Il faut utiliser les sondages avec discernement, et baser vos choix électoraux sur votre opinion et non pas celle des personnes consultées par les sondeurs. C’est vous qui décidez, pas eux.

Les sondages? Oui, mais…

CHRONIQUE / Nous voilà replongés dans le bal des sondages. C’est correct. Ça donne une idée de l’humeur populaire, et ça permet de mieux comprendre les stratégies des partis politiques qui ont eux aussi leurs sondeurs d’opinion. Un parti en difficulté sera plus audacieux et davantage porté à prendre des risques. Un parti qui dispose d’une bonne avance sera plus prudent pour éviter les chutes. Les militants d’un parti en remontée dans l’opinion publique seront encouragés et stimulés.

Ces constats des maisons de sondage ont également une influence dans la couverture journalistique et même dans le choix des photos et des vidéos. En ouvrant son journal le matin, un chef en difficulté risque de s’y voir malheureux, frustré ou découragé. Alors que s’il est en avance, les photos choisies le dépeindront souriant et confiant.

Tout ça pour vous dire qu’il faut utiliser les sondages avec discernement, et baser vos choix électoraux sur votre opinion et non pas celle des personnes consultées par les sondeurs. C’est vous qui décidez, pas eux.

Vous allez me dire que votre petit vote n’a pas grande importance dans ce grand jeu électoral? Isolément, c’est vrai, mais vous n’êtes pas seul…

Indépendamment des sondages, votre choix peut dépendre de nombreuses considérations.

Exemple 1 : les candidats dans votre circonscription. Ça vaut la peine d’y penser sérieusement, même si on a parfois l’impression que les députés n’ont pas d’influence et que c’est le conseil des ministres qui décide tout. Si vous faites élire un «suiveux» parce que c’est son parti qui a le plus de chances de l’emporter, vous vous tirez dans le pied. Une personnalité forte et à l’écoute de ses électeurs aura plus d’influence dans l’opposition qu’un «mouton» dans l’équipe gouvernementale.

Exemple 2 : le vote stratégique. Ce n’est pas toujours possible ou utile, mais ça veut la peine d’y penser. Si les sondages prédisent la victoire d’un gouvernement minoritaire, le rôle des partis d’opposition devient plus important. Même une petite formation politique comme Québec solidaire peut avoir son mot à dire dans les décisions gouvernementales.

Exemple 3 : les positions des partis. Il est souvent tentant, en politique, de voter pour l’image d’un chef, pour son charisme, sans vraiment tenir compte de son passé et de ses positions politiques. Dites-vous une chose, les belles promesses des partis politiques sont importantes, mais elles ne sont pas toujours réalistes, ou réalisables dans un échéancier de quatre ans. Une fois au pouvoir, les politiciens sont confrontés à la réalité et doivent généralement reporter la mise en place de leurs engagements sur quatre ou cinq ans, ou les oublier... Ce qui est plus important, à mon avis, c’est de connaître la philosophie des gens que l’on élit. Parce que c’est à partir de leurs valeurs personnelles que les politiciens établissent généralement leurs priorités une fois au pouvoir.

Dernier point important concernant les sondages : s’ils annoncent la victoire de votre parti préféré avec une bonne avance, ne succombez surtout pas à la tentation de ne pas aller voter sous prétexte que c’est gagné de toute manière. Il n’y a jamais rien d’acquis en politique.

Vous avez des idées, des commentaires ou des suggestions? Ne vous gênez pas. Écrivez-moi. Je n’aurai peut-être pas le temps de vous répondre, mais je promets de vous lire.

Malgré les réserves que j’ai émises plus haut, je vous parlerai parfois des sondages. Mais je tenterai de ne pas en abuser, parce que c’est souvent trop facile…

Bonne campagne!