À pareille date l'an prochain, nous serons à 10 mois du rendez-vous électoral d'octobre 2018.

Le grand test politique de 2017

L'année qui s'annonce sera un test important pour les partis politiques représentés à l'Assemblée nationale du Québec. À pareille date, l'an prochain, nous serons à 10 mois du rendez-vous électoral d'octobre 2018.
On pourrait résumer les défis des partis en quelques mots : communication pour le Parti libéral du Québec, consultation pour le Parti québécois (PQ), consolidation pour la Coalition avenir Québec (CAQ) et passage à une nouvelle génération pour Québec solidaire.
Parti libéral
Philippe Couillard aura beau répéter ad nauseam qu'il a ramené le Québec à l'équilibre budgétaire, ce n'est pas avec ce thème qu'il ralliera les Québécois, même si l'atteinte du déficit zéro est un exploit, après une décennie de déficits. C'est l'image même de son gouvernement que le premier ministre doit changer : d'une part, celle d'une équipe sans coeur qui a sabré dans les dépenses de l'État sans tenir compte des conséquences sur le citoyen. D'autre part, celle d'un vieux parti au pouvoir depuis longtemps, entaché par les scandales et incapable de se renouveler. Un parti qui devra encore prendre ses distances de la période Jean Charest, alors que se tiendront les procès de Nathalie Normandeau et de Marc-Yvan Côté.
Parti québécois 
Jean-­François Lisée a souvent changé de cap depuis son entrée dans la course à la direction du parti. Son grand défi de 2017 sera de jouer à l'équilibriste dans la redéfinition de la marche des péquistes vers le grand rêve souverainiste. Il lui faudra maintenir l'espoir du pays tout en écartant l'idée d'un référendum dans un premier mandat, pour contrer Philippe Couillard, qui l'accusera de préparer la souveraineté. La tâche ne sera pas simple. Les péquistes ont une réputation bien établie de se quereller sur les mots. Lisée devra consulter et rallier les gens, ce qui n'est pas sa plus grande force. Il aura un premier test dès la fin de semaine prochaine, à l'occasion de la réunion de deux jours du Conseil national du PQ à Québec. Cette rencontre lancera le processus menant au congrès national du parti en septembre 2017. 
Coalition avenir Québec
François Legault donne parfois l'impression d'avoir tout essayé. De la souveraineté au discours autonomiste jusqu'au fédéralisme, des coupes budgétaires jusqu'aux demandes de réinvestissement dans les grandes missions de l'État, des baisses d'impôt jusqu'à la proposition récente de les augmenter, une idée reniée immédiatement. On ne compte plus les nouvelles politiques mises de l'avant par la CAQ et oubliées par la suite, à moins d'avoir été copiées par le gouvernement. Dans un contexte aussi difficile de division des votes entre les principaux partis, M. Legault doit incarner le changement autour d'un programme plus clair et inspirant. Parce que si Philippe Couillard ne parvient pas à changer l'image de son gouvernement, c'est entre la CAQ et le PQ qu'il faudra choisir.
Québec solidaire 
Les signaux sont trop forts pour les ignorer, Françoise David ne sera pas de la prochaine campagne électorale. C'est donc un changement de génération qui attend ce parti, qui doit tout à Mme David. Amir Khadir a été le premier élu de Québec solidaire à l'Assemblée nationale, et il y a fait un travail remarquable. Mais c'est Mme David qui a gagné le coeur et le respect, à la fois de ses collègues parlementaires et de la population en général. Elle a su incarner respectueusement mais efficacement un discours de solidarité qui n'avait pas de porte-parole dans les autres formations politiques. C'est souvent elle, dans les moments de controverse, qui savait rappeler ses collègues à la raison, avec son calme et son autorité naturelle. Une grande dame, à qui il sera difficile de succéder.