L'élément le plus «sexé» de cette course à la direction aura été sans conteste la campagne spectaculaire de Maxime Bernier, qui est l'homme à battre.

Le grand test de Maxime

CHRONIQUE / Si tout va comme prévu, nous saurons samedi soir à 19h30, qui de Maxime Bernier, Andrew Scheer ou Erin O'Toole dirigera les conservateurs contre Justin Trudeau aux élections de 2019. N'ayez surtout pas de complexe si les deux derniers noms ne vous disent rien. Ce ne sont pas des extraterrestres, mais pas loin... Du moins, de ce côté-ci de la rivière des Outaouais.
À l'exception de Maxime Bernier et de Steven Blaney, les 11 autres candidats sont de parfaits inconnus pour une majorité de Québécois. C'est dire la tâche qui attend le futur chef pour rebâtir le parti conservateur de Sir John A. Macdonald en vue des élections.
Soucieux de ne pas perdre la couverture télévisée de leur congrès, les dirigeants du parti avaient promis aux réseaux de télévision que tout serait réglé en début de soirée... au cas où il y aurait du hockey. On a beau aimer la politique, les séries éliminatoires de la Coupe Stanley passent bien loin devant une course au leadership pour beaucoup de monde. 
Peu importe le résultat, l'élément le plus «sexé» de cette course à la direction aura été sans conteste la campagne spectaculaire de Maxime Bernier, qui est l'homme à battre. Mais les experts estiment qu'il lui faudra recueillir le tiers des votes dès le premier tour, sans quoi il risque de se faire doubler au fil d'arrivée. Tout est possible dans ce genre de situation. Souvenez-vous que les libéraux fédéraux ont déjà élu Stéphane Dion...
L'élément le plus incertain de cette course demeure la direction que prendront les appuis des candidats marginaux, une fois que ceux-ci auront été éliminés. Les 259 000 membres habilités à voter avaient la possibilité d'inscrire les noms de 10 des 13 candidats sur leur bulletin de vote. Une fois leur favori éliminé, c'est leur deuxième choix qui prévaudra, et ainsi de suite jusqu'à l'obtention d'une majorité. Ça pourrait être long, mais le parti est persuadé de voir le traitement informatique des résultats se faire très rapidement.
Même s'il est le meneur dans cette course, Maxime Bernier aura tout un défi s'il l'emporte. Le député de Beauce n'est pas très bien vu parmi ses collègues du caucus. Il n'a l'appui que de 7 députés, alors que Scheer en a 24, et O'Toole 31. Sur papier, le ralliement de Kevin O'Leary, qui a abandonné la course le mois dernier, pourrait aider Bernier. Mais les observateurs ont constaté que les anciens partisans de O'Leary ne suivront pas tous la voie qu'il leur a tracée en donnant son appui à Bernier. En bout de piste, il ne serait pas surprenant de voir le vote anglophone se rabattre sur Scheer ou O'Toole une fois les premiers candidats éliminés, pour bloquer ce Beauceron québécois qui leur semble trop dogmatique.
Maxime Bernier a déclaré en entrevue qu'il pensait l'emporter au quatrième tour. Ce n'est pas impossible. Mais comme la majorité des gens habilités à voter ont inscrit leurs choix depuis plusieurs jours, dans l'intimité de leur foyer, ils ne seront pas influençables dans les corridors du congrès. Les prévisions des sondeurs ne sont donc pas très utiles ni même fiables dans les circonstances.
Si Bernier devait être choisi chef, on se retrouverait dans la bizarre situation de voir trois Québécois diriger les principaux partis à Ottawa. Du moins momentanément, tant que Thomas Mulcair n'aura pas été remplacé à la tête du NPD. Nous n'en sommes pas à une première près en politique fédérale. Qui aurait pu croire que Lucien Bouchard, chef d'un parti souverainiste, dirigerait un jour la très loyale opposition de Sa Majesté à la Chambre des communes du Parlement fédéral? Pourtant, c'est bel et bien arrivé, de 1993 à 1996.
Trois Québécois chefs des principaux partis à Ottawa? Je ne suis pas sur que ce soit une bonne idée. Et vous?
Aux collègues du Droit
Mes hommages à mes collègues du quotidien Le Droit d'Ottawa : vos Sénateurs ont livré un magnifique combat aux Penguins de Pittsburg jeudi soir. Un beau match, pas une seule bagarre, et des marques éloquentes de respect mutuel quand les joueurs se sont serré la main à l'issue de la partie. Si nos politiciens pouvaient s'inspirer d'un tel comportement dans leurs débats, les choses iraient beaucoup mieux. Deux périodes en prolongation... Il m'a fallu veiller jusqu'à minuit pour voir la fin, mais ça valait le coup.