«Des morts, on ne dit que du bien», m’a déclaré Jacques Parizeau en 2009, lorsque je lui ai demandé ses souvenirs d’un ancien adversaire politique qui venait de décéder. Il ne pouvait mieux dire...

Mes clins d’œil de la semaine

La sagesse de Parizeau…

«Des morts, on ne dit que du bien», m’a déclaré Jacques Parizeau en 2009, lorsque je lui ai demandé ses souvenirs d’un ancien adversaire politique qui venait de décéder. Il ne pouvait mieux dire. Cette semaine, les partis d’opposition se sont apitoyés sur le sort fait à l’ancien ministre libéral Jacques Daoust, à la suite de la publication de son «testament politique». M. Daoust y réitère son opposition à la vente de Rona qui aurait été autorisée dans son dos par son chef de cabinet, à la demande du directeur de cabinet du premier ministre. Le plus ironique, c’est que M. Daoust s’était fait traiter de menteur par les mêmes partis d’opposition lorsqu’il a tenu des propos similaires de son vivant. Comme l’a dit M. Parizeau, «des morts…»

***

Jean-François Lisée

Boucar Lisée

Tout comme Boucar Diouf qui évoque les propos de son grand-père pour colorer les siens, Jean-François Lisée a rappelé mardi ceux de son oncle le plus connu, Doris Lussier : «Comme disait mon oncle, le père Gédéon, tous tes adversaires ont été battus par acclamation». Il parlait à sa collègue Carole Poirier, qui a obtenu son investiture sans aucune opposition devant 300 militants. Lisée a donné cet exemple pour tourner François Legault en ridicule : «Vous savez que contrairement à la CAQ, où le président de la Compagnie Avenir Québec désigne ses représentants de succursale dans les 125 comtés, au Parti québécois, tous les députés sont à risque».

La «Compagnie Avenir Québec»… J’ai l’impression qu’on va réentendre ça.

***

Gabriel Nadeau-Dubois, Vincent Marissal et Manon Massé.

Le prochain député

Gabriel Nadeau-Dubois et Manon Massé ne pourront jamais nier que l’investiture de Québec solidaire dans Rosemont est «organisée avec le gars des vues». Mercredi soir, Nadeau-Dubois a présenté Vincent Marissal aux 800 militants de QS dans Taschereau, comme «le prochain député de Rosemont». Ce serait tout à fait normal si Marissal avait déjà été choisi par les militants de cette circonscription, mais ce n’est pas le cas. L’assemblée d’investiture a été fixée au 31 mai. Remarquez bien qu’après l’accueil difficile réservé à Marissal par ses anciens collègues chroniqueurs, ce serait bien ingrat de la part de Québec solidaire de ne pas lui accorder l’investiture.

***

Philippe Couillard.

Les «véritables» Québécois

Dans les bonnes années du Parti québécois, ce sont les fédéralistes qui se plaignaient de ne pas être considérés comme de «vrais Québécois» par les souverainistes. Cette semaine, c’est le PQ et la CAQ qui ont reproché à Philippe Couillard d’avoir qualifié de «véritables Québécois» ceux qui l’appuient sur les signes religieux. Tout ça me rappelle la bataille juridique de deux décennies menée par quatre députés libéraux fédéraux, dont Céline Hervieux Payette, contre la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal qui les avaient traités de «traîtres». Ça s’est rendu jusqu’à la Cour suprême qui a refusé d’intervenir et opté pour la liberté d’expression.

Question : comment un gouvernement de la CAQ désignerait-il les immigrants pendant leurs trois années de probation chez nous, dans l’attente de leur examen sur la langue et les valeurs québécoises?

***

Lucie Charlebois.

… et de Sylvain Pagé

Heureusement qu’il y a des sages chez nos élus. Cette semaine, la ministre Lucie Charlebois a sauté sa coche quand le caquiste Simon Jolin-Barrette l’a accusée de prendre le dossier du cannabis à la légère. Encore une fois, c’est le péquiste Sylvain Pagé, reconnu pour son calme, qui a gentiment rappelé ses collègues à l’ordre. Il mérite une citation.

«Il y a un peu plus de passion cet après-midi, et c’est normal parce que le sujet nous passionne tous […] Il faut faire attention de ne pas tenir des propos qui pourraient nous amener dans la partisanerie, parce qu’on s’est dit au départ qu’on ne voulait pas rendre ce projet de loi partisan. Alors je nous invite tous à continuer dans le même sens».

Pagé a terminé en se disant profondément convaincu que ses deux collègues des autres partis avaient le même désir.

***