redonné ses lettres de noblesse.

À Québec, Anne Guérette a œuvré au sein de l’opposition dans un contexte particulièrement difficile. Ce n’est pas une partie de plaisir de critiquer des gens comme Régis Labeaume. Elle l’a fait avec courage. Elle n’a pas eu l’appui désiré de la population, mais elle s’est tenue debout. Il faut des gens comme elle en démocratie pour réclamer des comptes aux gens de pouvoir.

Un clin d’œil de plus, en passant, à Julie Lemieux, cet ex-collègue du journal Le Droit et du Soleil, qui a pris sa retraite de la politique municipale après deux mandats aux côtés de Régis Labeaume. Elle a su mener ses dossiers avec compétence et dignité, en plus d’adoucir le tempérament primesautier du maire. Régis Labeaume s’est assagi depuis le temps, mais on a beaucoup apprécié la présence des Anne Guérette et Julie Lemieux pendant ces années pour le discipliner ou le calmer au besoin.